Visite Jardin des Peltier : Présentation générale (2/6)

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Dans cette visite du Jardin des Peltier, l’intervenant présente les grands résultats observés sur leurs sols vivants et leurs techniques de culture paillée. Il souligne d’abord une très faible pression des maladies cryptogamiques, comme le mildiou ou la septoriose, grâce à une fertilité élevée, une bonne réserve utile et des sols biologiquement actifs. En revanche, la pression des ravageurs reste proche de celle observée chez les collègues en bio classique, même si certains outils, comme les filets ou le Ferramol, permettent de bien les gérer. La vidéo détaille aussi les itinéraires techniques mis en place : paillage épais, relevage ou broyage de la paille, plantation mécanisée, semis en ligne ou en planche, gestion des serres et du BRF. L’objectif affiché est clair : aller vers un système très productif, largement mécanisé, économe en eau, et fondé sur la fertilité durable des sols.

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Résumé
Dans cette visite du Jardin des Peltier, l’intervenant présente les grands résultats observés sur leurs sols vivants et leurs techniques de culture paillée. Il souligne d’abord une très faible pression des maladies cryptogamiques, comme le mildiou ou la septoriose, grâce à une fertilité élevée, une bonne réserve utile et des sols biologiquement actifs. En revanche, la pression des ravageurs reste proche de celle observée chez les collègues en bio classique, même si certains outils, comme les filets ou le Ferramol, permettent de bien les gérer. La vidéo détaille aussi les itinéraires techniques mis en place : paillage épais, relevage ou broyage de la paille, plantation mécanisée, semis en ligne ou en planche, gestion des serres et du BRF. L’objectif affiché est clair : aller vers un système très productif, largement mécanisé, économe en eau, et fondé sur la fertilité durable des sols.


Gestion des maladies et des ravageurs

Globalement, il est expliqué que la fertilité des sols et une réserve utile importante limitent énormément les maladies. Dans ce contexte, « tout se passe beaucoup mieux » : les cultures subissent très peu de pression sanitaire par rapport à d’autres exploitations.

Lors de leur installation, les intervenants faisaient des visites d’exploitations chez des collègues. Ils se sont alors rendu compte que certains connaissaient le nom de nombreuses maladies, dont eux-mêmes ignoraient parfois jusqu’à l’existence. En comparant avec des collègues en bio plus classique, ils ont observé chez eux une pression très faible des maladies.

Il reste néanmoins quelques problèmes, notamment :

  • le  ;
  • la septoriose sur le céleri.

L’exemple donné est celui du céleri-rave. Chez les collègues, la septoriose était présente depuis longtemps, alors que sur cette ferme elle n’est arrivée que très tardivement, environ trois semaines avant l’observation. L’arrivée a été assez foudroyante, mais les céleris avaient déjà accompli leur cycle de développement : ils étaient bien développés, très gros et commercialisables. Cela illustre le fait que, même quand une maladie apparaît, elle intervient suffisamment tard pour ne pas remettre en cause la culture.

L’intervenant revient alors sur l’idée de « sol vivant ». Il précise que la gestion des maladies peut aussi passer par une fertilité équilibrée, même s’il reconnaît ne pas avoir encore toute l’expertise sur ce sujet. Ce qui lui paraît clair, c’est que les maladies cryptogamiques sont très liées à la fertilité du sol, et que lorsque les sols présentent une bonne fertilité, la plupart de ces maladies disparaissent ou deviennent peu problématiques. Il cite en revanche d’autres problèmes, comme certains champignons ou virus, sur lesquels la situation peut être différente.

Sur ce point, le bilan est donc très positif : les résultats sont jugés très bons pour les maladies.

