Poulailler mobile en Agroforesterie
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🐓Échange Live pour répondre à toutes vos questions concernant le poulailler mobile, avec Opaline Lysiak, formatrice en Agroecologie, Théo Perzo, Maryon Cantrel et Quentin Marot Ducaen, étudiants de l’Ecole d’Agroecologie Voyageuse ayant réalisé un Tour de France des Poulaillers Mobiles Agroforestiers.
Pour plus d'informations :
- Poulailler mobile en agroforesterie - Ver de terre production.
- La volaille agroforestière : concevoir et réussir son projet - Ver de terre production.
Introduction
Cette vidéo prend la forme d’un échange en direct autour des poulaillers mobiles en agroforesterie. Opaline Lysiak y présente le sujet avec trois étudiants de l’École d’agroécologie voyageuse : Théo Perzo, Maryon Cantrel et Quentin Marot Ducaen. Tous quatre expliquent leur intérêt pour cette thématique, partagent des premiers retours de terrain, puis répondent à de nombreuses questions pratiques, techniques, économiques et réglementaires.
L’objectif du live est double : ouvrir un espace de discussion accessible à toutes et tous sur les poulaillers mobiles agroforestiers, puis présenter une formation dédiée au sujet.
Présentation des intervenants
Opaline Lysiak se présente comme passionnée par les poules, les poulaillers mobiles et l’agroforesterie. Elle est cofondatrice de l’École d’agroécologie voyageuse.
Elle est accompagnée de trois étudiants de l’école : Théo Perzo, Maryon Cantrel et Quentin Marot Ducaen. Ils expliquent qu’ils ont choisi de travailler sur cette thématique dans le cadre de leur année à l’école. Tous trois sont par ailleurs élèves en école d’ingénieurs agronomes et ont décidé de faire une césure pour vivre cette aventure.
Au cours de l’année, ils ont mené une enquête en France sur les systèmes de poulaillers mobiles. Ils ont visité environ une douzaine d’exploitations, en restant entre un et deux jours sur place à chaque fois. Leur objectif était de recueillir un maximum d’informations grâce à un questionnaire et à l’observation directe du fonctionnement des systèmes. Les fermes visitées allaient de petits ateliers d’une cinquantaine de poules jusqu’à des systèmes d’environ 1500 poules pondeuses. Cela leur a permis d’aborder des aspects techniques, économiques et pratiques très variés.
Ils mentionnent également avoir partagé leurs aventures sur une page Facebook appelée L’École buissonnière, qui retrace leur tour de France et d’autres projets autour de l’agroécologie.
Objectif du live
Opaline précise que l’objectif principal de ce live est de répondre aux questions du public sur les poulaillers mobiles agroforestiers. Il ne s’agit pas d’une présentation descendante avec des diapositives, mais plutôt d’un échange ouvert, dans la bienveillance, où il n’y a pas de « mauvaises questions ».
Elle annonce aussi qu’en fin de direct, vers 19 h 50, elle présentera le programme d’une formation sur les poulaillers mobiles agroforestiers, comprenant une partie en ligne et une partie en présentiel.
Définition d’un poulailler mobile agroforestier
Opaline propose une définition de travail du poulailler mobile agroforestier, en rappelant qu’il s’agit d’un système encore très innovant, sans définition réellement stabilisée dans les dictionnaires ni même dans les usages agricoles.
Pour elle, un poulailler mobile agroforestier est :
- un poulailler déplacé régulièrement, tous les 3 à 15 jours, voire parfois tous les jours ;
- un système qui permet aux poules d’accéder très régulièrement à une prairie nouvelle ;
- un outil favorisant la régénération des sols ;
- un élevage dans lequel les arbres jouent un rôle essentiel.
Elle insiste sur le fait que la poule est un animal dont l’ancêtre vient de la jungle. Une poule sans arbres est donc une poule privée d’un environnement qui lui correspond pleinement. Les arbres lui offrent :
- un abri contre les prédateurs ;
- de l’ombre, indispensable car la poule apprécie les zones ombragées ;
- des supports de perchage ;
- une source potentielle de nourriture, à travers les fruits, les baies, et parfois même certaines feuilles.
L’agroforesterie n’est donc pas ici un simple décor ou un complément esthétique, mais une composante fonctionnelle du système.
Une approche fondée sur l’expérimentation
Les intervenants soulignent à plusieurs reprises qu’il n’existe pas de réponse toute faite. Le sujet est en construction, très lié à l’agroécologie, donc au contexte de chaque ferme, au climat, aux objectifs de production, aux espèces végétales présentes, aux infrastructures et au savoir-faire de l’éleveur.
