Jean-Claude Quillet - Du Semis à la Moisson -1

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Dans ce premier volet de Du Semis à la Moisson, Jean-Claude Quillet revient sur une campagne marquée par une sécheresse exceptionnelle. Malgré l’irrigation des cultures d’été et quelques dérogations, les restrictions d’eau, les pannes de pompage et l’absence de pluies régulières ont fortement pénalisé les rendements, notamment en soja, maïs, sorgho et colza. Il décrit des levées très inégales, des colzas souvent détruits puis remplacés par du seigle ou de l’orge de printemps, et souligne l’impact durable de ces épisodes secs sur l’organisation des semis d’automne. Jean-Claude Quillet aborde aussi les conséquences des interdictions d’insecticides sur la gestion des pucerons et de la jaunisse des céréales. Enfin, il développe sa méthode pour restaurer des sols dégradés, notamment par l’excès de cuivre : apport de BRF, compost, boues de stations d’épuration et maintien du semis direct pour relancer la vie biologique et la fertilité.

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Résumé
Dans ce premier volet de Du Semis à la Moisson, Jean-Claude Quillet revient sur une campagne marquée par une sécheresse exceptionnelle. Malgré l’irrigation des cultures d’été et quelques dérogations, les restrictions d’eau, les pannes de pompage et l’absence de pluies régulières ont fortement pénalisé les rendements, notamment en soja, maïs, sorgho et colza. Il décrit des levées très inégales, des colzas souvent détruits puis remplacés par du seigle ou de l’orge de printemps, et souligne l’impact durable de ces épisodes secs sur l’organisation des semis d’automne. Jean-Claude Quillet aborde aussi les conséquences des interdictions d’insecticides sur la gestion des pucerons et de la jaunisse des céréales. Enfin, il développe sa méthode pour restaurer des sols dégradés, notamment par l’excès de cuivre : apport de BRF, compost, boues de stations d’épuration et maintien du semis direct pour relancer la vie biologique et la fertilité.

Aujourd'hui, nous vous proposons de suivre le début d'une série, les Rendez-Vous d'une Campagne en Sol Vivant ! Nous allons suivre les différentes étapes, du semis à la moisson chez un des précurseurs du semis-direct, à savoir Jean Claude Quillet.


Gestion de la sécheresse et de l’irrigation

Cette année, depuis la moisson, l’irrigation des cultures d’été a continué malgré les restrictions. Il y a bien eu des restrictions d’eau, mais avec des dérogations, alors qu’au départ il était question d’une interdiction immédiate.

Jean-Claude Quillet explique qu’il a l’habitude de travailler dans des conditions sèches, car depuis qu’il est installé, il irrigue et a déjà connu plusieurs années très difficiles. Il cite notamment :

  • 1975 et 1976, avec deux années sèches de suite, 1976 étant encore plus sèche que 1975 ;
  • 1989 et 1990, avec 1990 plus sec que 1989 ;
  • 2003, année marquante également, mais différente de la sécheresse actuelle.

Selon lui, en 2003, il y avait tout de même eu quelques périodes orageuses, avec un peu d’eau, pas autant que dans l’est de la France cette année, mais suffisamment pour permettre certaines levées. Il se rappelle par exemple qu’on avait pu semer et faire lever du colza en semis direct sans difficulté majeure, grâce à de petites pluies orageuses. Quelques millimètres après semis suffisaient alors à tenir jusqu’à un nouvel épisode pluvieux.

Cette année, au contraire, les périodes sèches ont duré trop longtemps.

Échec de la levée du colza

Jean-Claude Quillet insiste sur le caractère exceptionnel de la situation de cette année pour le colza. Avec les 6 mm tombés après semis, seuls les colzas situés dans des zones ombragées ont résisté, notamment :

  • à l’ombre des arbres ;
  • le long d’un bois ;
  • sur les expositions nord ou ouest.

Les parcelles situées à l’est ont un peu mieux résisté que les parties totalement exposées, mais moins bien que les zones réellement ombragées. Dès qu’on sortait de l’ombre, presque tous les colzas ont crevé.