En revanche, pour les ravageurs, le constat est différent. Par rapport aux collègues en bio traditionnel, la pression est décrite comme quasiment identique. Cela concerne notamment :

Autrement dit, l’amélioration observée sur les maladies ne se retrouve pas vraiment sur les ravageurs. Toutefois, cela n’est pas présenté comme un problème majeur, car l’agriculture biologique dispose déjà de nombreux outils pour les gérer :

  • des granulés anti-limaces au phosphate ferrique ;
  • les différents types de filets pour les mouches et autres insectes.

Ces outils, bien utilisés, sont jugés très efficaces.

Un point particulier est souligné concernant les altises. Sur ce ravageur, la baisse de pression est très forte dès qu’il y a un paillage. L’intervenant insiste sur le fait que le paillage est « totalement efficace » contre les altises. L’exemple donné est celui des  : un essai a été fait sur sol nu, alors qu’habituellement ils sont semés sur paillage, menues pailles, compost ou matières organiques mortes. Cette fois-là, les radis semés à nu ont été fortement attaqués par les altises. À l’inverse, la couverture végétale morte apparaît comme extrêmement efficace. L’intervenant précise qu’il ne sait pas exactement pourquoi, mais affirme l’avoir constaté de façon très nette.

Objectif de mécanisation

Un des grands objectifs de la ferme est d’aller vers une mécanisation maximale, voire une mécanisation complète de certains itinéraires.

À ce stade, plusieurs avancées ont déjà été obtenues :

  • les paillages ont été mécanisés ;
  • tout ce qui se repique sur paillage a aussi été mécanisé.

Désormais, les principaux chantiers restant à améliorer sont :

  • le semis, en particulier le semis en ligne ;
  • les récoltes.

La question des récoltes les intéresse finalement moins, car l’exploitation reste de petite dimension et les récoltes sont encore faites à la main. En revanche, le semis constitue un vrai enjeu, car la technique employée actuellement est très longue et peu pratique. C’est donc l’un des axes de travail prioritaires.

État des sols et matières organiques

L’intervenant montre ensuite les sols en insistant sur leur aspect. Il évoque notamment les matières organiques ligneuses :

  • BRF ;
  • feuilles ;
  • autres matières compostées.

Ces apports permettent de former une matière organique stable. Visuellement, plusieurs éléments sont mis en avant :

  • une porosité très importante ;
  • beaucoup de vers de terre ;
  • un sol non compacté ;
  • un sol fertile.

Il précise aussi que lorsque de l’anaérobie apparaît dans leurs sols, ceux-ci deviennent gris. Ici, au contraire, l’observation visuelle confirme un bon fonctionnement du sol.

Mise en place d’un paillage sur couvert

L’itinéraire décrit correspond à une situation où il y avait eu un couvert pendant l’hiver. Au printemps, en sortie d’hiver, vers le mois de mars, un paillage assez épais a été posé, de l’ordre de 5 à 10 cm de paille, sur un couvert constitué principalement de graminées sauvages spontanées.

Pour gérer ce couvert sous le paillage, ils passent plusieurs fois un outil de type faneur. Son effet est de relever la paille et d’enfouir ou d’écraser les mauvaises herbes dessous. Après le paillage, ils observent la parcelle, puis, dès que des feuilles recommencent à refaire de la végétation, ils repassent l’outil. Comme le paillage est apporté au printemps, les plantes sont en pleine dynamique végétative et sont donc moins faciles à détruire. Le faneur permet de reprendre la paille, de la remettre par-dessus, et de défolier ce qui dépasse.

Un problème a été rencontré ici : ils avaient voulu partir sur des planches plates, mais cela ne permettait pas de bien voir où passaient les planches. L’intervenant en conclut qu’il faut des planches permanentes, sinon on ne distingue plus correctement les rangs et les passages d’outils.

Ils font donc deux à trois passages de faneur à 10 ou 15 jours d’intervalle. Il précise qu’on peut aussi obtenir un effet comparable avec un broyeur à axe horizontal, en le faisant tourner lentement, ce qui permet un relevage du paillage.

L’aérofaneur utilisé est présenté comme particulièrement pratique, car il est conçu pour le foin et n’abîme pas trop la paille. Il est donc bien adapté à cet usage.

