Systèmes herbagés innovants

De Triple Performance
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Dans cette vidéo sur les systèmes herbagés innovants, Thibaud Baudoin, éleveur installé en Mayenne depuis cinq ans, présente son exploitation en agriculture biologique fondée presque entièrement sur l’herbe. Sur 60 hectares, 50 sont en prairies multi-espèces pour nourrir les vaches, alimentées exclusivement au pâturage, avec du foin en complément lorsque l’herbe manque. Les 10 hectares restants sont consacrés à des cultures de vente, dont la paille est conservée pour l’hiver. Un second éleveur, Gérard Grenat, décrit un système laitier bio 100 % herbe, avec vêlages groupés de printemps et pâturage maximal. Le témoignage met en avant les atouts du pâturage tournant : autonomie, réduction des coûts alimentaires, peu d’intrants, moins de mécanisation et de bâtiments. L’herbe devient ainsi le levier central de la performance économique, technique et du temps de travail.

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Résumé
Dans cette vidéo sur les systèmes herbagés innovants, Thibaud Baudoin, éleveur installé en Mayenne depuis cinq ans, présente son exploitation en agriculture biologique fondée presque entièrement sur l’herbe. Sur 60 hectares, 50 sont en prairies multi-espèces pour nourrir les vaches, alimentées exclusivement au pâturage, avec du foin en complément lorsque l’herbe manque. Les 10 hectares restants sont consacrés à des cultures de vente, dont la paille est conservée pour l’hiver. Un second éleveur, Gérard Grenat, décrit un système laitier bio 100 % herbe, avec vêlages groupés de printemps et pâturage maximal. Le témoignage met en avant les atouts du pâturage tournant : autonomie, réduction des coûts alimentaires, peu d’intrants, moins de mécanisation et de bâtiments. L’herbe devient ainsi le levier central de la performance économique, technique et du temps de travail.

Le BTSA « Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise agricole » (ACSE) est une formation méthodologique au diagnostic de l’exploitation utilisant les outils de l’analyse technico-économique comptable ou de gestion.

Il s'agit de former des techniciens responsables ayant de bonnes connaissances en gestion, capables d'assurer dans l'entreprise des responsabilités tant au niveau de la conception que de celui de l'exécution.

La formation est organisée en modules, dont certains sont communs à tous les B.T.S.A., répartis dans le cadre d'un horaire hebdomadaire ou dans le cadre de journées ou de semaines thématiques.


Pur plus d'informations

http://campus-monod.fr/index.php




Présentation des exploitations

Thibaud Baudoin explique être installé en Mayenne depuis cinq ans. C’est au moment de son installation qu’il a mis en place un système herbager sur la ferme. Aujourd’hui, l’exploitation compte 60 hectares, dont 50 hectares en prairies multi-espèces, qui permettent de nourrir les vaches.

Les vaches sont alimentées exclusivement à l’herbe. Elles pâturent le plus souvent possible et, lorsque l’herbe vient à manquer, du foin est distribué en complément.

Les 10 hectares restants sont consacrés à des cultures de vente, sous forme de mélanges céréaliers ou de blé. Ces cultures sont vendues, tandis que la paille est conservée pour l’hiver pour les vaches.

Gérard Grenat présente de son côté une exploitation de 56 hectares en production laitière biologique, conduite selon un système tout herbe. Il précise qu’il n’y a absolument aucune culture. Les animaux sont en vêlages groupés de printemps et au pâturage au maximum.

La mise à l’herbe se fait début février pour une rentrée mi-décembre. Les trois quarts de la ration annuelle sont composés d’herbe pâturée. Les stocks proviennent de la fauche des excédents, conservés en foin ou en enrubannage. L’objectif de ce système est de réduire le temps de travail au maximum et d’améliorer l’efficacité économique.

Accompagnement et état d’esprit

Une intervenante, animatrice-formatrice à l’Adage 53 (association présente en Mayenne), explique que cette structure a été mise en place il y a une trentaine d’années.

Elle insiste sur le fait que les agriculteurs qui ont mis en place ces systèmes croient en ce qu’ils font. Ils sont aussi dans une démarche de recherche permanente, en allant chercher des informations à droite et à gauche et en échangeant avec d’autres agriculteurs. Ils sont très attachés à leur autonomie de décision.

Un système herbager pour des raisons de choix et de cohérence

L’un des éleveurs explique qu’il a mis en place un système herbager en agriculture biologique lors de son installation, il y a cinq ans, d’abord par goût.

Il précise qu’il préfère voir les vaches pâturer plutôt que de les voir manger de l’ensilage de maïs. Il dit également préférer conduire les vaches au pâturage plutôt que de passer du temps en tracteur pour récolter du maïs.

