Hubert Charpentier - Du Semis à la Moisson -1
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Aujourd'hui, nous vous proposons de suivre le début d'une série, les Rendez-Vous d'une Campagne en Sol Vivant ! Nous allons suivre les différentes étapes, du semis à la moisson chez un des précurseurs du semis direct, à savoir Hubert Charpentier.
SOMMAIRE
0:02:00 : Colza sur couvert permanent
0:08:24 : Le lotier corniculé
0:10:00 : Couvert de féverole avant sorgho
0:12:45 : Parcelle de colza
0:14:50 : Parcelle en blé
0:18:55 : La paille de sorgho
Voir aussi Portrait de ferme d'Hubert Charpentier (Brives, 36)
Voir aussi
Annexes
Présentation de la vidéo
Hubert Charpentier présente ici une vidéo qui fait suite à un premier film réalisé en avril 2019. Il précise qu’il ne reviendra pas sur l’ensemble de ce qui a été dit dans ce premier document, qui durait environ trois heures. L’objectif de cette nouvelle vidéo est plutôt de faire un état des lieux de ce qu’il y a en place sur l’exploitation au 17 octobre, au niveau des cultures et des couverts. Il indique que ce type d’observation pourra être recommencé à différents stades du cycle cultural sur la ferme.
Il rappelle que l’exploitation fait 175 hectares et qu’elle est conduite en semis direct sous couverture végétale depuis 20 ans.
Contexte de l’exploitation
Au niveau des sols, la ferme est implantée majoritairement sur des terres argilo-calcaires, qui représentent environ 90 % de la surface. Le reste, soit environ 10 à 15 %, correspond à des sables acides, issus d’anciennes friches de bois.
Hubert Charpentier explique que la ferme est organisée autour de plusieurs parcelles principales. Au moment du tournage, il mentionne notamment :
- deux parcelles de colza sur précédent blé ;
- une parcelle de blé sur blé, avec de la luzerne en couverture vive ;
- une parcelle qui était en sorgho cette année et qui sera semée en pois de printemps ;
- une parcelle avec de la féverole en couvert, destinée à accueillir un sorgho au printemps suivant.
L’idée de la visite est d’aller observer plusieurs de ces parcelles avant la nuit et avant la pluie.
Première parcelle de colza sur précédent blé
La première parcelle visitée est un colza implanté après blé. Dans les zones les moins acides, le colza a été associé à de la luzerne ; dans les zones plus acides, c’est du lotier qui a été utilisé, car il supporte mieux l’acidité.
Hubert Charpentier montre également une bande témoin labourée ou travaillée du sol, qu’il refait tous les ans sur 24 mètres, toujours au même emplacement. Cette bande permet de comparer le comportement de la culture entre semis direct et travail du sol. Selon lui, on voit nettement une différence de végétation entre les deux techniques.
Il précise que cette limite correspond aussi en partie à une différence de pH :
- dans les zones à pH supérieur à 6, la luzerne peut pousser ;
- dans les zones plus acides, c’est le lotier qui prend le relais.
Itinéraire technique du colza
Le colza a été semé en semis direct au début du mois d’août, en association avec luzerne ou lotier selon les zones.
Sur la bande travaillée, l’itinéraire herbicide a comporté un mélange de Novall et de Springbok.
Pour la gestion des graminées, Hubert Charpentier explique avoir éliminé les repousses de blé avec du Léopard à 0,25 l/ha. Il a aussi dû ajouter du Centurion, car il y avait la présence de quelques ray-grass.
Il précise que les semences de colza sont des semences de ferme. Il s’agit d’un mélange de cinq variétés de lignée qu’il conserve depuis très longtemps. Cela vaut aussi bien pour les situations en travail du sol que pour celles en semis direct.
En semis direct, le programme herbicide est très réduit :
- glyphosate à 1,2 l/ha, au minimum 10 jours avant le semis ;
- puis un passage de Léopard à 0,25 l/ha pour éliminer les graminées.