Si la paille est mouillée, cela ne pose pas de problème particulier.

L’effet de ce travail est de détruire toutes les annuelles et une bonne partie des vivaces les moins coriaces. En revanche, restent des plantes comme :

Celles-ci nécessitent une gestion en amont spécifique. Malgré cela, l’outil de paillage et de relevage du paillage est jugé efficace à 100 % sur les annuelles et sur une bonne partie des vivaces.

Affinage du paillage avant plantation

Après environ un mois de paillage, il faut vérifier si la paille est suffisamment affinée. Chaque passage d’outil casse un peu les brins.

Si la paille est assez fine, on peut passer directement avec la planteuse. Si les brins sont encore trop longs, on passe alors non plus avec le faneur, mais avec le broyeur, utilisé de manière à hacher les brins et à réduire leur longueur. Plus les brins sont courts, moins il y a de risques de bourrage à la plantation.

Le broyeur utilisé est un broyeur Nicolas à axe horizontal. L’intervenant ne s’attarde pas sur les détails de couteaux ou de réglages, mais insiste surtout sur l’efficacité pratique de l’outil.

Il est rappelé que, lorsqu’on broie, il faut travailler le plus ras possible afin de couper au maximum au niveau du collet des plantes. Cela améliore nettement l’efficacité de destruction. Si on mange un peu de terre, cela use les dents ou le matériel, mais cela permet aussi de mieux atteindre les collets. C’est pourquoi il faut un outil avec rouleau ou réglage fin de hauteur pour suivre précisément le profil du sol sans trop entamer la terre.

Sur leur faneur, ils ont d’ailleurs installé un rouleau arrière pour permettre ce suivi du sol.

Quand l’itinéraire est bien conduit, avec une densité de paille suffisante et sans trop de vivaces problématiques, le désherbage ultérieur devient presque inutile : il ne reste quasiment rien à reprendre, éventuellement un ou deux adventices au mètre carré.

Ici, l’exemple présenté est jugé imparfait, car la densité de paille n’était pas suffisante et les planches n’étaient pas encore bien pensées. Ils envisagent donc de refaire des planches permanentes pour mieux guider les outils, d’autant qu’ils ne disposent pas de GPS.

Gestion des planches permanentes et des passe-pieds

L’intervenant développe ensuite un point important : la gestion des passe-pieds dans les planches permanentes.

Le problème est que la paille placée sur les passe-pieds a tendance à tomber au fond de ceux-ci. Les bords des planches se dénudent alors et l’herbe peut revenir. Il faut donc mettre suffisamment de paille pour que les passe-pieds soient remplis, tout en évitant qu’ils soient trop profonds. Si les passe-pieds sont trop creux, la paille y tombe, y disparaît rapidement, et la surface cultivée se retrouve dégarnie.

Après plusieurs années d’essais, ils estiment avoir trouvé un compromis :

  • des passe-pieds assez marqués pour voir les planches ;
  • mais pas trop profonds pour éviter la disparition du paillage.

Ils ont longtemps cherché le bon réglage, pendant environ quatre ans, avant d’aboutir à ce compromis.

Itinéraire de semis en ligne

L’itinéraire de semis en ligne reprend la même base que celui utilisé pour les cultures repiquées :

  • paillage ;
  • relevage du paillage pour gérer les annuelles et une partie des vivaces.

Mais au lieu d’utiliser la planteuse, ils utilisent une débroussailleuse équipée d’un disque métallique. L’objectif est de découper la paille et de créer des bandes de 5 cm de large environ. Deux passages espacés de 5 cm permettent d’ouvrir une bande. Au final, plusieurs passages sont nécessaires pour créer les lignes de semis.

L’intervenant décrit cela comme une forme de « strip till » vertical dans le paillage. La paille est ensuite retirée à la main. Il reconnaît que cette étape est un peu longue, mais elle fonctionne.

