Réussir ses couverts végétaux, Nicolas Courtois

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Nicolas Courtois, expert en agroécologie travaillant pour AgriGenève, présente les « 11 commandements » pour réussir ses couverts végétaux en agriculture de conservation. Fort de 15 ans d'essais agronomiques menés avec Martin Rollet et des agriculteurs partenaires, il démontre que la réussite repose sur des points techniques précis : une gestion rigoureuse des menus pailles lors de la récolte, le choix des espèces en fonction des objectifs agronomiques (biomasse, azote, structure), et l'importance d'un semis précoce, même en conditions séchantes. Il insiste particulièrement sur le semis à 5 cm de profondeur, une pratique contre-intuitive mais validée par ses essais pour favoriser une levée homogène et robuste. Nicolas aborde également la pertinence des mélanges complexes pour sécuriser les résultats face aux aléas climatiques et le pilotage de la destruction des couverts. Un guide pratique essentiel pour optimiser ses intercultures et améliorer durablement la structure et la fertilité des sols.

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Résumé
Dans cette vidéo, Nicolas Courtois, expert en agroécologie travaillant pour AgriGenève, présente les « 11 commandements » pour réussir ses couverts végétaux en agriculture de conservation. Fort de 15 ans d'essais agronomiques menés avec Martin Rollet et des agriculteurs partenaires, il démontre que la réussite repose sur des points techniques précis : une gestion rigoureuse des menus pailles lors de la récolte, le choix des espèces en fonction des objectifs agronomiques (biomasse, azote, structure), et l'importance d'un semis précoce, même en conditions séchantes. Il insiste particulièrement sur le semis à 5 cm de profondeur, une pratique contre-intuitive mais validée par ses essais pour favoriser une levée homogène et robuste. Nicolas aborde également la pertinence des mélanges complexes pour sécuriser les résultats face aux aléas climatiques et le pilotage de la destruction des couverts. Un guide pratique essentiel pour optimiser ses intercultures et améliorer durablement la structure et la fertilité des sols.

Webinaire gratuit avec Nicolas Courtois, agronome suisse, et animé par Martin Rollet, agronome au Centre National de l'Agroécologie, avec pour sujet l'optimisation des cultures en maraichage. Mise en ligne et diffusion dans le cadre du projet SOL Couvert financé par l'OFB / ECOPHYTO II+



Réussir ses couverts végétaux avec Nicolas Courtois

Cette présentation, animée par Martin Rollet du Centre national d’agroécologie avec Nicolas Courtois (AgriGenève), propose une approche technique et pragmatique pour garantir la réussite des couverts végétaux, basée sur 15 années d’expérimentations sur le canton de Genève et dans plusieurs régions de France.

Le contexte : passer de l’échec à la conservation des sols

Il y a 15 ans, le constat à Genève était celui d’une situation d’échec : des agriculteurs avaient arrêté le labour sans pour autant réussir la transition vers l’agriculture de conservation. Les problèmes étaient multiples : dégradation des sols, mauvaise gestion de l’interculture, prolifération de graminées adventices (vulpin) et tassement des sols (semelles de labour). L’objectif était donc de réintroduire de l’agronomie dans le système pour améliorer les taux de [[matière organique]] et la structure des sols, sans pour autant retourner au labour.

Les 11 commandements pour réussir ses couverts

Nicolas Courtois a synthétisé les facteurs clés de réussite en 11 commandements issus de ses essais pluriannuels :

  1. Gestion des menus pailles : Éviter les andains de menue paille au semis. Faucher haut (20-25 cm) pour limiter le volume de paille au sol si l’on utilise un semoir à disques, ou faucher à ras pour créer un mulch protecteur si l’on utilise un semoir à dents.
  2. Choix des espèces : Privilégier les légumineuses à grosses graines (vesce, gesse, pois fourrager) pour leur croissance rapide et leur capacité de fixation d’azote, tout en adaptant le choix à la durée de l’interculture (ex: pois pour 10-12 semaines, vesce pour des périodes plus longues).
  3. Gestion de la biomasse : Viser un objectif de 3 tonnes de matière sèche pour une efficacité optimale contre les adventices. Il est crucial d’atteindre ce seuil rapidement pour limiter la compétition.
  4. Mélanges d’espèces : Privilégier des mélanges d’au moins 5 plantes. Cela garantit une couverture du sol même si certaines espèces échouent en fonction des conditions de l’année.
  5. Semis précoce : Semer dès que possible après la récolte, idéalement au cul de la moissonneuse, même en conditions sèches. Les données montrent que chaque jour gagné en août équivaut à trois jours de croissance en octobre.
  6. Semis profond : Tester le semis à 5-6 cm plutôt qu’à 2 cm. Cela permet d’aller chercher l’humidité résiduelle, de s’éloigner des résidus de surface (allélopathie) et de favoriser une germination vigoureuse après les premières pluies.
  7. Roulage : Le roulage après semis favorise le contact terre-graine et peut augmenter la biomasse de 20 % en conditions estivales.
  8. Propreté au semis : Il faut que la parcelle soit propre avant d’implanter le couvert. Si des adventices (amarantes, chénopodes) sont déjà présentes, le couvert ne pourra pas les rattraper.
  9. Surveillance des limaces : Ne pas traiter en préventif, mais surveiller très rapidement après le semis. En cas d’attaque, la différence de survie entre le 7ème jour et le 14ème jour est majeure.
  10. Fertilisation : Privilégier l’investissement dans le budget semences (plus de légumineuses) plutôt que dans l’apport d’engrais minéral, ou épandre les effluents d’élevage sur un couvert déjà bien implanté.
  11. Destruction à pleine floraison : Stopper le couvert à pleine floraison pour éviter qu’il ne devienne ligneux, qu’il ne monte à graines ou qu’il ne consomme trop d’eau au printemps.

Stratégies de mélanges et “couvert relais”

Nicolas Courtois souligne l’importance d’utiliser des mélanges adaptés aux objectifs :

  • Mélange de base : Une base stable à 5 espèces (Niger, Phacélie, Radis chinois, Trèfle d’Alexandrie, Fenugrec) qui sert de fondation peu coûteuse (environ 25-50 €/ha).
  • Couvert relais : Une technique consistant à associer un couvert gélif (destruction rapide) à des plantes pérennes ou hivernantes (Seigle, Vesce velue, Trèfle incarnat) semées à 5 cm. Ce relais permet de maintenir une activité racinaire et une couverture du sol jusqu’au printemps, tout en évitant le salissement entre le gel et le semis de la culture suivante.

Conclusion et perspectives

La réussite des couverts repose sur une rigueur technique : ne pas hésiter à semer profond (5 cm) en été pour sécuriser la levée, privilégier la diversité par les mélanges, et rester vigilant sur la propreté de la parcelle. Nicolas encourage les agriculteurs à réaliser leurs propres essais sur des petites bandes de 6 mètres pour valider ces résultats dans leurs conditions pédoclimatiques spécifiques.