Il insiste sur le fait qu’il n’utilise jamais de désherbant antidicotylédones en semis direct sur colza. Cela permet, selon lui, d’obtenir des coûts de désherbage extrêmement faibles, alors qu’en conduite avec travail du sol, la facture devient déjà relativement importante.
Différences entre semis direct et travail du sol
Hubert Charpentier souligne la différence très nette de végétation entre le semis direct et le travail du sol. Pour lui, plusieurs facteurs l’expliquent.
D’abord, il y a l’effet de 20 ans de semis direct : la fertilité des sols est remontée, ce qui permet d’obtenir une meilleure croissance des cultures.
Ensuite, il y a probablement aussi un effet des herbicides. Il rappelle que, sur colza, les herbicides ne sont jamais totalement anodins et peuvent « cogner » un peu la culture.
La parcelle ayant été semée en même temps dans les deux modalités, il estime que l’écart observé entre les deux techniques est particulièrement parlant.
Potentiel des sols sableux
Dans cette zone sableuse, Hubert Charpentier explique que l’on peut obtenir de très bons rendements en colza. Il précise qu’il s’agit de sables en surface, avec de l’argile sableuse en dessous, ce qui fournit malgré tout une certaine réserve en eau.
Selon lui, ce sont même les meilleurs sols à colza de l’exploitation, meilleurs que certaines terres argilo-calcaires. Il indique qu’on peut y faire facilement 40 quintaux, si aucun accident particulier ne survient, et qu’au moment du tournage, le potentiel va dans ce sens.
Observation de la luzerne sous colza
Hubert Charpentier s’attarde ensuite sur la luzerne présente sous le colza. Il indique qu’elle a été semée à environ 10 kg/ha.
Il constate une densité de luzerne très correcte, largement suffisante pour constituer un très beau couvert l’année suivante. Il précise qu’il n’exporte pas la biomasse de la luzerne : ce qui l’intéresse, ce sont les fonctions liées à sa présence dans le système.
Après un colza comme celui-ci, il réalise en général trois années de blé. Pendant cette période, il n’utilise pas de graminicides de printemps ni de produits de type Atlantis ; il travaille uniquement avec des herbicides d’automne. Au bout de trois ans, il observe généralement un salissement croissant de la parcelle, ce qui le conduit à détruire la luzerne et à repartir sur une nouvelle rotation.
Évolution de la rotation avec introduction du sorgho
Hubert Charpentier explique qu’il a récemment fait évoluer sa rotation en y introduisant du sorgho.
Le principe est le suivant :
- après destruction de la luzerne au bout de trois ans de blé ;
- implantation d’un sorgho ;
- puis pois de printemps ;
- puis réinstallation d’un colza associé à luzerne.
Il résume cela comme une succession de :
- trois ans de blé ;
- sorgho ;
- pois de printemps ;
- puis retour au colza avec luzerne.
Selon lui, cette organisation présente plusieurs avantages. D’abord, avec trois années sans blé dans la parcelle si l’on compte sorgho, pois de printemps et colza-luzerne, on dispose de davantage de temps pour nettoyer les graminées.
Il explique aussi qu’il devient de plus en plus difficile de réussir les colzas à cause du manque de pluie en juillet-août. Comme il ne sème pas ses colzas après le 15 août, certaines années il peut être amené à renoncer. Dans ce contexte, une seule année de pois de printemps avant colza ne suffit pas forcément à bien gérer les graminées. En revanche, une séquence sorgho puis pois puis colza offre plus de souplesse : si le colza ne peut pas être implanté, il reste possible de faire un blé derrière tout en conservant un bon effet de nettoyage.
Il insiste sur le fait que le problème des résistances des graminées devient de plus en plus important dans la région, notamment avec les ray-grass, les vulpins et même les bromes, résistants aux FOP, aux DIM et à beaucoup de produits de type sulfonylurées. Pour lui, seule la rotation permet de s’en sortir durablement.
Le lotier dans les sols acides
Dans les parties plus acides de la parcelle, Hubert Charpentier montre le lotier corniculé. Le pH y est de l’ordre de 5,5, ce qui ne permettrait pas à la luzerne de pousser correctement.