Une fois la bande ouverte :

  • on sème la graine ;
  • éventuellement mélangée à du compost ;
  • ou bien on met la graine puis le compost par-dessus selon les espèces.

Des essais sont en cours selon les cultures et les variétés. Pour les Brassicacées en particulier, ils couvrent aujourd’hui de plus en plus le lit de semence avec du compost, de la menue paille ou des pailles très fines.

L’intérêt des menues pailles ou des pailles fines est qu’elles :

  • permettent la germination ;
  • sont plus faciles à étaler ;
  • sont plus faciles à transporter ;
  • sont plus simples à produire que du compost bien mûr.

Le compost sans graines, bien stabilisé, est plus difficile à produire, alors que des pailles sans graines sont plus faciles à trouver.

L’épaisseur de couverture doit rester faible, autour de 1 à 2 cm maximum. Au-delà, le foisonnement devient trop important, surtout pour les petites graines qui traversent moins bien l’épaisseur de paille. Il est aussi noté que sur le radis rond, dès qu’il y a trop de paille, la racine a tendance à s’allonger au lieu de former un beau radis rond.

Concernant les chasse-débris, l’intervenant indique qu’il n’existe pas, à sa connaissance, d’outil commercial réellement satisfaisant pour cet usage. Pour l’instant, rien de très adapté n’est disponible. C’est pourquoi ils travaillent sur des prototypes pour mécaniser davantage cette étape. La technologie du disque de coupe a été en partie abandonnée, notamment parce qu’un outil suffisamment lourd serait nécessaire, ce qui complique une version manuelle. Leur idée est de partir d’un semoir manuel, puis d’aller vers davantage de mécanisation.

Ils préfèrent ne pas détailler toutes les hypothèses de travail à ce stade.

Remise en vie légère d’une parcelle et fertilité

L’exemple suivant porte sur une planche ayant reçu :

  • 5 cm de BRF ;
  • un an et demi de couverts.

Il s’agissait donc d’une remise en vie relativement légère, et non d’un chantier massif avec plusieurs années de couvert et de gros apports.

Le couvert était principalement composé de graminées spontanées et de légumineuses.

Dans leur contexte pédoclimatique, cela a suffi à relancer le fonctionnement du sol, à condition que celui-ci ne retombe pas dans la compaction et qu’il soit nourri. La parcelle est cultivée depuis deux ans et demi, et la fertilité continue à s’améliorer simplement avec des apports de paille et un peu de compost au niveau des semis.

Les sols ont donc bien redémarré :

  • présence de  ;
  • bonne porosité ;
  • fonctionnement biologique correct.

Les reliquats d’azote sont donnés autour de 60 unités, ce qui est un peu plus faible qu’ailleurs sur la ferme, mais largement suffisant pour obtenir de bonnes cultures.

Bâchage hivernal et implantation des cultures

Cette année-là, un autre point jugé très réussi est le bâchage hivernal.

Au mois de décembre, les planches ont été bâchées avec des bâches d’ensilage. Au mois de mars, au débâchage :

  • toutes les annuelles avaient disparu ;
  • la plupart des vivaces aussi ;
  • il restait seulement quelques rumex.

Les rares vivaces restantes ont été retirées à la main. Il y avait très peu de chardons et pas de chiendent vraiment problématique.

Le bâchage a été géré planche par planche, en retirant les bâches au fur et à mesure de l’implantation. L’intérêt de ce bâchage d’hiver est double :

  • les vers de terre continuent à travailler tout l’hiver ;
  • ils ingèrent les résidus, ce qui laisse au printemps des planches très propres, avec peu ou pas de résidus en surface.

Dans ces conditions, il devient possible d’envisager l’utilisation d’outils plus traditionnels de travail en ligne ou de semis. L’intervenant précise qu’ils ne l’ont pas encore fait, mais que cela devient techniquement envisageable sur un sol nu, très grumeleux, grâce à l’activité biologique.

