Agriculture bio de conservation des sols : test de matériel et techniques innovantes
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L'agriculture bio de conservation des sols (ABC) est-elle possible ? Une vingtaine de machines agricoles et de techniques innovantes à l'essai pour imaginer l'agroécologie de demain, dans les Vosges. A l'initiative de cette démonstration, ce sont trois futurs agriculteurs : Louis Lavancier (20 ans) et ses camarades de Vesoul AgroCampus, Paul Roesch et Paul Weber, dans le cadre de leur BTS génie des équipements agricoles (GDEA).
Pour désherber et détruire les couverts végétaux, l'agriculture de conservation des sols utilise classiquement la chimie (le glyphosate) et l'agriculture biologique a le plus souvent recours au travail du sol (le labour). Le compromis idéal n'existe pas. Mais Louis se projette dans une agroécologie encore plus respectueuse du sol et des cycles du vivant. Et tous les étudiants que j'ai interrogés, parmi celles et ceux qui ont participé à sa journée, m'ont livré le même témoignage. Ça donne beaucoup d'espoir !
Sur la ferme familiale, près de Contrexéville, Louis et son père, Olivier, discutent ensemble des évolutions de leur système agricole. Louis n'est pas encore installé, mais il y passe tout son temps libre et se projette déjà comme associé. En polyculture-élevage sur 160 hectares, la ferme de la Mailly est en deuxième année de conversion bio et fait évoluer des cheptels bovins (Vosgiennes) et ovins (Blanche des Causses, Ile-de-France, Causses du Lot, Romane) en pâturage neuf mois sur douze.
Pour cette vidéo, j'ai aussi échangé avec les étudiante et étudiants du lycée agricole de Mirecourt, de Vesoul AgroCampus et de la Maison familiale rurale de Bulgnéville, présents lors de la démonstration, de même qu'avec les représentants de la coopérative Probiolor et de l'Association pour une agriculture durable (APAD) Nord-Est.
Les concessionnaires et fabricants présents : Agrosoil, Kvick Finn, Farminov, Groupe Cheval, Claudagri, Mecavista, Actisol, Sky, Vaderstad, Solà, Einbock, Bugnot.
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Auteur et montage :
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Agriculture bio de conservation des sols : test de matériel et techniques innovantes
Dans le cadre d’une démonstration organisée sur la ferme familiale, Louis Lavancier, futur agriculteur, et son père Olivier Lavancier, mettent en lumière des techniques agricoles visant à concilier agriculture biologique et conservation des sols. Accompagnés d’autres étudiants en BTS agricole, ils ont orchestré une journée de démonstration dédiée à du matériel innovant capable de se passer de la charrue classique et du glyphosate.
Une vision de l’agriculture tournée vers le vivant
Pour Louis et Olivier, l’objectif est de définir une agriculture qui accompagne le vivant plutôt que de lutter contre la force des choses. Le sol est au centre de leur réflexion : c’est la pièce maîtresse de leur système. La ferme, qui compte une centaine d’hectares en production végétale et une soixantaine d’hectares en prairie, est actuellement en deuxième année de conversion vers le bio. Ils prévoient également de développer leur cheptel de brebis et de vaches laitières.
Démonstration de matériel innovant
Lors de la journée, plusieurs outils ont été présentés pour répondre à l’enjeu du [[désherbage mécanique]] sans labour profond.
- La lame scalpeuse : Contrairement à une charrue classique, cette lame permet d’aérer le fond du labour tout en retournant un volume de terre beaucoup plus faible. Elle permet de travailler le sol sans l’abîmer en profondeur.
- Le déchaumeur Quicke : Machine d’origine finlandaise, cet outil est conçu pour un travail de surface (de 3 à 12 cm maximum). Il permet de déchausser les adventices (comme le chardon ou le liseron) sans les couper, tout en préservant la [[matière organique]] en surface, ce qui limite le redémarrage des plantes après la pluie.
L’[[association de cultures]] : le cas du blé et de la févrole
Louis illustre sa démarche agroécologique par l’implantation de cultures associées. Dans une parcelle, il a semé du blé en mélange avec de la févrole, une légumineuse. Grâce aux bactéries fixatrices d’azote présentes sur les racines de la févrole, de l’azote est rendu disponible pour le blé, illustrant ainsi une gestion des cycles naturels du vivant pour réduire les besoins en intrants.
L’intégration de l’animal dans le système
La circularité est un pilier de la stratégie de la ferme. L’intégration de l’animal est jugée essentielle : le pâturage permet de réduire la pression des adventices et d’apporter un engrais naturel. Cette approche n’est pas idéologique, mais répond à une volonté de respecter les cycles biologiques. Pierre Girard, Geoffrey Schöning et Paul Roesch, présents lors de ces échanges, ont souligné l’intérêt de ces systèmes qui tendent vers une plus grande résilience.
Vers un compromis entre bio et conservation des sols
Le débat reste ouvert sur la possibilité de supprimer totalement le glyphosate en agriculture biologique. Si le travail mécanique du sol est une alternative, les intervenants, dont Paul Weber, s’accordent à dire qu’il est difficile de trouver le “Graal” d’un système sans aucune perturbation. Cependant, l’espoir repose sur la nouvelle génération d’agriculteurs qui, comme Louis et ses camarades, sont formés aux principes de l’agroécologie et cherchent à concevoir des systèmes tangibles et durables.
La démonstration a permis de montrer qu’au-delà des étiquettes, ce sont les pratiques et la réflexion constante sur le sol, le végétal et l’animal qui permettront à l’agriculture de demain de proposer des produits sains tout en préservant la planète.