FERTILISATION : Le manganèse un élément indispensable en grande culture

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Dans cette vidéo, Sylvain Trommenschlager rappelle l’importance du manganèse, un oligo-élément souvent négligé mais essentiel en grande culture. Il intervient dans la photosynthèse, l’activation enzymatique, la valorisation de l’azote et la synthèse des protéines, avec des effets directs sur le rendement, la résistance au froid, au stress hydrique et à certaines maladies. La vidéo explique aussi pourquoi les carences ou sous-alimentations se multiplient : sols calcaires, excès de matière organique stable, conditions oxydantes, sécheresse, désherbants racinaires et déséquilibres avec le potassium, le zinc, le fer ou le magnésium. Des symptômes typiques sont détaillés, ainsi que leurs liens avec diverses maladies et blocages physiologiques. Côté solutions, l’accent est mis sur les apports foliaires, l’acidification localisée au niveau des racines, le roulage, l’équilibre potasse/magnésie et le recours aux analyses de sol et foliaires pour mieux anticiper les risques.

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Résumé
Dans cette vidéo, Sylvain Trommenschlager rappelle l’importance du manganèse, un oligo-élément souvent négligé mais essentiel en grande culture. Il intervient dans la photosynthèse, l’activation enzymatique, la valorisation de l’azote et la synthèse des protéines, avec des effets directs sur le rendement, la résistance au froid, au stress hydrique et à certaines maladies. La vidéo explique aussi pourquoi les carences ou sous-alimentations se multiplient : sols calcaires, excès de matière organique stable, conditions oxydantes, sécheresse, désherbants racinaires et déséquilibres avec le potassium, le zinc, le fer ou le magnésium. Des symptômes typiques sont détaillés, ainsi que leurs liens avec diverses maladies et blocages physiologiques. Côté solutions, l’accent est mis sur les apports foliaires, l’acidification localisée au niveau des racines, le roulage, l’équilibre potasse/magnésie et le recours aux analyses de sol et foliaires pour mieux anticiper les risques.

Le site web de Sylvain Trommenschlager :

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Introduction

Bonjour à tous. Dans ce nouveau format de publication sur notre page d’information technique, le thème abordé est le manganèse, un oligo-élément de saison, très souvent négligé et trop souvent oublié, comme beaucoup d’autres oligo-éléments. Pourtant, il s’agit d’un facteur important dans l’élaboration du rendement.

Aujourd’hui, le manganèse est présenté comme un élément très important dans la combinaison des équilibres nutritifs, notamment en lien avec le potassium. C’est aussi un élément qui inquiète pour plusieurs raisons pratiques :

  • l’évolution des pratiques culturales ;
  • l’usage d’engrais très déséquilibrants ou acidifiants, qui modifient les équilibres du sol ;
  • les applications, notamment de désherbants racinaires, qui génèrent beaucoup de blocages du manganèse.

L’objectif est d’aller assez vite tout en transmettant un maximum d’informations afin de permettre de prendre conscience de ces problématiques et d’y réagir.

Rôle du manganèse dans la plante

Le rôle du manganèse dans la plante est présenté comme relativement simple à comprendre, mais fondamental :

  • il agit sur la photosynthèse ;
  • il intervient dans la respiration ;
  • il active un certain nombre d’enzymes ;
  • il améliore la production d’amidon ;
  • il participe à la relation entre nutrition et maladies ;
  • il intervient directement dans la valorisation de l’azote, en particulier dans la chaîne de synthèse des protéines.

Indirectement, le manganèse joue aussi sur la résistance au froid, ce qui explique qu’il soit aujourd’hui remis en avant à partir des constats réalisés au champ.

Il améliore également l’absorption d’autres éléments. Il existe notamment des fonctions croisées avec le potassium : les deux éléments sont à la fois complémentaires et antagonistes selon les niveaux de disponibilité. Le message essentiel est que les équilibres entre manganèse, potassium et magnésium doivent être surveillés, même si leurs rôles physiologiques restent différents au sein de la plante.

Formes du manganèse dans le sol et disponibilité

Dans le sol, la forme la plus soluble du manganèse est sa forme réduite. C’est là que réside une grande partie du problème : lorsque le sol est soumis à des mécanismes d’oxydation importants, le manganèse passe sous une forme oxydée qui n’est plus absorbable.

Globalement, le manganèse est disponible à un pH inférieur à 7. C’est pour cette raison qu’il peut être intéressant de localiser des engrais à vertu acidifiante, par exemple :

  • le soufre élémentaire ;
  • certains engrais soufrés ;
  • des NP soufrés localisés.

L’intérêt de la localisation est de créer un pH très acide au contact de la racine, afin de favoriser la libération du manganèse, mais aussi du zinc et du fer. Ces trois éléments fonctionnent globalement ensemble, et il est difficile de gérer l’un sans tenir compte des autres.