Culture d’Allium sur fort paillage

Sur ces planches débâchées, ils ont implanté des cultures d’Allium, notamment de l’oignon.

L’itinéraire est décrit comme très simple :

  • débâchage ;
  • mise en place des bulbilles ou bulbes ;
  • paillage à la pailleuse par-dessus avec une épaisseur importante.

Avec un calibre suffisant, les bulbes sont capables de traverser environ 5 cm de paillage. Or 5 cm de paillage suffisent à éliminer la quasi-totalité des germinations d’adventices.

Le principal problème restant a été le blé présent dans la paille, mais sur l’Allium cela n’est pas très gênant. Les ne posent pas non plus de problème majeur sur cette culture. Le résultat est présenté comme très bon :

  • désherbage ridicule ;
  • repousse de blé facile à gérer ;
  • forte densité d’implantation.

Sur l’ plat, ils ont obtenu environ 66 tonnes par hectare, soit, selon leur calcul, environ une tonne d’oignons pour 100 m de planche. Les oignons étaient très gros, avec une très bonne qualité.

Pour la conservation, les oignons sont laissés à sécher un peu sur planche selon la météo, puis mis en caisses et ventilés fortement pendant une quinzaine de jours. Le résultat est jugé très satisfaisant.

Différence entre récoltes qui bouleversent le sol et celles qui le bouleversent peu

L’intervenant insiste sur une distinction importante :

  • certaines récoltes bouleversent peu le sol ;
  • d’autres le bouleversent fortement.

L’oignon est un bon exemple de culture récoltée sans trop bouleverser le sol. À l’inverse :

  • le poireau perturbe fortement le sol ;
  • la et le panais également.

Pour les cultures récoltées sans grand bouleversement, le paillage reste en place en fin de cycle. Après la récolte de l’oignon, il restait encore un paillage léger mais correct. Cela leur a permis d’implanter directement une deuxième culture derrière, en repiquant par-dessus. Dans l’exemple cité, ils ont implanté de l’épinard.

Comme la paille était déjà bien affinée et commençait à se décomposer, ils ont pu passer directement avec la planteuse sans broyage supplémentaire.

Semis en planche

L’itinéraire de semis en planche est présenté comme proche de celui du semis en ligne, mais appliqué à toute la largeur de la planche.

Le principe est le suivant :

  • on dégage toute la paille ;
  • on met la graine ;
  • on apporte un lit de semence, soit en compost, soit en menue paille.

Pour des cultures comme le radis, toute la largeur de la planche est nettoyée des débris. Cela peut se faire :

  • au râteau ;
  • à la fourche ;
  • avec des outils bricolés de type balayeuse.

Les débris sont poussés sur les passe-pieds. Ensuite, on sème, par différentes techniques selon le matériel disponible, puis on remet une petite couverture.

Cela germe très bien, notamment pour les radis. Aujourd’hui, la solution qui fonctionne le mieux est décrite comme la menue paille ou les petites pailles, car cela limite bien la germination des adventices tout en permettant au radis rond de bien se développer.

Il faut cependant toujours veiller à garder une couverture végétale dans les passe-pieds, afin d’éviter qu’ils ne se salissent.

L’intervenant résume ainsi les trois grands itinéraires d’implantation :

  • semis en ligne ;
  • semis en planche ;
  • implantation en motte ou repiquage.

Gestion des serres

La gestion des serres est présentée comme finalement assez simple.

On retrouve d’abord les mêmes itinéraires de remise en vie des sols que dehors. Ensuite :

  • les cultures repiquées se font à la main, souvent en mode « carré » ;
  • les semis se font globalement de la même manière qu’en extérieur.

L’intérêt principal de la serre est qu’il n’y a pas de pluie. Cela réduit énormément les germinations d’adventices. Comme le principal problème dans leur système est la germination, cela diminue encore davantage la charge de désherbage.