Le lotier a été semé à 5 kg/ha. Il estime que la densité obtenue est très correcte et permettra de faire un couvert intéressant l’été suivant.
Là aussi, la suite prévue est normalement de trois années de blé.
Réflexion sur l’exportation de la luzerne
Hubert Charpentier explique que le principal facteur qui le pousse à sortir les parcelles de la phase luzerne-blé est le salissement. Comme il ne souhaite pas augmenter le recours aux herbicides, et notamment qu’il n’utilise pas de graminicides de printemps, il préfère modifier la rotation.
Il évoque toutefois une autre piste possible pour l’avenir : lorsque la parcelle commence à se salir, il pourrait éventuellement conserver la luzerne une année supplémentaire et vendre le fourrage en foin. Cela permettrait de nettoyer la parcelle par la fauche, tout en gardant la luzerne en place.
Il précise cependant qu’une telle stratégie supposerait d’augmenter fortement la densité de semis :
- au lieu de 8 à 10 kg/ha, il faudrait semer à une densité plus classique de 20 kg/ha ;
- cela permettrait d’obtenir une biomasse suffisante pour dégager un revenu correct en exportant le fourrage.
Il indique qu’il n’en est pas encore là, mais que cette réflexion commence à émerger.
Parcelle destinée au sorgho après pois de printemps
La parcelle suivante visitée était en pois de printemps l’année précédente. En théorie, elle aurait dû recevoir un colza, puisque dans sa rotation Hubert Charpentier préfère faire le colza derrière pois de printemps plutôt que derrière blé.
Mais cette année-là, il y avait des ray-grass dans les pois de printemps, résistants aux FOP et aux DIM. Il a donc préféré ne pas faire de colza sur cette parcelle, car le colza se sème très tôt et les ray-grass n’avaient pas encore suffisamment repoussé pour être correctement détruits.
Il a donc procédé autrement :
- destruction des ray-grass avec du glyphosate ;
- implantation d’un couvert de féverole ;
- puis semis prévu d’un sorgho l’année suivante, au mois de mai.
Itinéraire technique du sorgho
Sur le sorgho, Hubert Charpentier explique que son programme herbicide est très simple :
- un passage de glyphosate avant semis ;
- puis un antidicotylédones à faible dose, généralement du fluroxypyr.
C’est tout ce qu’il applique.
Au niveau de l’azote, lorsqu’il y a une légumineuse avant le sorgho, il met normalement 40 unités d’azote, mais dans ce cas précis il les supprime : il n’y aura donc pas d’engrais.
Il insiste sur le fait que cela permet d’obtenir des coûts de production extrêmement faibles. Le poste qui coûte cher reste la semence, avec environ 120 €/ha pour un semis à 300 000 grains/ha. Il précise qu’il s’agit d’hybrides, car il n’existe pas de variétés lignées utilisables dans ce cadre en France : il est donc obligé d’acheter les semences.
En travail du sol, en revanche, le sorgho exige selon lui des charges plus importantes :
- un antigraminées de type Mercantor à un stade relativement précoce ;
- puis un complément, il cite cette année du Casper, pour finir de nettoyer ;
- un besoin en azote d’au moins 80 unités.
Dans ces conditions, il s’interroge sur la rentabilité du sorgho dans sa région sans irrigation.
En semis direct, il estime que la culture reste intéressante. Cette année particulière a donné 40 quintaux, mais il considère qu’on fait normalement facilement 50 quintaux. Avec un prix de 130 à 140 €/t et très peu de charges, il juge les marges correctes.
Couvert précédant le sorgho
Le sorgho doit être semé au mois de mai sur un couvert composé de :
- féverole, semée à 120 kg/ha ;
- et de graminées, soit avoine soit blé.
L’objectif de ces graminées est de bien tenir le sol et de garantir qu’au moment du semis, le semoir puisse travailler sans remuer de terre, quelles que soient les conditions climatiques.