Ils rappellent que beaucoup d’éléments s’apprennent par l’expérience et par les échanges entre praticiens. Le live s’inscrit dans cette dynamique de co-apprentissage.
Peut-on nourrir les poules uniquement avec la prairie ?
À la question de savoir s’il est possible de laisser les poules seulement dans la prairie sans apport d’aliment, Opaline répond que la question doit être précisée. En effet, « nourrir par la prairie » peut inclure l’accès à l’herbe, aux insectes, aux vers, aux fruits ou à d’autres ressources du milieu.
Elle rappelle que les poules pondeuses actuelles sont issues de systèmes où elles sont nourries principalement avec des céréales et des aliments formulés pour soutenir une ponte élevée, de l’ordre d’un œuf par jour pour certaines souches. Si on supprime ces apports, il faut s’attendre à une baisse importante de la production, potentiellement à quelques œufs par semaine seulement selon les cas.
Elle invite donc à raisonner économiquement : il faut comparer l’économie réalisée sur l’alimentation avec la baisse de production.
Elle souligne aussi que l’alimentation autonome suppose de penser un parcours riche et diversifié : insectes, vers de terre, herbe, graines de graminées déjà formées, sarrasin, pois, etc. Il faut donc aménager le milieu pour rendre accessibles ces ressources aux poules.
Théo ajoute qu’une fois qu’une poule a été habituée à un type d’alimentation, il peut être difficile de la faire changer. Même chez des éleveurs qui produisent eux-mêmes une partie de leurs grains, la transition peut être compliquée. Une ration équilibrée reste aujourd’hui la première source de dépense économique dans un atelier de poules pondeuses, mais aussi la base de la productivité.
Cohabitation avec les moutons
À propos de la cohabitation entre poules et moutons, les intervenants citent l’exemple de Christophe Bitaud en Ille-et-Vilaine, qui a contribué à la réintroduction et à la conservation de la poule noire de Janzé, race bretonne.
Dans ses vergers, il associe moutons et poules. Les poules se nourrissent de certains parasites ou ravageurs présents dans le milieu, ce qui permet une cohabitation intéressante.
Ils expliquent également que faire passer les moutons avant les poules présente un intérêt agronomique : les moutons rasent l’herbe, ce qui facilite ensuite les déplacements des poules dans la prairie. Une herbe trop haute gêne leur circulation et leur capacité à repérer les insectes au sol. Une fois l’herbe courte, les poules peuvent mieux trouver certains ravageurs tombés des arbres, comme des insectes problématiques en verger. Cela constitue en plus une source de protéines pour elles.
Cette succession entre ruminants et volailles est présentée comme particulièrement pertinente en agroécologie.
Poules et grandes cultures
À la question de l’utilisation des poules en grandes cultures, les intervenants expliquent que les poules ne gèrent pas l’herbe comme le feraient d’autres animaux. Elles sélectionnent surtout les graines, les insectes et certains éléments qu’elles préfèrent consommer.
L’usage le plus courant en grandes cultures semble être l’introduction des poules après la moisson, sur les chaumes de blé ou d’orge par exemple. Elles peuvent alors profiter des grains non récoltés et des résidus laissés après passage de la moissonneuse.
En revanche, l’idée de les utiliser pour gérer directement l’enherbement d’une culture en place paraît plus complexe. Les intervenants demandent d’ailleurs que la question soit précisée entre gestion de l’herbe et gestion des adventices.
Ils mentionnent aussi qu’une poule peut consommer jusqu’à environ 40 g d’herbe par jour, en plus d’environ 125 g de grains ou d’aliment selon les systèmes.
Réglementation et surfaces
La question réglementaire revient comme un point central et encore très problématique. Les intervenants expliquent que les cahiers des charges, notamment en agriculture biologique, ne sont pas bien adaptés aux poulaillers mobiles.
Ils rappellent qu’en bio, il existe une surface réglementaire par poule, mais que ces références ont été pensées pour des bâtiments fixes. Or, dans un poulailler mobile, les poules ne font souvent que dormir et pondre dans l’abri ; elles passent le reste du temps dehors. De ce fait, les besoins d’espace intérieur ne sont pas forcément comparables à ceux d’un système fixe.
Selon eux, il y a aujourd’hui un vrai besoin de faire évoluer la réglementation. Les retours de terrain montrent que les contrôles peuvent se jouer au cas par cas, selon les organismes certificateurs et parfois même selon l’interprétation de la personne qui vient contrôler.
