Semis du sarrasin dérobé à la volée - Julien SENEZ
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Vidéo remise en ligne avec l'aimable autorisation de Julien SENEZ
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Contexte et objectif
Dans cette vidéo, Julien Senez présente un exemple de semis de sarrasin dérobé à la volée dans un contexte climatique particulièrement sec. Il insiste sur le fait que, malgré une année marquée par le manque d’eau et les effets de plus en plus visibles du réchauffement climatique, certains agriculteurs parviennent encore à implanter des couverts ou des cultures dérobées en profitant des bonnes fenêtres météorologiques.
L’objectif est de montrer, à partir d’une parcelle concrète, :
- comment le sarrasin a été implanté ;
- dans quelles conditions cela a fonctionné ;
- quels sont les points de vigilance ;
- et quels résultats économiques et agronomiques peuvent être attendus.
Une année sèche, mais une fenêtre favorable
Julien Senez situe l’exemple dans une année particulièrement sèche, avec très peu de pluie sur une grande partie de la saison. Malgré cela, une période de pluviométrie abondante a eu lieu en avril et mai, jusqu’au tout début juin.
C’est cette humidité disponible en surface qui a rendu possible l’implantation. L’agriculteur a raisonné son intervention de manière très opportuniste en profitant de cette fenêtre favorable, juste avant la récolte de l’escourgeon ou de l’orge d’hiver.
Exemple présenté : un sarrasin implanté le 10 juin
La parcelle montrée dans la vidéo est un sarrasin implanté le 10 juin, juste après cette période humide de printemps.
Le semis a été réalisé :
- à la volée ;
- avec un semoir à engrais ;
- directement dans la culture en place, avant récolte.
Julien Senez explique qu’il s’agit d’un sarrasin semé en dérobé, directement dans une culture d’escourgeon ou d’orge d’hiver, au tout début de juin. Derrière ce semis, une petite pluie d’environ 10 mm est venue faire germer les graines.
D’après lui, l’implantation a été extrêmement bien réussie, comme le montrent les photos et les vues aériennes présentées dans la vidéo.
Les conditions nécessaires à la réussite
Julien Senez souligne plusieurs conditions indispensables pour réussir ce type de semis à la volée.
Une humidité superficielle du sol
La première condition est d’avoir une humidité superficielle suffisante. Les graines doivent pouvoir légèrement accrocher au sol et bénéficier d’un minimum de fraîcheur pour démarrer.
Sans cette humidité de surface, le semis à la volée devient beaucoup plus aléatoire.
Une petite pluie après semis
La deuxième condition est l’arrivée rapide d’une pluie après l’épandage des graines. Selon Julien Senez, 10 à 15 mm peuvent suffire.
Dans l’exemple présenté, c’est exactement ce qui s’est produit : le semis a été positionné au bon moment, puis une pluie d’une dizaine de millimètres est venue déclencher la germination. C’est un des éléments majeurs du succès.
Une très bonne régularité d’implantation
Comme le semis est réalisé avec un semoir à engrais, la régularité de répartition est essentielle. Julien Senez insiste sur la nécessité de bien régler l’outil.
Il conseille, si besoin, de :
- mettre du papier au sol ;
- récupérer les graines ;
- compter ou estimer le nombre de graines au mètre carré ;
- vérifier l’homogénéité de la distribution.
Dans la parcelle présentée, une grande attention a été portée à ce point.
Les précautions à la récolte
Une fois la culture principale récoltée, plusieurs précautions sont nécessaires pour ne pas pénaliser le sarrasin déjà implanté.
Une bonne répartition des pailles
Julien Senez insiste sur la nécessité d’avoir une très bonne répartition des pailles sur toute la largeur de coupe. C’est un point fondamental.
Il recommande notamment :
- de couper un peu plus haut ;
- de laisser environ 25 cm de hauteur ;
- de s’assurer que les pailles soient bien réparties sur toute la surface.
Une mauvaise répartition des résidus peut nuire fortement à l’homogénéité de la culture dérobée.
Limiter les dégâts de la moissonneuse-batteuse
Comme la culture de sarrasin est implantée avant moisson, le passage de la moissonneuse-batteuse écrase inévitablement une partie des plantules. Cela crée des dégâts localisés.
Julien Senez évoque cependant un certain phénomène de compensation : malgré les zones marquées par le passage des roues ou les écrasements, la culture peut en partie compenser par son développement.
Il n’en reste pas moins qu’il faut :
- bien réfléchir au trafic ;
- limiter au maximum les passages pénalisants ;
- et conserver un chantier de récolte propre.
Pourquoi le sarrasin est une culture intéressante
Julien Senez exprime un réel enthousiasme pour le sarrasin, qu’il présente comme une culture d’avenir. Il dit avoir découvert cette plante quelques années plus tôt avec un voisin producteur, et être « tombé amoureux » de cette culture.
Une culture possible en dérobé
Le premier intérêt est qu’il s’agit d’une culture qui peut être implantée en dérobé. Cela permet d’aller chercher une marge additionnelle sur une période où le sol pourrait autrement rester inutilisé.