Les sols secs ont tendance à réduire la disponibilité du manganèse. Or, en situation de stress hydrique, le manganèse semble avoir une importance majeure. Des constats de terrain, encore empiriques mais déjà très parlants, montrent un impact net du manganèse dans la réaction des cultures au stress hydrique.

La matière organique intervient aussi dans la disponibilité du manganèse :

  • certaines matières organiques anciennes, stables ou très humifiées, peuvent former des complexes qui bloquent sa disponibilité ;
  • à l’inverse, des matières organiques plus labiles peuvent protéger le manganèse tout en le maintenant disponible pour la plante.

C’est pourquoi, en foliaire, on utilise souvent des formes simples de manganèse, ou bien des associations qui recréent des complexes dans la bouillie, par exemple avec des acides aminés.

Déficiences et situations à risque

Avant de parler de carence, il est proposé d’utiliser la notion de « déficience ». Cela permet d’identifier des situations de sous-alimentation avant même d’avoir une perte de rendement clairement installée.

Les déficiences en manganèse sont particulièrement fréquentes :

  • dans les sols calcaires ;
  • dans les sols à pH élevé ;
  • dans les situations de matière organique élevée, en particulier au-delà de 4 %, voire dès 3 % selon la texture ;
  • dans les sols soufflés, très oxydés, qui favorisent l’oxydation du manganèse ;
  • dans certaines situations avec excès de fer, qui peuvent ralentir l’absorption du manganèse.

Le manganèse, le zinc et le fer sont décrits comme un « trio » à gérer presque ensemble d’un point de vue pratique, que ce soit pour les cocktails foliaires ou pour le suivi nutritionnel des cultures.

Le zinc est d’ailleurs mentionné comme jouant lui aussi un rôle important dans la dynamique végétative et dans la gestion des phénomènes d’oxydation. Le choix des formes est essentiel, et ce ne sont pas forcément les produits les plus onéreux qui sont les plus intéressants.

Niveaux critiques dans la plante

Dans la plante, les concentrations critiques sont souvent situées en dessous de 20 ppm dans les jeunes feuilles.

Cela conduit à rappeler un point important sur l’interprétation des analyses foliaires : les analyses sont utiles, mais elles doivent toujours être relues avec un regard agronomique. Sur jeunes plantes, il doit y avoir une absorption massive de manganèse. Il faut donc raisonner la valeur mesurée en fonction du stade et de la dynamique d’alimentation, afin de savoir si la culture part sur une bonne trajectoire nutritionnelle.

Symptômes observables

Les grandes carences en manganèse sont connues : elles se traduisent souvent par des zones tassées ou rappuyées beaucoup plus vertes, voire très vertes, alors que les zones voisines restent jaunissantes ou très pâles.

Mais il existe aussi toute une série de symptômes moins connus, qui méritent d’être reconnus au champ :

  • taches nécrotiques ou chlorotiques ;
  • taches noires ;
  • symptômes proches d’attaques de rhynchosporiose ;
  • brûlures liées aux herbicides ;
  • réactions aux herbicides racinaires ;
  • symptômes proches de ceux du magnésium.

Le message est que beaucoup de symptômes habituellement attribués à d’autres causes peuvent en réalité être fortement corrélés à une déficience en manganèse.

Lien avec les maladies

Le début de certaines attaques, notamment de rhynchosporiose, est présenté comme fortement corrélé à des symptômes de déficience en manganèse.

Sur colza, il est évoqué des liens avec :

  • la cylindrosporiose ;
  • les dégâts de gel ;
  • les effets de certaines familles de produits, notamment les propyzamides, qui engendrent des stress oxydatifs et peuvent créer de gros blocages du manganèse.

Sur pomme de terre, un lien net est signalé entre sous-alimentation en manganèse, souvent combinée avec le zinc, et sensibilité au mildiou.

Plus globalement, un ensemble de maladies est cité comme étant favorisé ou aggravé par une mauvaise gestion du manganèse :

Ces maladies ne sont pas causées uniquement par le manganèse, mais cet élément est présenté comme un levier important dans leur gestion.

Lien avec le stress hydrique

Une observation de terrain très marquante est rapportée à partir d’une prairie après une forte canicule et une sécheresse. Dans cette parcelle, les passages réguliers de roues de l’agriculteur, utilisés pour aller chercher des bottes ou traverser la parcelle, ont créé des zones rappuyées. Ces zones apparaissent nettement plus belles, plus vertes et plus vigoureuses.

Cela est interprété comme un symptôme très net de carence grave en manganèse dans les zones non rappuyées. Même sur la production d’herbe, l’impact du manganèse se voit dans le cycle de l’azote et dans l’ensemble des fonctions physiologiques précédemment décrites.

