Cours en ligne 8/9 BIOFRUITNET: Fruits à noyau maladies

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Dans cette session du projet BIOFRUITNET, Clémence Boutry et Robin Sonnard (FiBL Suisse) présentent les principales maladies affectant les fruits à noyau (cerisier, prunier, abricotier, pêcher). L'intervention se concentre sur les enjeux de protection biologique face à la moniliose des fleurs et des rameaux, au chancre bactérien (*Pseudomonas*), à la maladie criblée, à la cylindrosporiose, à la sharka et au virus de la petite cerise. Robin Sonnard détaille pour chaque pathologie les symptômes, le cycle de vie et les stratégies de lutte, insistant sur l'importance de l'hygiène au verger (élimination des momies, broyage des feuilles infectées) et le choix de variétés tolérantes. Les mesures directes, comme les traitements au cuivre, au soufre ou à l'argile, sont également abordées. Enfin, la session souligne la nécessité de surveiller les vecteurs (pucerons, cochenilles) et de garantir un matériel végétal sain pour prévenir la propagation virale, tout en rappelant les ressources documentaires disponibles sur le portail BIOFRUITNET.

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Résumé
Dans cette session du projet BIOFRUITNET, Clémence Boutry et Robin Sonnard (FiBL Suisse) présentent les principales maladies affectant les fruits à noyau (cerisier, prunier, abricotier, pêcher). L'intervention se concentre sur les enjeux de protection biologique face à la moniliose des fleurs et des rameaux, au chancre bactérien (*Pseudomonas*), à la maladie criblée, à la cylindrosporiose, à la sharka et au virus de la petite cerise. Robin Sonnard détaille pour chaque pathologie les symptômes, le cycle de vie et les stratégies de lutte, insistant sur l'importance de l'hygiène au verger (élimination des momies, broyage des feuilles infectées) et le choix de variétés tolérantes. Les mesures directes, comme les traitements au cuivre, au soufre ou à l'argile, sont également abordées. Enfin, la session souligne la nécessité de surveiller les vecteurs (pucerons, cochenilles) et de garantir un matériel végétal sain pour prévenir la propagation virale, tout en rappelant les ressources documentaires disponibles sur le portail BIOFRUITNET.

Stratégies de lutte contre les maladies en fruits à noyau biologiques. Intervenant Robin Sonnard, FiBL; Modératrice: Clémence Boutry, FiBL

o 00:00. Presentation présentation du cours et de l'intervenant

o 00:35. Strategies de lutte contre les maladies

o 33:25. Questions et réponses

o 50:00. Conclure


Cours en ligne : Maladies des fruits à noyau

Dans le cadre de la session BIOFRUITNET dédiée aux ravageurs et maladies, Robin Sonnard, du FiBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique basé en Suisse), fait un point complet sur la gestion des principales maladies affectant les vergers de fruits à noyau.

Principales maladies des fruits à noyau

Les vergers sont confrontés à plusieurs agents pathogènes dont l’intensité varie selon les espèces (cerisier, prunier, abricotier, pêcher) :

  • Moniliose des fleurs et des rameaux : Maladie fongique majeure causée par Monilinia laxa, M. fructigena et M. fructicola. Le cycle est identique pour ces champignons.
  • Chancre bactérien (type Pseudomonas) : Causé par des bactéries, il est souvent confondu avec la moniliose en raison de l’exsudation de gomme.
  • Maladie criblée : Maladie fongique qui touche tous les Prunus, provoquant des perforations caractéristiques sur les feuilles.
  • Cylindrosporiose : Particulièrement observée sur cerisier, elle est généralement moins sévère que la maladie criblée.
  • Sharka (Variole du prunier) : Maladie virale grave transmise principalement par les pucerons.
  • Virus de la petite cerise : Affecte spécifiquement le cerisier, avec un impact majeur sur la qualité et le taux de sucre des fruits.

Moniliose : cycle et lutte

La moniliose se transserve par les « momies » (fruits infectés restés sur l’arbre). L’infection débute au printemps par la fleur et progresse vers les rameaux, entraînant un dessèchement.

  • Prévention : Éliminer impérativement les momies lors de la récolte ou de la taille. Utiliser des outils adaptés (type râteau à feuilles) pour atteindre les branches inaccessibles.
  • Stratégie : Privilégier des variétés moins sensibles (ex: Regina ou Burla en cerise, Tégéra et Dabrovis en prune, Elsa et Mia en abricot). Couvrir le verger aide à protéger les fleurs des épisodes pluvieux.

Chancre bactérien (Pseudomonas)

Le chancre pénètre par les plaies de taille ou les fissures dues au gel.

  • Prévention : Blanchir les troncs à la chaux pour éviter les craquements de l’écorce liés aux alternances gel/dégel.
  • Taille : Préférer la taille après la récolte plutôt qu’en hiver pour favoriser une cicatrisation rapide.
  • Traitement : Appliquer de l’hydroxyde de cuivre en hiver dès les premiers gels pour protéger les plaies.

Maladie criblée et cylindrosporiose

Ces maladies passent l’hiver dans les feuilles mortes et les bourgeons infectés.

  • Gestion : Un broyage efficace des feuilles mortes au sol est crucial, idéalement combiné à un apport de compost pour favoriser les microorganismes dégradeurs.
  • Traitements : Utiliser du soufre (efficace dès 15°C) ou une combinaison cuivre/soufre/argile si les températures sont inférieures à 15°C.

La Sharka et le virus de la petite cerise

Ce sont des maladies virales contre lesquelles il n’existe pas de traitement curatif.

  • Prévention : Utiliser exclusivement du matériel végétal sain certifié.
  • Hygiène : Désinfecter rigoureusement les outils entre chaque arbre (l’alcool à 90°C avec un temps de trempage est préconisé, ou le passage à la flamme).
  • Arrachage : Dès l’apparition des symptômes, l’arbre doit être arraché et évacué pour protéger le reste du verger. La lutte contre les insectes vecteurs (pucerons pour la Sharka, cochenille du pommier pour le virus 2 de la petite cerise) est essentielle.

Questions fréquentes

  • Couvrir le verger : C’est un dilemme entre la protection contre les pluies (réduction des maladies) et l’aération naturelle. Le choix dépend de la pression de la maladie dans votre région. Dans les zones très pluvieuses, la couverture est fortement recommandée.
  • Renouvellement des traitements : Après 10 à 20 mm de pluie, il est conseillé de renouveler la protection, car les produits bios sont rapidement lessivés.
  • Détection : Pour les virus, seule l’analyse en laboratoire sur des échantillons de branches permet une confirmation fiable, les symptômes visuels étant parfois latents.

Pour plus de ressources, consultez le site biofruitnet.eu qui propose des résumés pratiques, des vidéos et des guides de gestion variétale.