Le problème de fond est que de petits ateliers mobiles peuvent être soumis à des exigences proches de celles imposées à des structures beaucoup plus grosses et plus standardisées, ce qui freine leur développement.
Que faire des poules après 18 mois ?
Les intervenants expliquent qu’il existe plusieurs manières de valoriser les poules après la baisse du taux de ponte, souvent observée autour de 18 mois.
Dans certaines fermes, les poules sont vendues à des particuliers comme poules de réforme. Dans d’autres cas, elles partent dans des circuits plus classiques.
Ils évoquent aussi des initiatives comme Poulehouse, qui proposent de garder les poules jusqu’à la fin de leur vie tout en commercialisant leurs œufs à un prix plus élevé pour compenser la baisse de ponte. Ils soulignent que, même si cela peut sembler surprenant, il existe une demande croissante pour des œufs perçus comme plus éthiques.
Le choix dépend toutefois fortement de la taille de l’atelier. Vendre quelques dizaines ou centaines de poules à des particuliers peut être envisageable, mais cela devient logistiquement beaucoup plus complexe dès qu’on travaille avec plusieurs centaines de têtes.
Quelles races de poules pour un système mobile ?
Les intervenants expliquent qu’il n’existe pas une seule race idéale : tout dépend de la valorisation visée et du système mis en place.
Ils ont souvent observé des poules de type ISA Brown, choisies notamment pour leur fort taux de ponte. Cela permet de mieux valoriser économiquement la production d’œufs. Mais cette race a aussi ses limites dans des systèmes mobiles ou agroforestiers.
Ils rapportent par exemple que certaines lignées ont été sélectionnées pour être peu aventureuses, donc pour des systèmes où la poule dépense peu d’énergie. Dans un système mobile, où l’on attend d’elle qu’elle explore le parcours et valorise davantage son environnement, cela peut poser question. Il faut parfois les réhabituer à sortir et à se déplacer.
Ils mentionnent aussi le cas d’un éleveur australien ayant choisi des races plus rustiques, moins sensibles au stress climatique et moins agressives entre elles lors de fortes chaleurs ou d’autres sources de stress.
L’idée d’un travail génétique à poursuivre est évoquée, afin de mieux adapter les poules aux systèmes agroforestiers mobiles. Des races plus rustiques pourraient être pertinentes, notamment si l’intérêt agronomique du système compense une éventuelle baisse de ponte.
Surface de prairie nécessaire
Les intervenants rappellent que la surface nécessaire dépend de nombreux facteurs :
- la saison ;
- la vitesse de pousse de l’herbe ;
- le nombre de poules ;
- la fréquence de déplacement ;
- le type de prairie ;
- la présence ou non d’autres animaux avant les poules.
Ils citent l’exemple d’éleveurs qui prévoient environ 1000 m² pour 250 poules pendant 3 à 4 jours, mais insistent sur le fait que ce n’est pas une règle universelle.
Au printemps et en automne, la prairie pousse davantage qu’en été ou en hiver. Il faut donc raisonner sur l’année entière et faire des tests dans son propre contexte. Opaline indique qu’en Sologne, sur un petit système expérimental d’une dizaine de poules, elle a constaté qu’elle pouvait revenir au même endroit au bout d’un mois.
Ils précisent aussi que les poules ne pâturent pas comme des vaches. Si elles sont seules sur la prairie, il y a de fortes chances qu’il faille faucher à certains moments, avant ou après leur passage. La question de la gestion de l’herbe fait donc pleinement partie du système.
Poules après les bovins : intérêt et limites
À une question sur le passage des poules après les vaches, les intervenants soulignent d’abord l’intérêt agronomique de cette pratique. Le pâturage tournant dynamique crée un vide sanitaire naturel : soleil, gel, neige et temps de repos contribuent à limiter certains parasites.
Faire passer les poules après les bovins permet aussi de mieux répartir la fertilité et de valoriser les larves présentes dans les bouses. Des références étrangères sont citées, notamment Joel Salatin et Justin Rhodes, ainsi que l’éleveur suédois Richard Perkins, qui fait passer ses poules après les vaches pour qu’elles consomment les larves et réduisent le parasitisme.
Cependant, il est rappelé qu’en France cette pratique se heurte à des contraintes réglementaires et sanitaires, et qu’elle semble interdite dans certains cas. Les intervenants en concluent qu’il existe là encore un important travail à mener pour faire évoluer le cadre réglementaire.
Nettoyage des poulaillers mobiles et lutte contre les poux rouges
Sur la question du vide sanitaire, difficile à mettre en œuvre avec un poulailler mobile utilisé en continu, plusieurs pratiques sont évoquées.