Une plante mellifère et esthétique
Le sarrasin est présenté comme une plante mellifère, avec une floraison blanche particulièrement appréciée. Julien Senez souligne aussi l’intérêt paysager de cette culture.
Peu d’intrants nécessaires
Sur le plan agronomique et économique, le sarrasin est décrit comme une plante ayant besoin de très peu d’intrants.
Selon les éléments cités dans la vidéo :
- ses besoins en azote sont très faibles ;
- il nécessite peu d’interventions ;
- il demande peu d’eau.
Julien Senez avance qu’en culture dérobée, 40 à 50 mm d’eau peuvent suffire, ce qui en fait une option intéressante dans un contexte de réchauffement climatique.
Peu de besoins en protection phytosanitaire
Le sarrasin est également présenté comme une culture nécessitant peu, voire pas, d’insecticides. Julien Senez évoque aussi un effet allélopathique : la plante sécrète des substances qui limiteraient le développement d’autres espèces à la surface du sol.
Dans son propos, cela signifie qu’il y a également peu de besoins en herbicides, hormis éventuellement une gestion préalable des repousses pour sécuriser l’implantation du sarrasin en dérobé.
Un intérêt alimentaire
Enfin, Julien Senez rappelle l’intérêt nutritif du sarrasin, notamment parce qu’il s’agit d’une plante sans gluten, de plus en plus recherchée par les consommateurs et les personnes allergiques ou intolérantes.
Les limites et points de vigilance
Même si le sarrasin est présenté de manière très positive, Julien Senez rappelle qu’il existe aussi quelques contraintes.
L’effet allélopathique
Le principal point de vigilance évoqué est l’effet allélopathique du sarrasin. Cet effet peut perturber l’implantation de la culture suivante, en particulier dans des systèmes simplifiés ou en semis direct.
Selon la vidéo, cet effet peut perdurer 20 à 30 jours après la récolte du sarrasin.
Bien raisonner la rotation
Il faut donc bien penser la rotation avant d’implanter un sarrasin dérobé. Julien Senez explique qu’il faut réfléchir à la culture suivante et organiser la succession culturale en conséquence.
L’idée générale est que le sarrasin ne s’intègre pas au hasard : il faut anticiper son positionnement dans le système pour éviter de gêner l’implantation de la culture suivante.
Les résultats annoncés
Julien Senez évoque un niveau de production de l’ordre de 6 à 10 quintaux, même si le passage correspondant dans la transcription est partiellement altéré. L’idée mise en avant est qu’au-delà de l’intérêt agronomique, le sarrasin dérobé peut aussi présenter un intérêt économique réel.
Les quatre vertus du semis à la volée
En conclusion, Julien Senez présente ce mode d’implantation comme une technique ayant quatre grandes vertus.
Faire des économies
Le premier avantage est économique. En supprimant ou en limitant :
- le travail du sol ;
- une intervention de semoir classique ;
- une partie des opérations de désherbage ;
il estime que l’on peut économiser environ 60 à 80 €/ha sur l’implantation de cette culture dérobée.
Étaler la charge de travail
Le deuxième avantage est l’organisation du travail. Le couvert ou la culture dérobée est implanté en juin, sur une période relativement calme en plaine.
Cela permet de :
- soulager la période plus tendue de la moisson ;
- éviter d’avoir tous les semis de couverts à faire en même temps ;
- mieux répartir la charge de travail sur l’exploitation.
Profiter d’une période avec de l’humidité
Le troisième avantage est de pouvoir implanter la culture à un moment où il reste encore un peu d’humidité, plutôt que d’attendre une période plus sèche après récolte.
Dans l’exemple présenté, cela a permis de sécuriser l’implantation grâce à la fraîcheur résiduelle du sol et à la pluie tombée juste après semis.
Gagner en précocité à la récolte
Enfin, le quatrième avantage est un gain de précocité. Julien Senez indique qu’avec ce type de semis, il est possible de gagner environ 15 jours à 3 semaines.
Ce gain se retrouve au moment de la récolte :
- la culture peut être récoltée plus tôt ;
- avec potentiellement moins d’humidité ;
- donc avec moins de besoin en séchage.
Conclusion
La vidéo montre qu’un semis de sarrasin dérobé à la volée peut très bien fonctionner, même dans une année sèche, à condition de réunir plusieurs facteurs :
- intervenir au bon moment ;
- profiter d’une humidité de surface ;
- bénéficier d’une petite pluie après semis ;
- soigner le réglage du semoir à engrais ;
- et maîtriser la récolte de la culture précédente, notamment la répartition des pailles.
Julien Senez présente le sarrasin comme une culture particulièrement intéressante :
- peu exigeante en eau ;
- peu gourmande en intrants ;
- mellifère ;
- valorisable économiquement ;
- et bien adaptée à une logique de culture dérobée.
La réussite repose cependant sur un raisonnement précis, à la fois sur la technique d’implantation et sur la place du sarrasin dans la rotation.