Le BASALTE en agriculture, par Éric Petiot & Loïc Etcheberry
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Éric Petiot et Loïc Etcheberry échangent autour des origines et des intérêts du basalte en agriculture et au potager.
Merci à Loïc ETCHEBERRY de la chaîne Perma Futur pour l'aimable autorisation de remise en ligne.
Lien vers la vidéo originale :
https://www.youtube.com/watch?v=M5hpMfAP4S4&t=495s&ab_channel=PERMAFUTUR
Introduction
Dans cette vidéo, Loïc Etcheberry retrouve Éric Petiot deux ans après leur précédente rencontre. Ils annoncent vouloir parler d’abord du basalte, puis d’autres sujets comme son livre, une revue en préparation, et aussi la question des ondes électromagnétiques dans la nature. L’entretien se concentre ici sur le basalte, son origine, son usage en agriculture énergétique, et les effets observés sur les sols, les plantes, la vie microbienne et la résistance au manque d’eau.
Qu’est-ce que le basalte ?
Éric Petiot explique que le basalte est une roche volcanique, donc une roche « jeune » à l’échelle géologique. Il est issu de l’activité volcanique et se trouve partout sous le manteau terrestre. Il insiste sur le fait que ce n’est pas un matériau rare ou exotique : on en trouve partout, même si tous les basaltes ne sont pas identiques, car leur composition dépend de l’histoire géologique des lieux.
Dans cette approche, le basalte est utilisé pour deux grandes raisons :
- son intérêt nutritionnel, car il contient de nombreux oligo-éléments ;
- son intérêt énergétique, car certains basaltes sont paramagnétiques.
Parmi les éléments cités, Éric Petiot mentionne notamment :
Le cobalt est présenté comme un élément important pour la synthèse de la vitamine B12 dans le sol. Il évoque aussi une synergie entre cobalt, vitamine B12 et vitamine C dans le sol. La silice, quant à elle, n’est pas paramagnétique : elle est dite neutre, mais elle contribue à la résistance des plantes, en particulier au niveau des lamelles cellulaires.
Le paramagnétisme et son rôle
La mesure en CGS
Éric Petiot explique que le paramagnétisme est mesuré en CGS, c’est-à-dire en « centimètres-grammes-seconde », selon une méthode développée à partir de travaux menés sur la susceptibilité magnétique des matériaux. L’idée est d’observer comment une roche ou un matériau réagit lorsqu’il est soumis à un champ magnétique constant.
Le basalte est dit paramagnétique, ce qui signifie que, soumis à un champ magnétique constant, il peut lui-même s’aimanter légèrement et interagir avec l’environnement, notamment avec le sol et les plantes. Il précise cependant que cela n’a rien à voir avec le magnétisme du fer. Il s’agit ici d’une susceptibilité magnétique, d’une capacité d’orientation ou de réponse à un champ magnétique, et non d’un aimant permanent.
Vie et paramagnétisme
Selon Éric Petiot, plus un milieu est paramagnétique, plus il peut accueillir de vie. Il affirme que la vie est paramagnétique. Il raconte avoir mené, avec son fils, des analyses sur différentes cellules végétales, en distinguant cellules vivantes et cellules mortes.
Dans un arbre, dit-il, il y a beaucoup plus de cellules mortes que de cellules vivantes. Or, ce bois mort serait diamagnétique, c’est-à-dire à l’opposé du paramagnétisme. En revanche, les cellules vivantes seraient paramagnétiques. Il présente cela comme une forme de dipôle : la vie fonctionnerait toujours avec un plus et un moins.
Il en tire une conséquence pratique très importante pour les jardiniers et agriculteurs : tout ce qui est bois mort est diamagnétique. Ainsi, broyer du bois ancien pour le mettre au jardin attirerait surtout des champignons saprophytes, mais pas les champignons endomycorhiziens ou ectomycorhiziens utiles aux plantes. Pour cette raison, il considère comme une erreur le fait de mettre au jardin du broyat de bois trop vieux. Selon lui, seuls les rameaux de l’année sont vraiment intéressants, car eux seraient paramagnétiques.
Le diamagnétisme des molécules de synthèse
Éric Petiot ajoute que de nombreuses molécules de synthèse utilisées en agriculture conventionnelle sont diamagnétiques. Il cite notamment :
- le DDT ;
- le Roundup ;
- l’atrazine ;
- des fongicides ;
- des insecticides.