Pour le nettoyage, certains utilisent le karcher ou d’autres méthodes selon les matériaux et les modèles de poulailler.
Concernant les poux rouges, les intervenants rappellent qu’ils se cachent souvent dans le bois. Il peut donc être utile d’éviter certains aménagements trop favorables à leur installation, notamment sur les perchoirs.
Ils mentionnent aussi l’usage de la cendre et surtout une solution de lutte biologique commercialisée en France sous le nom d’Androlis, qui repose sur des acariens prédateurs des poux rouges. D’après les retours cités, cette méthode serait très efficace.
Poules et cultures : pucerons et risques
À la remarque selon laquelle les poules pourraient se nourrir de pucerons, les intervenants répondent que c’est possible, mais que cela reste un sujet délicat. Les poules ne font pas le tri de manière fine et peuvent aussi endommager les cultures. Il y a donc un risque à les introduire directement dans certaines productions végétales.
Poules après les chèvres
L’idée de faire passer les poules après les chèvres est évoquée comme potentiellement intéressante, sur le même principe qu’après les bovins ou les moutons. Toutefois, les intervenants reconnaissent ne pas maîtriser complètement les aspects réglementaires liés au mélange ou à la succession de différents élevages, notamment sur le plan sanitaire.
Une réglementation à faire évoluer
À ce stade de l’échange, les intervenants reviennent plus largement sur la nécessité de faire évoluer la législation concernant les poulaillers mobiles.
Ils expliquent que les petits ateliers mobiles sont souvent soumis à des normes conçues pour des élevages beaucoup plus grands : sas sanitaire, salle de tri, calibrage, mirage, équipements divers. Cette situation est jugée peu cohérente avec la réalité de systèmes de 150 ou 250 poules.
Ils évoquent alors la création de l’Association française des poulaillers mobiles, portée notamment par Maxime Mercier et d’autres acteurs du sujet. L’objectif de cette association est de fédérer, de donner plus de poids aux agriculteurs concernés, et de travailler à l’évolution de la réglementation ainsi qu’à la reconnaissance de la qualité des œufs issus de ces systèmes.
Qualité nutritionnelle et gustative des œufs
Les intervenants indiquent que des travaux et comparaisons existent déjà, notamment chez Richard Perkins et Joel Salatin, montrant des différences importantes de qualité nutritionnelle entre des œufs issus de systèmes agroforestiers ou très pâturés et des œufs plus standards.
Ils évoquent notamment :
- une couleur du jaune plus orangée ;
- une meilleure tenue du blanc ;
- des teneurs plus intéressantes sur certains plans nutritionnels, notamment en oméga-3.
Ils insistent aussi sur les retours très positifs des consommateurs. Dans quasiment toutes les fermes visitées, les clients seraient particulièrement satisfaits de la qualité des œufs et reviendraient en raison de leur goût et de leur texture.
Les œufs issus de poulaillers mobiles agroforestiers sont donc présentés comme un très bon produit, à la fois apprécié gustativement et potentiellement plus intéressant sur le plan nutritionnel.
Valoriser les fientes avec un atelier de maraîchage
À propos de la valorisation des fientes de poules dans un système maraîcher, plusieurs pistes sont évoquées.
Il est d’abord possible de récupérer les fientes si le poulailler est conçu pour cela, par exemple avec certains aménagements intérieurs ou des caillebotis. Ensuite, il faut penser à leur séchage ou à leur compostage avant utilisation.
Une fois stabilisées, les fientes peuvent être utilisées comme amendement ou fertilisant, notamment lors de l’implantation des cultures ou en épandage préalable.
Les intervenants citent aussi l’exemple de fermes, comme les Gardens Girls, qui mettent les poules dans les serres en hiver. Cela permet à la fois de mieux protéger les animaux du froid et de fertiliser les tunnels avant l’installation des cultures. Ils précisent toutefois que les effets détaillés sur les légumes eux-mêmes demanderaient sans doute encore du recul et de la documentation.
Ils soulignent en revanche qu’un impact très net a été observé sur les prairies : après le passage du poulailler, l’herbe apparaît souvent plus verte et plus haute.
Enquête de terrain et partage des connaissances
À la question de savoir si un écrit existe à partir de l’enquête menée dans les fermes, les intervenants répondent qu’ils ont effectivement collecté de nombreuses données : aspects économiques, techniques, photographies, retours d’expérience.
Ces éléments sont utilisés pour préparer la formation et nourrir une réflexion plus large. Ils précisent aussi que les fermes ayant contribué à cette enquête auront accès aux résultats. Une diffusion plus large est envisagée, notamment via la formation, l’association ou d’autres supports.