Deuxième parcelle de colza sur sol argilo-calcaire
Hubert Charpentier se rend ensuite dans une autre parcelle de colza, toujours sur précédent blé, mais cette fois sur sol argilo-calcaire.
Il précise qu’il s’agit ici de sols profonds, avec environ un mètre de terre, ce qui constitue de très bonnes terres pour la Champagne berrichonne. Il rappelle toutefois que la région est très hétérogène, puisqu’à 500 mètres de là on peut n’avoir que 20 cm de sol.
L’itinéraire technique est le même que sur la première parcelle :
- des herbicides sur la bande en travail du sol ;
- pratiquement rien en semis direct.
Là encore, il met en avant la différence de végétation, qu’il juge importante, même si la luminosité du moment la rend un peu moins visible.
Comportement de la luzerne en sol argilo-calcaire
Dans cette parcelle, la luzerne est sur son terrain de prédilection :
- pH de 7,5 ;
- sol argilo-calcaire bien drainé.
Hubert Charpentier observe une luzerne de très bonne qualité, avec une densité correcte et déjà de beaux pieds. Il indique que la biomasse de luzerne sera très belle l’été suivant.
Il ajoute que, de manière générale, le semis direct lui a permis de faire disparaître l’hydromorphie dans les sols plus acides de l’exploitation. Après vingt ans de pratique, il considère que les conditions de drainage dans ces parcelles sont devenues pratiquement équivalentes à celles des argilo-calcaires.
Parcelle de blé sur blé avec luzerne
La parcelle suivante est un blé qui vient juste d’être semé et qui n’est pas encore levé au moment du tournage.
L’année précédente, il y avait déjà du blé sur cette parcelle. Ce blé avait été installé après un colza associé à de la luzerne. La luzerne est donc ici en troisième année, et Hubert Charpentier vient de refaire un blé : il entre ainsi dans une deuxième année de blé consécutive dans cette phase.
Il précise que, lorsqu’on travaille avec une couverture vive, on peut faire de la monoculture sans les effets néfastes habituels de la monoculture. Selon lui, on peut aller jusqu’à trois, quatre ou cinq années de blé sans subir les baisses de rendement qu’on observerait normalement. Ce qui finit par poser problème, ce n’est pas tant la monoculture elle-même que le salissement progressif des parcelles.
Des adventices sont toujours introduites, notamment par les animaux, les oiseaux, etc. Comme il n’utilise pas d’herbicides de printemps, il arrive un moment où les parcelles se salissent suffisamment pour qu’il soit nécessaire d’arrêter le blé dans la luzerne et de changer de rotation.
Résultats du blé et comparaison avec le travail du sol
Sur cette parcelle, le blé a produit 80 quintaux l’année précédente avec 100 unités d’azote, ce qu’Hubert Charpentier considère comme un bon résultat.
Sur la bande en travail du sol, il y avait davantage d’enherbement. Il y a utilisé beaucoup plus d’herbicides, mais le rendement n’a été que de 68 quintaux.
L’écart est donc de 12 quintaux entre travail du sol et semis direct. Pour lui, cet écart s’explique largement par l’effet des herbicides, qui n’ont pas été totalement efficaces et qui ont aussi pénalisé le blé. Il rappelle qu’au mois d’avril il n’est tombé qu’un millimètre de pluie, ce qui a provoqué une sécheresse importante. L’association du stress herbicide, de la sécheresse et du travail du sol a, selon lui, fortement dégradé le rendement.
Conditions de semis du blé
Hubert Charpentier souligne qu’il a pu semer sans problème dans la luzerne. Au moment du tournage, à cause des pluies récentes, il indique qu’aucun agriculteur autour de lui ne peut semer. Comme d’autres pluies sont annoncées, il pense qu’ils ne pourront pas entrer dans les champs avant une dizaine de jours.
Cela risque de repousser les semis vers des dates un peu tardives. Il rappelle que, localement, les blés conventionnels se sèment généralement entre le 20 et le 30 octobre. Si l’on arrive au mois de novembre, cela commence à devenir tardif par rapport à l’arrivée des froids hivernaux.
