Gestion du ray-grass en semis direct : retour d'expérience de Frédéric Remy
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Cette vidéo à été tournée lors de la journée du semis direct en grandes culture de Chambray, organisée par Ver de terre Production. Merci à Frédéric Remy pour son intervention !
00:00 Présentation
03:42 Problèmes d'adventices, rotations et techniques de semis
07:42 Rotation sur 6 ans
11:56 Comparatif semoir à dents et semoir à disques
15:15 Fertilisation localisée sur blé et colza
17:09 Les couverts végétaux sur la ferme
22:47 Impacts des pratiques : profils de sol, stockage de carbone, rendement
26:30 Questions/réponses
Gestion du ray-grass en semis direct : retour d’expérience de Frédéric Remy
Frédéric Remy, chef de culture dans une exploitation céréalière du Val-d’Oise, partage son expérience sur la mise en place de l’agriculture de conservation des sols (ACS) pour répondre à une problématique de salissement par les graminées, notamment le ray-grass, tout en cherchant à améliorer la fertilité des sols et réduire les coûts de production.
Le passage à l’agriculture de conservation
Initialement, l’exploitation était basée sur une rotation classique “blé sur blé, orge, colza”. Confronté à un salissement important et un rendement limité, Frédéric Remy a entrepris de diversifier la rotation et de réduire drastiquement le travail du sol.
Le constat est clair : le passage au semis direct permet de diviser par deux la pression des graminées. Il souligne que la suppression de la perturbation du sol, couplée à un allongement de la rotation et à l’intensification des couverts végétaux (légumineuses), est déterminante pour gérer durablement les adventices.
Technique de semis et équipements
L’exploitation utilise deux types de semoirs pour s’adapter aux conditions :
- Semoir à disques : Utilisé pour les semis sous couverts pour une faible perturbation du sol.
- Semoir à dents (adapté au semis direct) : Indispensable dans les conditions difficiles, notamment lorsqu’il y a des résidus de paille importants en automne, car il garantit une meilleure mise en terre et une levée plus vigoureuse.
Frédéric Remy insiste également sur l’importance du roulage après le semis. Cette pratique permet de refermer les sillons, de freiner l’activité des limaces et de favoriser les remontées capillaires, optimisant ainsi l’efficacité des herbicides racinaires. L’utilisation d’une herse à paille est systématique pour défibrer les résidus, accélérer leur dégradation et perturber les ravageurs.
Fertilisation et couverts végétaux
L’objectif est d’accroître la fertilité naturelle du sol et de produire de l’[[azote organique]].
- Fertilisation localisée : Sur colza, l’apport de 50 litres de 14-48 dans la ligne de semis aide au développement du pivot et renforce la robustesse de la culture face aux altises.
- Couverts végétaux : Les mélanges (féveroles, avoine, vesce, trèfle) sont semés en direct. Frédéric Remy utilise le logiciel “Merci” pour peser la biomasse et estimer l’azote restitué, ce qui lui permet d’ajuster ses plans de fumure et d’envisager une réduction des apports minéraux, notamment sur les cultures de printemps comme le lin ou le tournesol.
Résultats et bilan
Sur 6 ans, l’évolution est notable :
- Matière organique : Gain de 0,6 point, soit 0,1 point par an.
- Rendement : Une augmentation moyenne d’environ 1,4 tonne sur les céréales malgré le changement de système.
- Carbone : L’exploitation affiche un bilan carbone positif avec un stockage estimé à 0,5 tonne par an, grâce à l’intégration de légumineuses.
- Fioul : Réduction de la consommation de 100 litres à 55 litres de gasoil par hectare, grâce à la suppression du travail profond.
En conclusion, Frédéric Remy souligne que la gestion du salissement repose sur un ensemble de leviers agronomiques : rotation diversifiée, semis direct, roulage et une surveillance constante des parcelles. Il insiste sur le fait que ces pratiques nécessitent un travail de terrain rigoureux, adapté au potentiel de chaque terre, pour confirmer la pertinence des résultats à l’échelle de l’exploitation.