Gilad Buzi - Aurora del Camp
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Le projet Agroécopyr, une initiative dédiée à faciliter les échanges entre les agriculteurs pionniers des Catalognes Nord et Sud. Nous organisons des visites et des formations transfrontalières pour explorer, valider et diffuser les innovations qui émergent dans le domaine agricole. Les retours d'expériences sur des techniques innovantes affluent, et il est maintenant primordial de partager ces progrès pour promouvoir une agriculture nourrissant à la fois les sols et les êtres humains.
Le projet est financée par la Communauté de Travail des Pyrénées et réalisée par Xavi López Coma, elle met en lumière les initiatives innovantes en collaboration avec l'association Arbre et Paysage 66.
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Pour plus d'informations, visitez :
- Arbre et Paysage 66https://ap66.org/agroecopyr-2
- Le Pays Pyrénées Méditerranée https://www.payspyreneesmediterranee.org/thematiques/projet-alimentaire-territorial/suivre-le-pat/vie-du-pat/pat-projet-agroecopyr.html
- L'association Era : https://associaciolera.org/
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Systèmes de culture et gestion des planches permanentes
Dans cette exploitation, nous gérons environ 550 variétés de légumes. Le système utilisé est celui de planches semi-permanentes, ce qui permet notamment d’optimiser la gestion des cultures comme les pommes de terre. Nous avons identifié trois points de difficulté majeurs avec les systèmes agroécologiques classiques, ce qui nous a poussés à chercher des outils facilitant le travail et la vie de l’agriculteur.
Nous maintenons un système régénératif axé sur l’augmentation du taux de carbone dans le sol. Nous privilégions aujourd’hui un système de travail du sol minimal, où la vie du sol est primordiale, tout en restant économiquement efficient. Nos planches permanentes font environ 80 cm de large, avec des passages de roues de tracteur de chaque côté.
Apport de fertilité et gestion de la [[matière organique]]
Pour générer de la fertilité dans cet espace, nous utilisons du Bois Raméal Fragmenté (BRF). Le jardinier nous livre des tas de BRF que nous déposons dans les passages de roues ; après 6 à 8 mois, ce matériau se transforme en un compost noir riche. Nous observons une réelle amélioration de la structure du sol et une forte activité fongique, essentielle à la vie biologique.
La fertilité est concentrée sur les planches. Lorsque nous terminons une culture, nous broyons les résidus, ajoutons un peu d’azote si nécessaire, et passons un petit rotatif à une profondeur de 2 cm. Cela permet de travailler la terre sans détruire la vie du sol (en particulier les vers de terre) et de gérer les adventices. Grâce à ces méthodes, nous avons réussi à faire passer notre taux de matière organique de 2 % à 4 %.
Gestion des mauvaises herbes et biodiversité
La présence de matière organique est cruciale pour éviter les problèmes de salinité et le manque d’activité biologique. Pour les mauvaises herbes persistantes ou pérennes, la solution est d’augmenter la matière organique et d’effectuer des passages fréquents avec des outils mécanisés ou manuels, notamment au printemps (deux fois par semaine au début de la culture).
Je laisse volontairement des zones non touchées qui servent de réservoir pour la biodiversité, notamment pour les syrphes, afin de réguler les petits ravageurs.
Importance de l’approche technique et des outils
Nous avons appris, par expérience, que l’utilisation d’outils conventionnels avec des engrais organiques peut causer un véritable « génocide » de la vie du sol. Il faut parfois des années pour revenir à un état d’équilibre.
Pour favoriser les mycorhizes, par exemple dans la culture des tomates, nous évitons la rotation systématique si les problèmes de nématodes ne sont pas présents. L’utilisation du petit rotatif est précise : travailler superficiellement (2 cm) permet de contrôler les herbes sans perturber l’écosystème racinaire.
Chaque machine ici a changé notre manière de travailler, comme l’épandeur à compost qui permet aussi de répartir le BRF, ou le broyeur de végétaux qui nous permet de produire notre propre BRF si nous coupons des arbres. Nous tendons vers un système fermé où la plantation d’arbres joue un rôle central. Chaque gain de 1 % de matière organique est un objectif majeur, car il permet de doubler la capacité de rétention d’eau du sol.