Il précise que c’est la première fois qu’une telle situation se produit à ce point. L’année précédente, il y avait déjà eu des difficultés, mais elles étaient moins importantes que cette année.

Les dernières pluies, plus significatives, ont provoqué des levées tardives. Il est tombé environ 20 à 25 mm en plusieurs fois, sur une période assez rapprochée, ce qui a permis de maintenir un peu de fraîcheur. Mais les colzas levés seulement début octobre ont finalement été détruits. À deux endroits, ils ont été remplacés par du seigle.

L’année précédente déjà, tous les colzas avaient été détruits faute de levée suffisante, puis remplacés par de l’orge de printemps. Cette année a donc encore aggravé la situation.

Conséquences sur les cultures d’été

Après la moisson, la priorité a été la gestion de l’irrigation. Les restrictions ont fait perdre une grosse part du potentiel du soja, car il n’était pas possible de tout irriguer. Il a donc fallu faire des choix :

  • laisser certaines parcelles sans irrigation ;
  • valoriser au maximum les deux pivots encore en fonctionnement.

À cela se sont ajoutées des pannes sur les stations de pompage, qui ont immobilisé l’irrigation pendant :

  • quatre jours pour une station ;
  • trois jours pour l’autre.

Ces arrêts ont encore accentué les pertes.

Travaux réalisés après la moisson

Après la moisson, plusieurs autres travaux ont occupé l’exploitation :

  • les épandages de boues de stations d’épuration et de compost ;
  • divers travaux dans les champs ;
  • le rebouchage de trous ;
  • le curage de fossés.

En attendant la pluie, ces travaux ont permis d’avancer sur l’entretien des parcelles.

Vers le 15 août, une petite pluie est arrivée. À la suite de cela, 50 hectares de colza ont été semés, accompagnés de plantes compagnes, notamment :

Mais ni le colza, ni la féverole, ni même le fenugrec n’ont levé, sauf dans les zones d’ombre.

Semis de lin, couverts et céréales

Plus tard, avec le retour des pluies, les semis ont repris. Le lin a été semé en premier, fin septembre-début septembre selon ses propos, dans des terres un peu moins argileuses, où la pénétration des outils était meilleure. Malgré cela, les disques du semoir « roulaient sur le sec ». Après les pluies, on a commencé à voir les rangs.

Ensuite ont été semés :

Les couverts étant très récents au moment de l’entretien, ils n’étaient pas encore bien visibles.

Baisse très forte des rendements

Jean-Claude Quillet dresse un constat très sévère sur les pertes de rendement.

Maïs

Le maïs est très touché. Il estime qu’il a perdu environ la moitié du rendement, même si les calculs définitifs ne sont pas encore faits au moment où il parle.

Soja

Pour le soja, la situation est encore pire : il pense être en dessous de la moitié du rendement habituel. Il souligne que l’assurance récolte permettra au moins d’atténuer le choc économique.

Sorgho

Le sorgho va perdre lui aussi, mais il n’est pas encore moissonné au moment de l’entretien. Jean-Claude Quillet avance une hypothèse de rendement autour de 40 à 45 quintaux par hectare, peut-être 50 au mieux, au lieu de 65 à 70 quintaux habituellement.

Il remarque aussi que, dans certaines situations, le sorgho a mieux résisté que le millet. Sur une parcelle déjà battue, il indique avoir obtenu environ 30 quintaux de sorgho, alors que dans les mêmes conditions le millet n’a donné que 10 à 15 quintaux.

Millet

Chez des collègues, le millet semé a souvent donné moitié moins que d’habitude, passant de 30 quintaux à 15, voire 10 quintaux par hectare. Certains cas ont été aggravés par des semis un peu trop tardifs.

Prix de vente et débouchés du sorgho et du millet

Jean-Claude Quillet explique que la rentabilité de ces cultures dépend aussi du marché.