Ces substances auraient, selon lui, des valeurs très négatives en CGS. Il les présente comme des substances « mortes », incapables de s’orienter favorablement vers le champ électromagnétique terrestre. Cela contribuerait à rendre les sols inaptes à accueillir la vie.
Le basalte et l’histoire des sols agricoles
Loïc Etcheberry reformule une idée qu’il a déjà entendue : autrefois, les sols recevaient naturellement des particules paramagnétiques, en particulier issues de l’activité volcanique et transportées dans l’environnement. Avec l’agriculture conventionnelle, l’érosion et le lessivage, ces particules auraient disparu des terres et seraient parties vers les eaux puis la mer.
Éric Petiot confirme cette idée et ajoute que le problème est accentué par le fait que les molécules de synthèse sont diamagnétiques. Selon lui, cela a conduit à des sols ayant perdu leur capacité à accueillir la vie.
Il donne des exemples de mesures de sols très dégradés, descendus jusqu’à -600 CGS, ce qu’il décrit comme un état de désertification biologique : plus de vers de terre, plus de microvie, plus d’activité.
La bio-résonance et le lien avec les champs électromagnétiques
Éric Petiot explique qu’il appelle cela depuis trente ans la « bio-résonance ». Pour lui, le vivant est connecté aux champs magnétiques et électromagnétiques environnants. Il prend l’exemple de la magnétite présente chez les êtres vivants.
Il évoque :
- la présence de magnétite au niveau des arcades sourcilières et du cerveau chez l’humain ;
- les bactéries magnétotactiques, qui possèdent de la magnétite et s’orientent grâce aux champs magnétiques ;
- les oiseaux migrateurs, qui utiliseraient aussi des nanoparticules de magnétite pour s’orienter.
Il dit avoir même isolé ce type de structures dans des ferments de plantes. Cela expliquerait, selon lui, pourquoi des préparations comme l’ortie ou la consoude peuvent être très actives lorsqu’elles sont appliquées sur des sols suffisamment paramagnétiques.
Il en profite pour souligner la dangerosité des champs électromagnétiques artificiels, qu’il considère comme des artefacts perturbateurs pour le vivant.
À quoi sert le basalte en agriculture ?
Le basalte est présenté comme une roche volcanique que l’on peut utiliser en agriculture, en jardinage et en maraîchage pour :
- favoriser la vie du sol ;
- améliorer la germination ;
- stimuler la croissance des végétaux ;
- renforcer leur résistance au manque d’eau ;
- améliorer la productivité ;
- contribuer à restaurer des sols dégradés.
Éric Petiot précise qu’il ne s’agit pas d’un simple apport minéral isolé. Le basalte n’est utile que s’il est intégré dans une stratégie globale comprenant aussi :
- des micro-organismes ;
- des extraits fermentés de plantes ;
- des engrais verts ;
- une couverture du sol ;
- une alimentation régulière de la vie du sol.
Il parle à ce sujet d’un « triangle » :
- en haut, les micro-organismes ;
- à droite, leur nourriture ;
- à gauche, le basalte, qui apporte le paramagnétisme et le support de la vie.
Observations de terrain et expérimentations
Éric Petiot explique que ses observations ne portent pas seulement sur de petites parcelles, mais aussi sur de grandes surfaces, parfois 300 à 400 hectares. Il dit accompagner aujourd’hui :
- des céréaliers ;
- des viticulteurs, notamment dans le groupe « 30000 » à Beaune ;
- des maraîchers ;
- des agriculteurs en général.
Selon lui, beaucoup de professionnels qui ont essayé ne reviendront pas en arrière. Ils auraient observé des changements réels en termes de :
- productivité ;
- adaptation à la sécheresse ;
- qualité du sol ;
- reprise de la vie biologique.
Loïc Etcheberry confirme de son côté qu’il observe depuis des années, sur son lieu d’expérimentation, des effets visibles et répétés lorsqu’il utilise du basalte.
Des apports temporaires, pas éternels
Un point important de l’entretien est qu’Éric Petiot ne présente pas le basalte comme un intrant à apporter indéfiniment. Selon lui, le but est de réamorcer des sols épuisés jusqu’à ce qu’ils retrouvent une dynamique autonome.
