Xavier Dubreucq - Gestion fine de l'irrigation au tensiomètre
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Présentation des tensiomètres
Cette vidéo présente l’utilisation des tensiomètres pour une gestion fine de l’irrigation. Les explications concernent les tensiomètres à eau.
Il existe plusieurs modèles. Ici, Xavier Dubreucq présente notamment des tensiomètres de 30 cm et de 45 cm. Il conseille en priorité les tensiomètres de 45 cm, et sinon ceux de 30 cm.
L’intérêt du tensiomètre de 45 cm est qu’on peut ne pas l’enfoncer jusqu’au fond, ce qui permet d’obtenir une information à environ 30 cm de profondeur tout en gardant un appareil plus long. Son autre intérêt est qu’en terrain très profond, par exemple en greffage courge sur melon, lorsqu’on souhaite une information plus en profondeur, il est plus pratique d’utiliser un tensiomètre plus long.
Préparation du tensiomètre avant utilisation
À la réception du tensiomètre, ou lors de sa remise en route en fin d’hiver, il faut l’ouvrir pour le remplir.
Le tensiomètre est rempli avec de l’eau, si possible laissée à décanter ou à reposer pendant au moins 24 heures. On remplit le réservoir, puis on tapote pour faire descendre l’eau jusqu’au fond du tube suffisamment longtemps afin qu’il n’y ait plus d’air dans le tensiomètre. La présence d’air se repère grâce à une bulle visible dans le tube.
Une fois le tensiomètre rempli, on peut le refermer, mais sans forcer : lorsqu’on arrive en butée, il faut serrer seulement un quart de tour supplémentaire, pas plus, sinon on écrase le joint.
Après cela, les tensiomètres doivent rester dans l’eau pendant environ 24 heures minimum.
Le remplissage peut être fait avec de l’eau déminéralisée ou simplement avec de l’eau claire. Il est aussi possible d’ajouter un colorant fourni par le fournisseur de tensiomètres pour faciliter l’utilisation ensuite, mais ce n’est pas obligatoire.
Contrôle du bon fonctionnement
Au moins 24 heures après le remplissage et l’immersion de la bougie dans l’eau, il faut rouvrir le tensiomètre, utiliser une pompe à vide si on en possède une, et vérifier que le manomètre fonctionne correctement.
Dans l’exemple montré, les deux manomètres donnent le même niveau, ce qui montre qu’ils fonctionnent bien. De petits écarts de quelques centibars n’ont pas d’importance.
Le fait de faire ce test permet aussi de chasser quelques bulles d’air qui restent dans les bougies.
Une fois ce contrôle réalisé, il reste à refermer le tensiomètre, qui est alors utilisable et prêt à être posé.
Pose du tensiomètre
Pour la pose, Xavier Dubreucq conseille de planter le tensiomètre directement dans la boue, c’est-à-dire dans un sol bien humide. Dans l’exemple, le tensiomètre est planté au ras du goutte-à-goutte.
L’idéal est de planter deux tensiomètres côte à côte à la même profondeur afin de contrôler le matériel. Cela permet d’étalonner l’ensemble des tensiomètres en début de saison et de constater ceux qui marchent bien et ceux qui marchent moins bien.
L’exemple montré présente quatre tensiomètres côte à côte pour les contrôler. Dès lors qu’on a vérifié qu’ils fonctionnent bien, on peut ne laisser qu’un seul tensiomètre en place et installer les autres dans d’autres parcelles.
Il est également conseillé de laisser une bouteille d’eau au pied des tensiomètres. Elle sera utile en cours de saison lorsqu’il faudra refaire le niveau d’eau dans le réservoir.
Suivi et entretien en cours de saison
Ce type de tensiomètre doit être suivi régulièrement, car il peut perdre son eau.
On peut voir apparaître, juste en dessous du réservoir, une bulle d’air. Tant que cette bulle reste petite, il n’y a pas de problème. Mais progressivement elle s’agrandit, et le tensiomètre finit par se vider.
Lorsqu’on voit cette bulle, il faut venir tapoter pour faire redescendre l’eau. Une fois la bulle partie, on peut rajouter de l’eau s’il en manque dans le réservoir, puis refermer le tensiomètre tout simplement.
Lecture du tensiomètre
Au niveau de la lecture :
- À 10, cela signifie qu’il y a de l’eau facilement disponible pour la plante, et que le sol est gorgé d’eau mais avec encore de l’oxygène.
- Lorsque l’aiguille quitte 10 pour aller vers 50, on est toujours dans une zone de bon confort hydrique, mais de moins en moins.
- Arrivé à 50, pour la majorité des sols, cela correspond à la limite entre la réserve facilement utilisable et la réserve difficilement utilisable.
- Entre 50 et 80, l’eau devient de moins en moins disponible pour les plantes.
- Au-delà de 80, selon les sols, on peut considérer qu’on est dans des sols secs.
Il faut être très attentif au seuil de 0. Le 0 peut vouloir dire deux choses :
- soit le sol est vraiment gorgé d’eau, ce qui est tout à fait classique juste après un arrosage au goutte-à-goutte ;
- soit le tensiomètre est hors service, c’est-à-dire qu’il y a un problème, en général parce qu’il s’est complètement vidé et qu’il ne fonctionne plus.
Pannes possibles et réparations
Les tensiomètres peuvent tomber en panne. Le fait d’avoir une pompe à vide permet de bien contrôler que le manomètre fonctionne correctement.
Si le manomètre a un écart qui dépasse 10 centibars, il vaut mieux le démonter, le jeter, en commander un autre et le réinstaller. Il faut alors mettre du téflon pour assurer une bonne étanchéité.
La bougie poreuse, c’est-à-dire la pièce vissée en bas du tensiomètre, peut aussi se fissurer ou se colmater au fil des années. Comme ce n’est pas très cher, il vaut mieux la remplacer.
Enfin, juste au-dessus de la bougie poreuse, il y a un petit joint noir. Il arrive que ce joint se fissure et n’assure plus l’étanchéité, ce qui empêche également le tensiomètre de fonctionner correctement.
Repérage du tensiomètre dans la culture
Il est important de poser une pancarte, un piquet ou un repère à proximité du tensiomètre.
Dans des cultures comme le melon, les plantes dépassent rapidement 30 cm de haut au cours de leur croissance. On risque donc de perdre visuellement le tensiomètre. Il est donc utile de bien matérialiser son emplacement pour le retrouver facilement.
Dans le même esprit, Xavier Dubreucq conseille de matérialiser aussi le rang dans lequel le tensiomètre a été placé.
Toujours pour faciliter le travail, il recommande de mettre un repère également à l’extérieur, de manière à savoir dans quelle planche ou quelle ligne se trouve le tensiomètre.
Choix de l’emplacement
De manière générale, il est conseillé de poser les tensiomètres à un endroit :
- facile d’accès ;
- proche d’une zone où l’on circule ;
- significatif de la parcelle ;
- pratique pour les visites.
Il est inutile d’aller placer un tensiomètre au bout d’une serre à 100 mètres s’il donnerait la même information juste à l’entrée.
Conclusion
La vidéo insiste sur une idée simple : le tensiomètre est un outil utile pour piloter l’irrigation, à condition d’être bien préparé, bien contrôlé, bien posé, puis surveillé régulièrement.
Le choix de la bonne longueur, un remplissage soigné, le contrôle du manomètre, le suivi du niveau d’eau, l’entretien des pièces d’usure et un bon repérage dans la parcelle sont autant de conditions nécessaires pour obtenir des mesures fiables et utiles à la conduite de l’irrigation.