Pour le millet, si les prix montent par manque de disponibilité, avec par exemple 400 €/t, cela peut devenir plus intéressant qu’un sorgho payé autour de 355 €/t. Mais ces marchés restent mondialisés : s’il manque du millet dans un pays, d’autres origines comme le Canada ou l’Ukraine peuvent compenser.

Pour le sorgho, il existe deux grands débouchés :

  • l’alimentation du bétail ;
  • l’oisellerie.

En alimentation animale, le prix du sorgho suit celui du maïs, généralement avec une décote d’environ 10 €/t. Pourtant, le sorgho a, selon lui, de meilleures qualités, notamment sur certains aspects nutritifs. En oisellerie, le sorgho peut au contraire être mieux valorisé, souvent environ 10 € de plus que le maïs, car il alimente un marché plus stable, avec vente en petits sacs.

Il souligne aussi qu’il faut alors choisir des variétés adaptées, avec un bel aspect visuel, ce qui n’était pas forcément une habitude auparavant.

Stockage et organisation de la récolte

L’exploitation stocke toute sa production. Il a donc fallu vider des cellules pour faire de la place au maïs et au sorgho. Finalement, comme les rendements sont beaucoup plus faibles que prévu, les besoins de stockage seront moindres.

À ce stade, il reste encore à terminer les calculs de rendement du maïs, notamment le ramener aux normes d’humidité.

Semis de blé et risque pucerons

Pour les blés, Jean-Claude Quillet indique qu’il n’ose pas semer trop tôt. La raison principale est la disparition de l’imidaclopride, qui protégeait contre les pucerons vecteurs de la jaunisse.

Il observe encore quelques pucerons noirs en circulation, visibles :

  • dans les haricots verts du jardin ;
  • sur d’autres plantes encore vertes.

Il craint leur migration vers les blés, en particulier parce que les surfaces de maïs diminuent. Le puceron noir est souvent présent sur maïs, notamment dans les parties encore vertes ; quand le maïs mûrit et sèche, les pucerons se déplacent vers d’autres végétaux verts, dont les blés s’ils sont déjà levés.

Selon lui, c’est dommage d’être contraint de traiter les blés en foliaire avec un insecticide, car cela détruit beaucoup d’auxiliaires, alors qu’avec le traitement de semences on ciblait essentiellement les ravageurs piqueurs-suceurs, comme les pucerons et les cicadelles. Il considère donc qu’on est revenu à une solution moins sélective.

Critique des interdictions d’insecticides

Jean-Claude Quillet critique longuement l’interdiction de certaines molécules. Selon lui, cette suppression a été décidée « pour les abeilles », mais sans tenir compte des réalités agronomiques.

Il fait valoir plusieurs arguments :

  • les abeilles vont rarement sur le blé ;
  • les traitements concernés ont lieu à l’automne, très loin de la floraison ;
  • sur blé, les résidus mesurés sont en dessous des seuils de détection ;
  • les analyses menées sur les grains ne montrent pas de présence mesurable des molécules interdites.

Il estime donc qu’il s’agit d’interdictions exagérées, non réfléchies, et qu’en voulant trop interdire, on risque d’augmenter au final la pression pesticide sur certaines cultures.

Il rapporte aussi une remarque de Lucien, qui défendait déjà ces traitements il y a plus de dix ans : sur tournesol ou colza, il faudrait d’abord vérifier concrètement la présence ou non de résidus dans les plantes au moment de la floraison avant d’interdire globalement. Il cite aussi le cas des betteraves, qui ne fleurissent pas l’année de culture, pour montrer que certaines décisions lui paraissent déconnectées des risques réels pour les abeilles.

Effet possible de la sécheresse sur les pucerons

Malgré tout, Jean-Claude Quillet reconnaît qu’un facteur a pu jouer favorablement l’an dernier : la sécheresse de fin de saison.

Selon lui, cette sécheresse a peut-être éliminé une partie des pucerons, faute de végétation encore suffisamment hydratée à piquer. Les cultures étaient totalement déshydratées, et il estime qu’il y avait alors moins de pucerons en vol à l’automne que les années précédentes.