D’autres photos montrent également des passages de roues ou de dernier coup de rouleau où les plantes sont beaucoup plus vertes et en meilleure activité photosynthétique. À côté, on observe des blocs pouvant faire penser tantôt au gel, tantôt à des applications précoces de désherbants. Le constat proposé est que l’impact du gel est fortement conditionné par la disponibilité en manganèse.

Lien avec la localisation d’engrais

Une photo prise dans la Meuse montre une situation où la ligne d’engrais localisé a été bouchée et n’a pas pu couler. L’engrais localisé, de type NP soufré, créait normalement des conditions acides au contact des racines. Son absence empêche donc le déblocage du manganèse.

Cela illustre l’intérêt de la localisation d’engrais acidifiants, déjà évoqué plus haut : acidifier localement la rhizosphère pour améliorer la disponibilité du manganèse.

Effet des désherbants et des stress oxydatifs

Le document insiste fortement sur le rôle des désherbants, en particulier des désherbants racinaires, dans la création de déséquilibres favorisant les sous-alimentations en manganèse.

Certains produits ont des vertus très oxydantes sur la plante ou sur le sol. Ils créent alors des déséquilibres marqués, qui conduisent à des sous-alimentations très nettes en manganèse, même sans aller jusqu’à la carence sévère.

Cette relation entre stress oxydatif et blocage du manganèse est un point central de l’exposé.

Stratégies de gestion

La stratégie de gestion proposée repose sur plusieurs leviers complémentaires.

Applications foliaires

Les applications foliaires de manganèse sont présentées comme la voie la plus efficace.

À l’inverse, les applications au sol sont jugées souvent décevantes. Cela expliquerait pourquoi de nombreux produits organiques, pourtant riches en manganèse, apportent peu de réponses : le manganèse y est souvent lié à des complexes organiques très puissants qui le bloquent. Plus un produit est composté, plus la matière organique est stable, et plus le risque de blocage est élevé.

Acidifier le contact racinaire

Il est recommandé d’acidifier le tour de la racine par :

  • le soufre élémentaire ;
  • des produits très acidifiants ;
  • des engrais localisés.

L’objectif est de recréer localement les conditions favorables à la libération du manganèse.

Rouler ou rappuyer

Le roulage est présenté comme important, y compris en semis direct. Même en semis direct, des problèmes récurrents de manganèse peuvent apparaître au bout de trois ou quatre ans.

Beaucoup constatent d’ailleurs que les tournières ou zones plus rappuyées sont souvent plus belles, plus végétatives et un peu plus vertes que le reste de la parcelle. Dans certains cas extrêmes, on retrouve même les traces de retournement ou de rappui au sein de la culture.

Gérer les équilibres avec la potasse et le magnésium

Il faut penser à gérer le ratio potasse sur magnésie. Le message donné est que :

  • s’il existe des problèmes de potasse, il y a souvent aussi des problèmes de manganèse ;
  • certains symptômes attribués au magnésium peuvent être en réalité la conséquence directe de problèmes de manganèse.

Ces interactions justifient de raisonner les équilibres nutritionnels de manière globale.

S’appuyer sur les analyses

Il est conseillé de :

  • valider les approches par des analyses foliaires ;
  • anticiper les problèmes à partir des analyses de sol.

L’objectif est de passer d’une logique de constat visuel tardif à une logique d’anticipation.

Perspectives pratiques sur la pulvérisation

Une prochaine présentation est annoncée sur la manière d’améliorer la pulvérisation, notamment :

  • par l’usage des acides aminés ;
  • par les combinaisons de manganèse ;
  • par le choix des formes de manganèse.

Il est rappelé que certaines formes de manganèse sont très réductrices, alors que d’autres sont au contraire très oxydantes. Certaines formulations de manganèse à 34 %, à des prix cohérents, peuvent se révéler plus réductrices que la vitamine C.

L’idée est donc de redonner des notions de chimie appliquée, directement utiles sur le terrain.

Conclusion

Le manganèse apparaît ici comme un oligo-élément central, encore trop souvent négligé, alors qu’il intervient dans :

  • la photosynthèse ;
  • la respiration ;
  • la synthèse des protéines ;
  • la valorisation de l’azote ;
  • la résistance au froid ;
  • la tolérance au stress hydrique ;
  • les interactions avec les maladies ;
  • la réponse aux désherbants et aux stress oxydatifs.

Sa gestion passe par une bonne compréhension de sa disponibilité dans le sol, de ses liens avec le zinc, le fer, le potassium et le magnésium, et par des stratégies pratiques combinant localisation, acidification, applications foliaires et observation fine du terrain.

Merci de votre attention.