Couvert d'interculture et reliquats azotées en entrée hiver, Simon Dierickx
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Merci à Simon Dierickx pour cet entretien. Pour en savoir plus sur Greenotec, c'est ici : https://www.greenotec.be/
- 00:00 : Présentation
- 03:21 : Avantages agronomiques des couverts végétaux
- 13:58 : Points de vigilance des couverts végétaux
- 23:24 : Semer le couvert après moisson
- 26:56 : Semer le couvert végétal à la volée
- 31:53 : Couvert pérenne
- 41:44 : Choix des espèces du couvert
- 43:20 : Essai - influence de la date du semis sur la biomasse produite par le couvert
- 47:59 : Essai : proportion de légumineuse et impact sur les reliquats azotés
- 51:59 : Fertilisation du couvert
- 53:54 : Anticiper les poblèmes
- 54:31 : Situations concrètes - blé/blé, Blé/protéagineux, colza/blé, ...
Couverts d’interculture et reliquats azotés en entrée d’hiver, avec Simon Dierickx
Dans cette intervention, Simon Dierickx, du groupement d’agriculteurs wallons Greenotec, nous éclaire sur la gestion des couverts d’interculture et leur impact crucial sur les reliquats azotés en entrée d’hiver, une période souvent négligée par rapport aux reliquats de sortie d’hiver.
L’importance des couverts végétaux
Les couverts végétaux implantés en interculture sont la méthode principale pour maintenir et accroître le taux de [[matière organique]] dans les sols, surtout dans les systèmes intensifs (cultures de printemps comme la pomme de terre, le lin, ou les carottes) qui restituent peu de carbone. En piégeant l’azote, les couverts limitent les pertes par lessivage durant la période hivernale. Simon Dierickx insiste : pour maximiser ces services, il est impératif de semer le plus tôt possible après la récolte, chaque semaine de croissance supplémentaire à l’automne étant déterminante.
Gestion de l’azote et levée des couverts
Une des erreurs fréquentes est d’implanter des couverts qui minéralisent trop rapidement ou qui deviennent trop lignifiés.
- Risque de sur-minéralisation : Si le couvert est trop âgé au moment de sa destruction, il risque de restituer de l’azote à un moment où la culture suivante (ex: blé d’hiver) n’en a pas besoin, menant à des pertes par lessivage.
- Fertilisation de démarrage : Dans les intercultures courtes, un apport modeste d’engrais organique (lisiers, digestats) ou minéral (si autorisé) peut donner un “effet starter” nécessaire pour obtenir une biomasse suffisante, surtout si le couvert est semé après une céréale.
- Le rôle des légumineuses : Introduire des légumineuses dans les mélanges (ex: vesce, trèfle) permet d’équilibrer le rapport carbone/azote et d’améliorer l’effet “CIPAN” (Culture Intermédiaire Piège À Nitrates), favorisant une restitution progressive pour la culture suivante.
Techniques d’implantation
Simon Dierickx distingue trois approches selon la fenêtre d’interculture :
- Couverts classiques : Semés après la moisson (idéalement dans les 48h). Le semis direct est préconisé pour conserver l’humidité du sol.
- Semis à la volée avant moisson : Utilisé environ 15 jours avant la récolte, il permet de maximiser la période de végétation. Cette technique nécessite toutefois une bonne maîtrise (utilisation de drones ou d’épandeurs, parfois avec des semences enrobées) et est plus risquée si la récolte est humide ou si les pailles sont ramassées.
- Couverts pérennes (sous-semis) : Souvent pratiqué dans le colza, cela permet d’avoir un couvert déjà en place avant même la moisson de la culture suivante.
Points d’attention et [[gestion des ravageurs]]
- Destruction : Le critère de choix premier doit être la facilité de destruction mécanique, particulièrement en l’absence de gel durant l’automne. Il faut éviter les espèces trop difficiles à détruire chimiquement ou mécaniquement si l’on veut limiter les phytosanitaires.
- Lutte contre les limaces : Les couverts peuvent héberger des limaces. Il est conseillé de choisir des espèces moins appétantes (lin, moutarde, sarrasin) et de surveiller les parcelles avec des piégeages réguliers.
- Rotation : Le travail du sol doit être limité après certaines cultures comme le colza. Le non-labour permet de conserver des conditions favorables à la biorégulation (prédateurs naturels) et évite de minéraliser inutilement l’azote, dont le blé n’a pas besoin en excès à l’automne.
En conclusion, si la gestion des couverts demande une adaptation fine aux conditions pédoclimatiques et aux rotations, ils restent un levier indispensable pour l’auto-fertilité des sols et la réduction de l’empreinte environnementale des exploitations.