Il s’interroge sur la combinaison de plusieurs effets :

  • la sécheresse ;
  • les traitements de semences pratiqués auparavant ;
  • la mortalité des pucerons sur les plantes.

Il note que les blés restaient globalement très propres, même si quelques petits ronds atteints de jaunisse ont été vus dans certaines parcelles cette année. Cela n’a pas provoqué de grosse chute de rendement, mais il craint une aggravation future si les pucerons se reconstituent après le retour d’années plus humides.

Remettre en fertilité des sols dégradés par le cuivre

Jean-Claude Quillet aborde ensuite un autre sujet : la remise en fertilité de sols qu’il considère comme « morts », notamment d’anciennes terres à vigne chargées en cuivre.

Il décrit des parcelles de terre ocre où il y avait de la vigne depuis très longtemps, parfois depuis 80 ans ou plus. Les traitements répétés au cuivre ont laissé des sols sur lesquels :

  • l’herbe ne pousse plus ;
  • les céréales ne tiennent pas ;
  • presque tout ce qu’on sème crève.

Seul le ray-grass peut parfois tenir un peu, et encore. Il se souvient que dans les années 1980, certaines de ces zones finissaient laissées en friche, et que les « lurons » de mauvaise terre avaient tendance à s’agrandir lorsqu’on continuait à travailler le sol.

À l’inverse, en semis direct, il a observé que ces zones se réduisaient progressivement.

Effets du semis direct et des amendements organiques

Jean-Claude Quillet explique qu’en semis direct, et avec des apports répétés, les zones les plus atteintes peuvent se remettre progressivement. Au départ, il y mettait seulement un peu de boues de station d’épuration. Cela remontait déjà un peu le pH du sol.

Par la suite, l’amélioration a été plus rapide lorsqu’il a commencé à apporter un mélange de :

  • boues de station d’épuration ;
  • BRF ;
  • composts.

Il donne un exemple d’apport de l’ordre de :

  • 5 à 6 tonnes de BRF ;
  • mélangées à environ 8 tonnes de boues.

Selon lui, cela a permis une amélioration plus rapide qu’avec les boues seules.

Il précise que, dans les parcelles concernées, les cultures redevenaient correctes à côté des anciennes zones dégradées, et que les « lurons » finissaient par disparaître peu à peu. Comme les apports n’étaient faits que tous les quatre ans, il estime qu’il aurait peut-être fallu intervenir plus souvent au début, par exemple tous les deux ans, pour accélérer la restauration.

Effet négatif du labour sur ces sols

Il donne un exemple très parlant : une parcelle qu’il avait réussi à améliorer a été reprise ensuite par un agriculteur qui labourait. Dès la première année de labour, il a vu réapparaître la zone dégradée dans les céréales, avec une différence de couleur. L’année suivante, la zone était redevenue aussi mauvaise qu’avant, comme au moment où il avait pris la parcelle.

Pour lui, cela montre à quel point, dans ces terres sableuses, le labour peut annuler en une seule année des années d’amélioration.

Utilisation massive de BRF sur les parcelles les plus touchées

Sur une autre parcelle, d’environ 25 ares, très fortement touchée, Jean-Claude Quillet indique avoir utilisé des doses beaucoup plus fortes : l’équivalent de 100 t/ha de BRF ou de déchets verts broyés bruts.

Il insiste sur plusieurs points :

  • le matériau doit être brut ;
  • il faut laisser se développer champignons et vie microbienne ;
  • surtout, il ne faut pas retravailler le sol.

La première année, il recommande de semer une légumineuse, souvent de la féverole. Celle-ci peut aller chercher son azote dans l’air et supporte donc mieux la phase initiale, où la décomposition du BRF peut perturber la disponibilité de l’azote. Même si l’effet toxique du cuivre est encore présent au début, la féverole parvient à mieux se débrouiller.

La fertilité ne remonte pas en une seule année, mais il constate déjà une amélioration dès la première campagne. Ensuite, au fil des années, la décomposition progresse et le sol se rétablit progressivement.

Il évoque des teneurs en cuivre de 700 à 800 ppm sur certaines parcelles, ce qui correspond à une toxicité très forte.