Il affirme que, lorsqu’un sol retrouve une vie suffisante et un niveau de paramagnétisme satisfaisant, il devient capable de s’auto-régénérer. À ce moment-là, il ne serait plus nécessaire d’apporter du basalte.
Il dit avoir déjà des parcelles où l’on n’en met plus.
Les niveaux recherchés en paramagnétisme
Avec son ancienne assistante, docteure en biologie, Éric Petiot dit avoir analysé de nombreux sols sur la planète, en comparant notamment :
- des sols touchés par l’agriculture conventionnelle ;
- des sols non touchés.
Il affirme que les sols non perturbés se situent en moyenne autour de +300 CGS. C’est pour lui un objectif de restauration réaliste.
Il ajoute que :
- les zones volcaniques montent facilement à +600 CGS ;
- certains basaltes ou certains contextes peuvent atteindre +9000 CGS et plus.
Dans les sols agricoles français, il donne les ordres de grandeur suivants :
- en grandes cultures et en vigne, une moyenne autour de +30 CGS ;
- beaucoup de sols entre 0 et +56 CGS ;
- parfois des situations négatives lorsque l’historique chimique est lourd.
Pour lui, un sol « commence à décoller » à partir de +100 CGS.
Quel basalte choisir ?
Éric Petiot explique qu’il existe différents types de basalte. Une même carrière peut même contenir plusieurs basaltes avec des niveaux de paramagnétisme différents selon les couches géologiques.
Il cite des carrières situées :
- en Ardèche ;
- dans le Massif central ;
- dans le Cantal ;
- vers Saint-Flour.
Certains basaltes mesurés seraient, selon lui, entre +600 et +3000 CGS, voire +5000 ou +5500 CGS.
Il insiste sur le fait que tous ont un point commun : leur richesse en oligo-éléments, notamment cobalt, molybdène et manganèse.
Le choix du basalte devrait se faire, selon lui, en fonction de deux paramètres :
- le niveau de paramagnétisme du sol de départ ;
- le niveau de paramagnétisme du basalte disponible.
C’est ce qui doit permettre d’ajuster la dose.
Doses et modes d’application
Pour les jardiniers
Éric Petiot indique qu’avec Jean Boucher, de l’INRA, ils travaillaient autour de 40 grammes par mètre carré pour des usages de type jardinier amateur. Il estime que cela ne présente pas de risque.
Il conseille :
- d’épandre le basalte ;
- de le griffer légèrement ;
- puis de pulvériser tout de suite un extrait fermenté de plantes, par exemple :
- luzerne ;
- consoude ;
- ortie.
Selon lui, ces micro-organismes profitent alors du pic de paramagnétisme créé par le basalte.
Pour les professionnels
Dans les contextes agricoles qu’il accompagne, avec des sols autour de +30 à +35 CGS et des basaltes autour de +3000 CGS, il dit travailler en moyenne entre 400 et 600 kg par hectare.
D’après lui, cela permet souvent de faire passer le sol, entre le printemps et l’automne, de +30 à +60 ou +70 CGS. Il insiste sur le fait que cette progression est lente.
Au bout de 7 à 10 ans de travail régulier, il dit observer des sols devenus beaucoup plus autonomes.
Pourquoi ne pas en mettre trop ?
Loïc Etcheberry interroge Éric Petiot sur le risque d’en mettre beaucoup. Éric Petiot répond qu’un excès de basalte peut poser problème à cause de la silice, présente à hauteur d’environ 42 à 46 %.
Il évoque un possible « effet prisme » : en surface, sous la lumière solaire, la silice pourrait agir comme un miroir et endommager la vie du sol, voire « griller » le sol si celui-ci reste nu.
C’est pourquoi il recommande :
- de ne pas surdoser ;
- d’éviter de laisser le basalte exposé en pleine lumière sur un sol nu ;
- de le griffer ou l’incorporer légèrement ;
- de l’associer à une couverture végétale ou à un paillage.
Lorsque le basalte est utilisé dans un système maraîcher avec couverture du sol, fumier ou paillage, le risque lié à cet effet prisme serait fortement diminué.
Pourquoi le paramagnétisme du basalte diminue-t-il dans le sol ?
Loïc Etcheberry pose une question importante : si le basalte est paramagnétique, pourquoi perd-il cet effet une fois mis au sol ?