Le seul élément supplémentaire à gérer est l’irrigation, en goutte-à-goutte.

L’exploitation récupère l’eau des serres, l’envoie dans une mare, puis la repompe pour irriguer. Comme tout est paillé, avec de bonnes épaisseurs de paillage, les besoins en eau restent très faibles. L’intervenant estime qu’ils sont presque autonomes en eau grâce aux toitures du hangar et des bâtiments, sans besoin de forage.

Dans une ancienne serre qui a fonctionné pendant cinq ans, la seule fertilisation apportée était :

  • un peu de compost au semis ;
  • les paillages.

Malgré cela, les reliquats atteignaient environ 150 unités, ce qui permettait de produire en très grosse quantité.

Sous serre, ils mettent en plus des paillages très importants. Cela rend parfois les implantations plus difficiles, mais les cultures poussent mieux grâce à l’apport de matière organique.

Limite thermique du paillage sous serre

L’inconvénient important du paillage sous serre est qu’il réduit l’inertie thermique de la serre. En effet, c’est normalement le sol qui accumule la chaleur et la restitue la nuit. Or le paillage est un isolant :

  • il empêche le sol de stocker une partie de la chaleur ;
  • il limite donc la restitution nocturne et matinale.

Dans leur terroir, où les gelées tardives peuvent aller jusqu’en juin, cela devient problématique. Le matin, lors des coups de froid, la serre paillée n’est guère plus chaude que l’extérieur, avec seulement un ou deux degrés de gain.

C’est particulièrement gênant pour l’implantation des cultures d’été :

  • tomates ;
  • courgettes ;
  • autres cultures sensibles.

Pour la , ils ont résolu le problème en produisant de gros plants en pots dans une serre chauffée, puis en les repiquant. En revanche, pour certaines cultures vivaces, c’est plus compliqué, car elles supportent moins bien ce type de repiquage.

Ils envisagent donc, pour leur nouvelle serre :

  • une serre à double paroi gonflable ;
  • avec plus de volume ;
  • des ouvrants latéraux automatisés.

Même si ce type d’équipement représente un investissement important, il est considéré comme rentable, car il permet d’exploiter pleinement le potentiel de fertilité des sols sur des cultures à forte valeur comme la tomate. Selon l’intervenant, la contrainte principale en bio est souvent la fertilité du sol ; ici, cette fertilité est disponible, et la limitation devient surtout la chaleur.

Cette année-là, malgré des problèmes de mildiou et d’autres soucis, ils ont atteint environ 9 kg/m² de tomates. Ils plantent un pied de tomate par mètre carré, en laissant cinq branches. L’objectif, en améliorant encore certains paramètres sous serre, serait d’atteindre autour de 15 kg/m².

L’aspersion sous serre est en revanche jugée problématique, car elle fait pourrir la paille très rapidement dans un milieu chaud et humide, favorisant alors très fortement le développement de champignons.

Outils de mécanisation du paillage

La fin de l’exposé porte sur le matériel.

Pour le paillage, ils disposent d’une chaîne mécanisée complète :

  • round-baller pour faire les balles ;
  • pailleuse pour aller pailler dans les champs.

La pailleuse a été modifiée, notamment au niveau de l’attelage. Un élément jugé indispensable est l’ajout de brise-vent, qui empêchent la paille de partir dans tous les sens. L’outil est considéré comme tout à fait opérationnel :

  • il permet de faire des paillages de l’épaisseur voulue ;
  • les paillages sont relativement réguliers.

En pratique, une personne conduit et paille, pendant qu’une autre suit avec une fourche pour retirer ponctuellement quelques petites bottes mal sorties. Cela reste très efficace.

Le chargement des balles nécessite un deuxième tracteur équipé d’un pic à balle. Certains modèles de pailleuses possèdent un bras de chargement, mais ce n’est plus le cas de la leur après modification. Un petit tracteur suffit pour charger les bottes.