Trouver du BRF et l’utiliser en pratique

Le principal problème est l’approvisionnement en BRF. Jean-Claude Quillet explique qu’étant proche d’une ville, il peut se fournir :

  • chez un paysagiste ;
  • via des dépôts de déchets verts ;
  • auprès des communes ou communautés de communes.

Le paysagiste broie ses déchets verts et lui demande simplement de venir les enlever. Le BRF est alors emmené directement dans les champs ou stocké en bout de parcelle.

Dans un autre système, la collectivité dépose les déchets verts sur une plateforme. L’agriculteur fournit le terrain, tandis que la commune met la clôture, le portail et assure le contrôle des apports. Cela revient moins cher à la collectivité que d’évacuer les branchages en bennes, car les volumes sont considérables : plus de cent personnes par jour peuvent venir déposer des déchets verts.

Une fois broyés, ces volumes deviennent plus gérables, même si cela représente tout de même des masses importantes.

Complémentarité entre BRF et boues de station d’épuration

Jean-Claude Quillet explique que le mélange BRF + boues fonctionne bien car les deux produits se complètent :

  • les boues apportent de l’azote, du phosphore et de la chaux ;
  • le BRF apporte surtout de la potasse, ainsi qu’un peu d’autres éléments.

L’ensemble constitue, selon lui, un amendement assez complet.

En pratique, sur ses sols, il utilise généralement tous les quatre ans environ :

  • 5,5 à 6 t/ha de BRF ;
  • 8 t/ha de boues de station d’épuration.

Il souligne aussi un autre avantage du BRF : lorsqu’il a déjà un peu chauffé en tas, il contient à la fois encore du bois et beaucoup de particules fines. Ces fines se collent aux mottes de boues, ce qui réduit fortement les odeurs lors de l’épandage. Les voisins sont donc beaucoup moins incommodés qu’auparavant.

Intérêt du BRF pour remonter l’humus

Dans les terres sableuses, pauvres en argile, mais aussi dans certaines terres limoneuses, ces apports réguliers permettent selon lui d’accélérer la remontée de l’humus du sol.

Il rappelle qu’un sol pauvre produit peu, donc restitue peu de résidus, donc remonte très lentement naturellement. L’apport extérieur de [[matière organique]] permet d’accélérer ce processus.

Contraintes réglementaires sur les épandages

Jean-Claude Quillet précise qu’il existe aussi des zones où il ne peut pas mettre de boues, notamment dans un périmètre de captage d’eau potable, près d’un château d’eau. Dans ces secteurs, il n’a droit qu’au compost pur.

Il regrette que la réglementation soit pensée pour des systèmes en labour, alors qu’en semis direct il y a moins de ruissellement. Mais comme les agriculteurs en semis direct restent peu nombreux, ils n’arrivent pas facilement à faire évoluer les règles.

Il signale tout de même avoir obtenu une évolution sur l’obligation d’enfouir les boues après épandage. À l’époque, il utilisait une herse peigne pour les faire passer sous la paille, ce qui permettait une incorporation légère. Aujourd’hui, avec le compost et le mélange avec BRF, les odeurs étant bien moindres, cette contrainte pèse moins.

Bilan général

Dans cet extrait, Jean-Claude Quillet décrit une année marquée par :

  • une sécheresse exceptionnelle ;
  • l’échec de nombreux semis de colza ;
  • une forte baisse des rendements en soja, maïs, sorgho et millet ;
  • des arbitrages difficiles sur l’irrigation ;
  • des inquiétudes sur la protection des blés contre les pucerons ;
  • et, plus largement, une réflexion de fond sur la restauration de sols dégradés, notamment d’anciennes terres viticoles intoxiquées au cuivre.

Son témoignage relie ainsi les difficultés climatiques immédiates à des enjeux agronomiques plus profonds : gestion de l’eau, adaptation des cultures, réglementation phytosanitaire, maintien de la fertilité des sols et valorisation de matières organiques comme le BRF et les boues de station d’épuration.