État de la luzerne dans la parcelle de blé
Sur cette parcelle, Hubert Charpentier note qu’il y a peu de terre remuée et une belle biomasse de graminées.
Il mentionne toutefois que certains pieds de luzerne ont disparu. L’année précédente, il y a eu des gels tardifs, avec jusqu’à –7 °C, suivis d’une sécheresse importante en avril. Ces conditions ont entraîné des pertes de pieds.
Il précise aussi qu’il a appliqué un passage de glyphosate, et qu’un peu de froid est arrivé ensuite. De ce fait, certains pieds sont peu visibles à l’automne alors qu’ils sont bien présents et repartiront au printemps. Il invite donc à ne pas se fier uniquement à ce qui est visible au moment du passage.
Pour l’année en cours, il espère refaire des rendements de blé compris entre 70 et 80 quintaux avec 100 unités d’azote, si les conditions climatiques restent à peu près correctes.
Il explique que l’année suivante, il décidera en fonction :
- du niveau d’enherbement ;
- de la densité de la luzerne ;
- et plus généralement de l’état de la parcelle,
s’il conserve la luzerne ou s’il passe à une autre culture, comme le sorgho, pour repartir sur une autre rotation.
Gestion des résidus de sorgho après récolte
En fin de visite, Hubert Charpentier montre les résidus de sorgho après récolte. Il explique qu’une fois le sorgho, le colza, le blé ou toute autre culture récoltés, il passe une faucheuse au ras du sol.
Il précise que ce n’est pas fait « pour le plaisir », mais principalement pour favoriser le travail des rapaces. En fauchant les résidus, les rapaces peuvent mieux repérer et capturer les campagnols.
Il raconte qu’au moment du tournage, lorsqu’il fauchait, des rapaces suivaient systématiquement la machine. Désormais, quand il sort la faucheuse, ils viennent derrière et se nourrissent des campagnols. Il indique même qu’ils n’ont parfois plus besoin de se poser : ils arrivent à saisir les campagnols et à repartir immédiatement.
Selon lui, le fauchage de tout ce qui reste dans les champs après récolte est très efficace pour limiter les pullulations de campagnols.
Lutte contre les campagnols
Hubert Charpentier explique que cette technique de fauchage lui a permis de se libérer d’un problème important et récurrent sur son exploitation : les campagnols.
Il indique que beaucoup d’agriculteurs de sa région ont abandonné le semis direct à cause de la prolifération des campagnols, qu’ils n’arrivaient pas à maîtriser.
Il rappelle qu’il y a eu une période où certains appâts rodenticides, qu’il cite comme de type bromadiolone, n’étaient plus autorisés. Aujourd’hui, il utilise un produit qu’il nomme Ratron, à base de phosphure de zinc. Il s’en sert de manière complémentaire, une fois que les rapaces ont déjà fait le plus gros du travail.
Concrètement, au début du printemps ou pendant l’hiver, lorsqu’il repère encore quelques trous dans les cultures, il passe pour déposer un peu de produit dans ces trous. Cela permet d’éliminer les derniers campagnols avant qu’ils ne se multiplient au printemps.
Pourquoi il faut faucher et non broyer
Hubert Charpentier insiste enfin sur un point technique important : il ne s’agit pas d’un broyage, mais bien d’un fauchage.
Selon lui, si l’on broie les résidus, on produit de la menue paille, que les disques du semoir ont ensuite tendance à enfoncer dans le sol. Avec des pailles longues, il observe au contraire que le semis se passe bien.
Il affirme n’avoir aucun problème d’enfoncement de paille dans la ligne de semis, à condition que le travail soit bien fait. Il reconnaît qu’il faut semer lentement, sans aller trop vite, pour laisser aux disques le temps de couper correctement les résidus.
Il conclut qu’après vingt ans de pratique, il n’a pas constaté chez lui de difficultés liées à cet enfoncement de la paille, même lorsqu’il enchaîne parfois jusqu’à trois années de blé consécutives avec une quantité importante de résidus en surface.