Faneur, broyeur et adaptations

Pour le fanage et le travail du paillage, ils utilisent aujourd’hui deux technologies :

  • un aérofaneur de type Stoll, redécoupé à la largeur des planches ;
  • un vieux broyeur Nicolas.

Le broyeur Nicolas peut servir à la fois :

  • de faneur, si on le fait tourner lentement ;
  • de broyeur, si on le fait tourner vite.

Avec le temps, ils se sont rendu compte qu’il présentait plusieurs avantages. Les couteaux en forme de cuillère, lorsqu’ils tournent lentement, produisent un très bon effet de fanage. De plus, comme ces cuillères sont plates, elles arrachent très bien au niveau du collet des herbes, ce que faisait moins bien l’autre faneur.

Le broyeur est plus lourd, mais il fonctionne bien. L’intervenant précise toutefois qu’un vieux faneur Stoll classique fonctionne aussi très bien pour faire du relevage de paille.

Pour la plantation, ils utilisent une planteuse, déjà évoquée plus haut.

Ils mentionnent aussi posséder un rouleau faca Bonnel, mais qu’ils ne l’utilisent pas, car ils ne détruisent pas les couverts avec cet outil dans leur système. Il est simplement signalé que cet outil existe et fonctionne bien à condition de lui ajouter du poids.

Production et broyage de BRF

Un autre élément intéressant de leur mécanisation est l’utilisation d’une vieille ensileuse automotrice de marque Garnier comme broyeur à branches. Il s’agit d’une ancienne ensileuse équipée d’un moteur auxiliaire, à laquelle ils ont ajouté une barre de sécurité et fait quelques modifications simples, notamment sur les ouvertures.

Ils s’en servent pour produire du BRF ou des copeaux à partir de branches. Ils sont ensuite passés aussi par des déchiqueteuses à fibres, sans observer de différence majeure dans leur usage. Pour eux, le résultat est comparable : le matériau se décompose plus vite, avec des morceaux plus courts et moins grossiers.

L’intérêt de ces vieilles ensileuses est qu’il existe un marché de l’occasion assez important, avec des machines peu chères et robustes. Avec un peu de puissance, ou un moteur auxiliaire, cela peut avaler jusqu’à environ 7 cm de diamètre.

Il faut toutefois ajouter les sécurités nécessaires, car le danger est réel lors de l’alimentation.

L’intervenant souligne surtout une limite importante du BRF : les systèmes où l’on charge les branches à la main sont acceptables au début, mais deviennent vite pénibles. À terme, il faut pouvoir charger mécaniquement.

Ils envisagent donc soit de modifier leur matériel pour permettre un chargement avec bras ou chargeur, soit de faire appel à une entreprise disposant d’un broyeur beaucoup plus gros, capable de broyer d’énormes quantités en une journée.

Broyeurs à couteaux et broyeurs à marteaux

Enfin, il est précisé qu’il faut bien distinguer les technologies de broyage.

Les broyeurs à couteaux produisent un matériau propre, mais sont très peu tolérants :

  • aux morceaux de métal ;
  • aux cailloux ;
  • aux corps étrangers.

Si on mécanise le chargement avec des approvisionnements mal triés, on risque rapidement de casser les couteaux.

Dans ce cas, la solution envisagée est de passer à des broyeurs à marteaux. Ceux-ci travaillent un peu moins proprement, mais :

  • défibrent bien le matériau ;
  • sont beaucoup plus tolérants aux piquets, cailloux et ferrailles ;
  • permettent un chargement moins délicat.

Ils offrent aussi des débits plus importants et des machines plus robustes, mais demandent généralement davantage de puissance.

Le choix dépend donc du type d’approvisionnement et du degré de maîtrise que l’on a sur la propreté du bois à broyer. Dans leur cas, comme les branches peuvent provenir de l’extérieur et que la qualité n’est pas toujours parfaitement contrôlable, la technologie à marteaux apparaît plus sûre.