Sors tes couverts - Léa THOMAS, FDSEA 51- NLSD 2018
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NLSD 2018 - Sors tes couverts - Léa THOMAS, FDSEA 51
Aujourd'hui, on vous propose une conférence de Léa THOMAS, du FSDEA 51 ! Elle vous parlera de son projet, 'Sors Tes Couverts', lors du Festival du Non-Labour et Semis Direct (NLSD).
Présentation
Léa Thomas, de la FDSEA 51, intervient dans le cadre de « Sors tes couverts » lors de l’édition NLSD 2018. La présentation porte sur les couverts végétaux, leur mise en place, leurs intérêts agronomiques et les éléments de conduite à prendre en compte sur le terrain.
Contexte de l’intervention
Cette intervention s’inscrit dans une réflexion autour des pratiques agronomiques et de l’intégration des couverts dans les systèmes de culture. L’objectif est de revenir sur leur rôle, sur les attentes que l’on peut avoir vis-à-vis d’eux, ainsi que sur les points de vigilance pour réussir leur implantation et leur gestion.
Les couverts sont abordés comme un levier technique à part entière, en lien avec la structure du sol, la fertilité, la gestion de l’eau et l’organisation globale de l’itinéraire cultural.
Rôle des couverts végétaux
Les couverts végétaux remplissent plusieurs fonctions agronomiques.
Ils peuvent d’abord contribuer à la protection du sol, en limitant les périodes de sol nu. Cette couverture permet de réduire certains risques de battance, d’érosion ou de dégradation de la surface du sol.
Ils participent également à la dynamique de la [[matière organique]] et au fonctionnement biologique du sol. Selon les espèces choisies, les couverts peuvent favoriser l’activité biologique, accompagner la structuration du profil et contribuer à améliorer les conditions de portance et de travail du sol.
Un autre intérêt important concerne la gestion de l’azote et, plus largement, des éléments minéraux. Les couverts peuvent capter des reliquats, limiter les pertes et restituer ensuite une partie des éléments au système, selon leur développement et leur destruction.
Enfin, les couverts peuvent aussi jouer un rôle vis-à-vis des adventices, en occupant l’espace, en concurrençant certaines levées et en apportant de la biomasse.
Objectifs recherchés selon les situations
Léa Thomas rappelle que l’intérêt d’un couvert dépend fortement de l’objectif poursuivi. On ne choisit pas un couvert de la même manière selon que l’on cherche prioritairement à :
- couvrir rapidement le sol ;
- produire de la biomasse ;
- piéger l’azote ;
- structurer le sol ;
- favoriser certaines restitutions ;
- limiter le salissement ;
- répondre à une obligation réglementaire ;
- préparer au mieux la culture suivante.
Le choix des espèces et de la stratégie d’implantation doit donc être raisonné en fonction du contexte pédoclimatique, de la rotation et de la période disponible entre deux cultures.
Choix des espèces
Le choix des espèces est un point central. Il dépend :
- de la date de semis ;
- de la réserve hydrique disponible ;
- du type de sol ;
- de la durée d’interculture ;
- du mode de destruction envisagé ;
- de la culture suivante ;
- des contraintes réglementaires éventuelles.
Certaines espèces sont recherchées pour leur rapidité d’implantation, d’autres pour leur capacité à produire de la biomasse, d’autres encore pour leur enracinement ou pour leur aptitude à capter l’azote.
L’intervention insiste sur le fait qu’il n’existe pas de solution unique. Un couvert doit être cohérent avec le système. Le bon choix résulte d’un compromis entre les objectifs techniques, les contraintes de chantier et les conditions de l’année.
Intérêt des mélanges
Les mélanges peuvent présenter un intérêt pour cumuler plusieurs fonctions. En associant différentes espèces, il est possible de rechercher à la fois une couverture rapide, une diversité d’enracinement et une meilleure adaptation aux aléas.
Cette diversité peut aussi permettre de sécuriser le résultat lorsque les conditions d’implantation sont hétérogènes ou lorsque la météo devient limitante. Selon les espèces présentes, certaines prendront mieux le relais que d’autres.
Là encore, l’idée développée est de ne pas complexifier inutilement, mais d’adapter le mélange à l’objectif principal du couvert et à la faisabilité sur l’exploitation.
Implantation du couvert
La réussite du couvert repose en grande partie sur son implantation. Plusieurs éléments sont déterminants :
- la qualité du semis ;
- la gestion des résidus ;
- la disponibilité en eau ;
- la précocité d’intervention après récolte ;
- le contact sol-graine.
Un semis réalisé rapidement après la récolte peut permettre de profiter de l’humidité résiduelle et d’assurer une levée plus régulière. Inversement, une implantation trop tardive peut fortement limiter le développement du couvert, surtout si les conditions deviennent sèches ou froides.
L’intervention souligne aussi que les performances observées dépendent souvent moins du potentiel théorique de l’espèce que de la qualité réelle de l’implantation.
Gestion dans la rotation
Les couverts ne doivent pas être raisonnés isolément. Ils s’intègrent dans une rotation et ont des effets sur la culture suivante. Il faut donc anticiper :
- la date de destruction ;
- le mode de destruction ;
- le niveau de développement du couvert ;
- les restitutions attendues ;
- les effets éventuels sur l’eau du sol ;
- les interactions sanitaires possibles avec la rotation.
Cette approche globale permet de mieux valoriser les bénéfices du couvert sans créer de difficultés pour l’implantation de la culture suivante.
Destruction du couvert
La destruction est une étape importante. Elle doit être pensée dès le départ, au moment du choix des espèces. Selon les situations, elle peut être réalisée par le gel, mécaniquement, ou par d’autres leviers compatibles avec le système de culture.
Le bon positionnement de cette destruction est essentiel. Un couvert trop peu développé n’aura pas rempli pleinement ses fonctions. À l’inverse, un couvert trop important ou détruit trop tard peut compliquer l’implantation de la culture suivante ou modifier la disponibilité en eau et en éléments nutritifs.
Points de vigilance
Plusieurs points de vigilance sont mis en avant :
- ne pas choisir un couvert uniquement sur catalogue ;
- bien partir de l’objectif recherché ;
- tenir compte de la réalité du terrain ;
- raisonner la date de semis et la date de destruction ;
- adapter les espèces à la rotation ;
- rester attentif au coût, au temps de travail et à la faisabilité.
Le message général est qu’un couvert réussi est avant tout un couvert cohérent avec le contexte de l’exploitation.
Message principal
L’intervention de Léa Thomas met en avant une idée simple : les couverts végétaux sont des outils agronomiques intéressants, mais leur efficacité dépend directement de la façon dont ils sont pensés et conduits.
Leur réussite repose sur quelques principes clés :
- définir clairement son objectif ;
- choisir des espèces adaptées ;
- implanter rapidement et proprement ;
- raisonner le couvert à l’échelle de la rotation ;
- anticiper sa destruction.
Les couverts ne doivent donc pas être vus comme une pratique standardisée, mais comme un levier à ajuster selon les sols, les cultures, le climat et les objectifs de l’agriculteur.