Éric Petiot répond que le matériau, en lui-même, reste présent. Ce qui décroît, c’est l’expression de son paramagnétisme dans le contexte du sol. Tant qu’il est dans un sac ou un seau, il conserve ses propriétés. Mais une fois au sol, il est soumis à de nombreuses influences électromagnétiques et à tout un ensemble de facteurs extérieurs.
Surtout, selon lui, si la vie du sol n’est pas là pour prendre le relais, le paramagnétisme du basalte « s’éteint » progressivement. Il faut donc absolument comprendre que le corollaire du basalte, c’est la vie.
Autrement dit :
- le basalte seul ne suffit pas ;
- il faut des micro-organismes ;
- il faut nourrir ces micro-organismes ;
- il faut reconstruire un système vivant capable d’entretenir ensuite ce paramagnétisme.
Effets sur l’eau et la résistance à la sécheresse
Éric Petiot affirme qu’il a observé, au fil des années, une diminution des besoins en eau de 30 à 50 % dans certaines situations, notamment sous tunnel, sous serre ou en extérieur, lorsque les sols atteignent un paramagnétisme supérieur à +100 CGS.
Il propose plusieurs pistes d’explication, en disant lui-même qu’il n’a encore que des réponses partielles.
Le rôle des oligo-éléments
Lorsque le sol est bien fourni en oligo-éléments, la plante peut mieux gérer son équilibre interne, en particulier au niveau de la vacuole. En situation de stress hydrique, elle irait chercher notamment :
- le molybdène ;
- le manganèse ;
- le cobalt.
Ces éléments, avec la potasse, aideraient à mieux gérer les mécanismes de résistance à la sécheresse, y compris au niveau de la régulation stomatique.
Le rôle des champignons
Éric Petiot explique aussi que l’augmentation du paramagnétisme permet d’abord le développement de champignons saprophytes, puis, au-delà d’un certain seuil, l’installation de champignons endomycorhiziens et ectomycorhiziens.
Selon lui, en dessous de +100 CGS, ces mycorhizes ne peuvent pas réellement s’installer, même si on inocule le sol. Au-dessus de ce seuil, elles deviennent actives, et les échanges entre plante et champignons se mettent en place. Il affirme alors que ces champignons peuvent apporter une grande part de l’azote nécessaire à la plante.
Références citées dans l’entretien
Éric Petiot mentionne plusieurs personnes ou sources qui ont nourri sa réflexion :
- Jean Boucher, de l’INRA, qu’il surnommait « monsieur magnésium » ;
- Maria Thun, en biodynamie, qui aurait travaillé une vingtaine d’années avec le basalte ;
- les protocoles évoqués par Loïc Etcheberry, liés à l’ACCES et à l’halothérapie.
Il explique que Jean Boucher allait notamment chercher, dans le basalte, le magnésium échangeable. Il cite également un livre de Jean Boucher intitulé Une véritable agriculture biologique, qui aurait été réédité.
Concernant Maria Thun, il indique qu’elle ajoutait du basalte dans certaines préparations biodynamiques, notamment la bouse de corne. Il dit avoir mesuré ses préparations et trouvé chez elle des valeurs positives en CGS, contrairement à d’autres préparations biodynamiques qu’il dit avoir analysées à 0 CGS.
Une lecture multifactorielle de la fertilité
En conclusion de cet échange, Loïc Etcheberry insiste sur le fait que l’agriculture, le jardinage et le maraîchage sont des systèmes multifactoriels. Il y a de nombreux éléments qui entrent en jeu dans la fertilité des sols. Pour lui, le basalte et le paramagnétisme constituent une base très intéressante pour redéfinir une agriculture plus naturelle.
Éric Petiot partage cette idée mais insiste sur un point : si l’on met du basalte sur un sol sans vie, cela ne sert presque à rien. Le basalte n’est pas une solution isolée. Il doit s’accompagner d’une reconstruction globale du vivant du sol.
Pour lui, l’enjeu est clair :
- arrêter les molécules de synthèse chimique ;
- remonter le niveau de paramagnétisme des sols ;
- permettre à de nombreuses familles de micro-organismes de se redéployer ;
- puis, à terme, ne plus avoir besoin d’apports de basalte.
Il résume cela en disant qu’il est absurde, en théorie, d’avoir à remettre du basalte dans les sols, mais que l’on en est arrivé là à cause de la destruction des équilibres naturels. Le basalte devient donc, dans cette vision, un outil de réhabilitation et de réinformation des sols.