Variétés anciennes de céréales : l'essai sans pesticides en Hongrie
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Field Trip en Hongrie. L’institut hongrois de recherche sur l’agriculture biologique (ÖMKi) et l’agriculteur Ágoston Nobilis y réalisent des essais de variétés anciennes de céréales, appelées aussi variétés rustiques. C’est la deuxième moisson depuis le début du projet scientifique. Le moment de déterminer les résultats quantitatifs (rendement) et qualitatifs (qualités gustatives et nutritionnelles des céréales). Ces variétés anciennes peuvent-elles être une des solutions pour aller vers une agriculture sans pesticides ?
Cette vidéo est co-produite par INRAE, l’Institut national de recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement.
En Hongrie, les scientifiques d’ÖMKi se demandent : Est-ce que les variétés anciennes de céréales (les variétés rustiques) permettent à l’agriculture d'être plus résistante face aux pathogènes, aux adventices et au changement climatique ? Est-ce qu'elles permettent aussi de maintenir des rendements suffisants pour nourrir la population ?
Cette étape en Hongrie est la troisième étape de mon « Field Trip », mon tour d’Europe de la recherche scientifique en agronomie.
L’Alliance européenne de recherche vers une agriculture sans pesticides a vu le jour à l’initiative d’INRAE et de ses homologues allemands ZALF et JKI. Elle réunit 34 organismes de recherche issus de 20 pays européens, désireux d’unir leurs forces et de faciliter les échanges de connaissances et d’expertises. Son objectif : accompagner scientifiquement l’objectif ambitieux fixé par la Commission européenne de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030.
Le site de l’alliance et des 34 membres :
https://www.era-pesticidefree.eu/About-us
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Mon impact transport :
Je suis très attentif à limiter mon bilan carbone. Pour cette vidéo, mon impact transport (source : Ademe/monimpacttransport.fr) est de 3,65 kg CO2e pour parcourir 1024 km en train, soit 193,35 kg CO2e de moins que si j’avais opté pour l’avion.
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Une série de Pierre Girard, co-produite avec INRAE
Co-écriture, tournage et montage :
Charlotte Jacquet et Alexandre Asmodé, Oiseau Bondissant
Graphisme :
Traduction et sous-titrage :
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- California Cruisin Mikey Geiger : ZUYPCYK1RYYOHDOB
- Sandy Beaches Daniele Musto : ONVA0EYPTDROKJTN
- Panko Breaded Pork Chops Mikey Geiger : BWUEP1A4JMWP3AY5
- Nice Hat Mikey Geiger : KEXYWSVNRYRUIQGY
- The Adventure Begins Lunareh : CAWZKHJ6OS6HMONR
- Pensacola Party PALA : ZISBV8DORLCSL6LE
- Parasailing PALA : CIKDERSAA4MQOQET
- Get Fizzy SPARKZ : X5DMKU8JCONCLYO8
- High Horse Fantoms : TYVH5AAVUZ9JAPR5
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- FieldTrip_EU
Variétés anciennes de céréales : l’essai sans pesticides en Hongrie
Dans le cadre de son tour d’Europe de l’agronomie, Pierre Girard s’est rendu en Hongrie pour explorer une question cruciale : comment réduire l’usage des pesticides grâce au choix des variétés végétales ? Les scientifiques hongrois étudient si les variétés anciennes et rustiques offrent une meilleure résistance face aux pathogènes, aux adventices et au dérèglement climatique, tout en maintenant des rendements suffisants pour nourrir la population.
L’approche scientifique de l’institut Homki
L’Institut hongrois de recherche sur l’agriculture biologique (Homki) mène, pour la deuxième année consécutive, des essais sur des parcelles expérimentales consacrées aux céréales anciennes. La directrice de l’institut souligne l’importance de la diversité génétique : contrairement aux monocultures uniformes, ces populations hétérogènes présentent des variations de taille, de couleur et de cycle de maturité. Cette diversité est une force : en cas d’aléa climatique ou biologique, la probabilité qu’une partie de la récolte survive est bien plus élevée.
Face au changement climatique et aux épisodes de sécheresse sévères, comme dans l’est de la Hongrie, ces céréales anciennes démontrent une capacité d’adaptation supérieure. Elles parviennent à produire des graines de haute qualité, même sur des sols peu fertiles là où les blés modernes conventionnels échouent. L’objectif des chercheurs est de fournir aux agriculteurs des outils de sélection pour identifier les variétés les mieux adaptées à chaque terroir, leur permettant de s’affranchir des produits phytosanitaires.
Le partenariat avec les agriculteurs locaux
L’agriculteur Ágoston collabore avec les scientifiques depuis deux ans. Sa ferme, l’une des plus grandes de Hongrie avec 280 hectares, est en pleine conversion vers l’agriculture biologique. Ce partenariat permet aux chercheurs de réaliser leurs essais sur ses terres tout en offrant à l’agriculteur un accompagnement technique précieux pour sa transition.
Lors de la moisson, les chercheurs procèdent à une récolte minutieuse, bloc par bloc et variété par variété, à l’aide d’une moissonneuse expérimentale. Chaque échantillon est étiqueté et tracé pour mesurer précisément ses performances quantitatives et qualitatives. Une difficulté spécifique aux variétés anciennes est notée : leur tige est souvent plus longue, ce qui les rend sensibles à la verse (le fait de se coucher) lorsque l’épi est lourd.
Vers une autonomie de la ferme
Si le rendement moyen des variétés anciennes sur les parcelles d’essai atteint 8,5 tonnes par hectare, les scientifiques rappellent que ce chiffre doit être nuancé par l’effet de bordure et les conditions climatiques favorables de la région cette année-là.
Pour sécuriser ses revenus pendant la conversion, Ágoston a fait le choix de la transformation à la ferme. Il utilise un moulin à meule de pierre pour transformer ses céréales en farine, qu’il vend en circuit court. Cette démarche de valeur ajoutée locale est complétée par d’autres productions, comme celle de la palinka, une eau-de-vie traditionnelle à base d’abricots.
En conclusion, la solution pour une agriculture sans pesticides semble résider dans un mélange de semences anciennes soigneusement sélectionnées et une reprise en main complète du système par l’agriculteur, de la culture à la transformation. Si une baisse de rendement peut être observée à court terme, les scientifiques parient sur une résilience accrue face aux ravageurs et aux extrêmes climatiques sur le long terme.