Opaline ajoute qu’elle est en train d’écrire un livre sur le sujet, à partir de ces retours d’expérience, sans encore savoir exactement quelle forme prendra sa diffusion.
Ils insistent sur l’importance du partage des connaissances en agroécologie et remercient les agriculteurs pionniers qui prennent du temps pour transmettre leurs expériences.
Peut-on nourrir les poules avec des déchets organiques de restaurants bio ?
Les intervenants répondent que cela est possible comme complément, et que certains le font déjà. Cela permet de valoriser des déchets organiques.
Cependant, ils rappellent que ce n’est pas une solution suffisante pour maintenir une ponte constante et une ration parfaitement équilibrée dans un atelier économique de production d’œufs. La récupération de déchets peut être variable dans le temps et ne couvre pas forcément l’ensemble des besoins nutritionnels des poules.
Comment élever des poules en étant absent la semaine ?
À cette question, Opaline répond qu’il n’existe pas de solution parfaite. Elle évoque néanmoins plusieurs pistes.
La première est l’organisation collective. Si l’on souhaite garder une certaine liberté tout en élevant des animaux, le collectif permet de répartir la présence humaine et la charge de travail.
Des systèmes d’ouverture et de fermeture automatiques des trappes existent aussi et peuvent améliorer le confort de vie de l’éleveur, notamment en été quand il fait jour très tôt. Mais ils ne remplacent pas la présence auprès des animaux. Il faut continuer à observer les poules, les nourrir, ramasser les œufs et surveiller leur état de santé.
Les intervenants ajoutent que l’atelier poules mobiles peut être relativement facile à transmettre temporairement à un voisin ou à une autre personne, à condition que le système soit bien pensé. Cela peut permettre de s’absenter ponctuellement, mais ne remplace pas l’expérience d’un suivi régulier.
Difficultés principales dans un système de poulailler mobile
À la question sur les facteurs les plus difficiles à gérer, Opaline répond que le démarrage est souvent le plus délicat. Comme dans beaucoup de projets, les erreurs de débutant existent.
Elle cite notamment la gestion des clôtures et de l’électricité. Si les poules apprennent à sortir de leur parc, l’information circule vite dans le groupe et il devient très chronophage de les rattraper tous les jours.
Elle rappelle aussi qu’il faut être rigoureux sur l’alimentation et sur le respect des conditions de vie des poules pour maintenir la ponte et la bonne santé des animaux. Malgré leur apparente simplicité, les poules restent des animaux relativement fragiles.
La formation sur les poulaillers mobiles agroforestiers
En fin de live, Opaline présente la formation organisée par Ver de Terre Production sur les poulaillers mobiles agroforestiers.
Cette formation comprend :
- une partie à distance, sous forme de webinaire ;
- une partie en présentiel, sur un jour et demi.
Elle a pour objectif de donner aux participants les clés pour penser leur propre projet de poulailler mobile agroforestier.
La formation sera coanimée par :
- Opaline Lysiak ;
- Maxime Mercier ;
- Théo Perzo ;
- Maryon Cantrel ;
- Quentin Marot Ducaen.
Le webinaire du mois d’août doit poser les bases théoriques :
- pourquoi mettre en place un poulailler mobile ;
- comment le faire ;
- comment intégrer le pâturage tournant dynamique ;
- quels bénéfices en attendre ;
- quels éléments prendre en compte pour concevoir son projet.
La partie en présentiel comprendra notamment :
- un retour d’expérience issu de l’enquête nationale menée dans une dizaine de fermes ;
- la visite du poulailler mobile de la ferme des Champs Debré, où est notamment impliqué Maxime Mercier ;
- une dégustation d’œufs ;
- des ateliers de codéveloppement de projets en intelligence collective.
L’idée est d’aider les participants à avancer sur leurs propres problématiques en lien avec leur projet.
Conclusion
Ce live met en avant un sujet encore émergent mais riche de promesses : le poulailler mobile en agroforesterie. Les échanges montrent à la fois le potentiel agronomique, écologique, alimentaire et économique de ces systèmes, mais aussi les nombreuses questions encore ouvertes, en particulier sur les plans réglementaire, technique et organisationnel.
Les intervenants insistent sur la nécessité d’expérimenter, de documenter et de partager. Ils remercient les agriculteurs rencontrés lors de leur enquête, ainsi que les participants du live, et concluent sur une note enthousiaste : les poules sont un formidable sujet d’agroécologie, à condition de penser les systèmes avec soin, observation et plaisir.