Le pâturage permet selon lui de minimiser les besoins de stocks, de maîtriser les coûts alimentaires et de réduire tous les coûts liés à la présence des animaux dans les bâtiments :

  • le paillage ;
  • la distribution du fourrage ;
  • le curage ;
  • l’épandage du fumier.

Plus les animaux sont au pâturage, plus ce sont eux qui réalisent en quelque sorte ces travaux, en récoltant eux-mêmes l’herbe et en déposant directement leurs déjections au champ.

Des charges réduites et des bâtiments simplifiés

Le système permet d’atteindre un coût alimentaire global inférieur à 20 euros pour 1 000 litres de lait.

Les éleveurs mettent en avant plusieurs leviers de réduction des charges :

  • peu ou pas d’intrants ;
  • pas d’engrais ;
  • pas de pesticides ;
  • moins de charges de mécanisation ;
  • moins de consommation de fuel ;
  • moins de charges de bâtiment.

L’un d’eux précise que les vaches ne passent qu’environ deux mois par an à l’intérieur, ce qui permet d’avoir des bâtiments beaucoup moins sophistiqués que dans un système où elles seraient logées pendant une grande partie de l’année.

Une production laitière volontairement calée sur l’herbe

Un des intervenants, aujourd’hui retraité depuis trois ans, indique que les vaches sont traites une seule fois par jour. Elles produisent en moyenne 3 500 litres de lait par an, ce qui représente une production globale d’environ 175 000 litres de lait sur la ferme.

L’objectif du système est clairement de caler la production laitière sur la pousse de l’herbe afin de profiter au maximum du faible coût de cette ressource.

La gestion du pâturage

La gestion de l’herbe repose sur un pâturage tournant. Le parcellaire a été découpé en petits paddocks.

Pour les vaches laitières, il est question de 42 paddocks sur 37 hectares, avec des paddocks d’environ 80 à 90 ares. Les blocs changent chaque jour.

Dans un autre exemple présenté, les 50 hectares en herbe ont été divisés en environ 50 paddocks d’un hectare. Le troupeau tourne sur chaque paddock l’un après l’autre, en y restant selon la saison entre deux et quatre jours.

Chaque jour, les animaux sont placés dans un nouveau paddock contenant exactement la quantité d’herbe nécessaire pour 24 heures.

Mesurer l’herbe pour piloter le système

Pour savoir comment effectuer les changements de paddock et dans quel sens faire tourner le troupeau, les éleveurs peuvent utiliser un herbomètre. Cet appareil permet, à partir de plusieurs points de mesure dans la parcelle, d’estimer la quantité d’herbe disponible.

Cette mesure permet d’ajuster finement le pâturage et d’apporter aux animaux la juste quantité d’herbe dont ils ont besoin.

Les intérêts du pâturage tournant

Le principal avantage du pâturage tournant est qu’il permet à l’herbe de repousser entre deux passages des animaux, ce qui optimise la productivité de la prairie.

Selon les années, ce mode de conduite permet de produire entre 6 et 8 tonnes de matière sèche d’herbe par hectare.

Au printemps, seule la moitié des paddocks est utilisée pour le pâturage. L’autre moitié est mise de côté pour la fauche des excédents. Ensuite, en été, tous les paddocks qui ont été fauchés au printemps sont réintégrés dans le circuit de pâturage, car à cette période la pousse de l’herbe ralentit.

Une logique d’autonomie et de maîtrise

Le système herbager est présenté comme un moyen pour l’agriculteur de maîtriser ce qui se passe chez lui. L’idée mise en avant est qu’un agriculteur qui maîtrise son système garde sa capacité de décision, alors qu’à l’inverse, dans d’autres logiques, il peut devenir davantage un simple exécutant de prescriptions techniques.

Le pâturage, lorsqu’il est pratiqué en quantité importante, est décrit comme quelque chose d’imbattable en termes de coûts. L’image employée dans la vidéo est celle d’un système où la vache remplace une partie du matériel : elle a « la barre de coupe à l’avant et l’épandeur à l’arrière ». Cela résume l’idée qu’au pâturage, l’animal récolte lui-même son alimentation et restitue directement les éléments fertilisants sur la prairie.

Idée générale du système herbager

À travers les témoignages, le système herbager innovant apparaît comme un système fondé sur :

  • la valorisation maximale de l’herbe pâturée ;
  • la réduction des coûts de production ;
  • la limitation des intrants ;
  • l’autonomie de l’éleveur ;
  • la simplification du travail et des bâtiments ;
  • l’adaptation de la production animale au fonctionnement naturel des prairies.

L’innovation ne repose pas ici sur davantage de technologies ou d’intrants, mais sur une organisation fine du pâturage, une bonne connaissance de la pousse de l’herbe et une forte cohérence entre le troupeau, le calendrier de production et les ressources de la ferme.