Konrad SCHREIBER - Les vaches à la rescousse de l'environnement - 2/3

De Triple Performance
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Dans cette conférence, Konrad Schreiber présente les travaux de l’Institut de l’élevage, de l’ADEME et de l’INRA autour de l’outil CAP’2ER, qui permet d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre des fermes laitières, leur stockage de carbone, la biodiversité et l’énergie consommée. Le diagnostic montre qu’on peut agir à la marge sur les émissions des troupeaux par l’alimentation, la productivité, la santé animale ou l’autonomie protéique. Mais le principal levier se situe ailleurs : le stockage du carbone dans les sols et les arbres. Schreiber insiste sur l’importance des prairies permanentes, des couverts végétaux, du semis direct, des légumineuses et de l’agroforesterie. En intensifiant la photosynthèse et en nourrissant le sol, l’élevage peut réduire fortement, voire compenser, ses émissions. Son message est clair : l’avenir passe par des systèmes fourragers très productifs, couverts en permanence et intégrés dans une logique agronomique globale.

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Résumé
Dans cette conférence, Konrad Schreiber présente les travaux de l’Institut de l’élevage, de l’ADEME et de l’INRA autour de l’outil CAP’2ER, qui permet d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre des fermes laitières, leur stockage de carbone, la biodiversité et l’énergie consommée. Le diagnostic montre qu’on peut agir à la marge sur les émissions des troupeaux par l’alimentation, la productivité, la santé animale ou l’autonomie protéique. Mais le principal levier se situe ailleurs : le stockage du carbone dans les sols et les arbres. Schreiber insiste sur l’importance des prairies permanentes, des couverts végétaux, du semis direct, des légumineuses et de l’agroforesterie. En intensifiant la photosynthèse et en nourrissant le sol, l’élevage peut réduire fortement, voire compenser, ses émissions. Son message est clair : l’avenir passe par des systèmes fourragers très productifs, couverts en permanence et intégrés dans une logique agronomique globale.

Konrad SCHREIBER - La Vache Heureuse (LVH) - Les vaches à la rescousse de l'environnement 1/3 Première partie de la formation de Konrad SCHREIBER sur les vaches et l'environnement lors du 2è Carrefour des éleveurs (juin 2017). Présentation par Anton SIDLER, éleveur et coordinateur de La Vache Heureuse.


0:20 = Le carbone comme problème.

04:14 = Empreinte carbone et stockage.

06:44 = Projet ‘Life Carbon Dairy’ : exemple et leviers d’action.

21:05 = Le carbone comme solution.

23:40 = L’écosystème.

24:56 = Nourrir les sols.

27:33 = Opportunité pour les fermes laitières.

30:30 = Perspectives d’avenir.

45:46 = Conclusion.


Liens web :

- http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/eau_en_bretagne_2015_web.pdf

- http://www.web-agri.fr/actualite-agricole/economie-social/article/proteines-laitieres-des-proteines-durables-1142-126953.html

- http://www.gouvernement.fr/action/la-transition-energetique-pour-la-croissance-verte


Le projet 5 co2 et l’évaluation des émissions des fermes d’élevage

Konrad Schreiber présente ici un outil porté par l’Institut de l’élevage, en lien avec l’Ademe et l’INRA. Le projet s’appelle 5 CO2. Il s’agit d’un module accessible sur internet, qui permet de réaliser des tests d’émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la ferme.

L’idée générale est d’évaluer les fermes d’élevage sur plusieurs dimensions :

  • les émissions de gaz à effet de serre ;
  • la biodiversité ;
  • l’empreinte nette carbone ;
  • le potentiel de stockage de carbone sur la ferme.

Selon ce qui est expliqué, l’objectif poursuivi est de rendre possibles des réductions d’émissions de l’ordre de 10 à 20 %, avec en ligne de mire les objectifs 2030 de la transition énergétique. La question est aussi politique et économique : si l’agriculture ne parvient pas à réduire ses émissions, elle risque d’être davantage concernée par des mécanismes de taxation carbone.

Ce que mesure l’outil

Quand on utilise l’interface en ligne de 5 CO2, plusieurs éléments sont évalués pour les troupeaux laitiers.

D’abord, l’outil regarde la contribution de la ferme à la biodiversité. Cette dimension devient importante, notamment parce qu’il existe désormais une exigence réglementaire de préservation de la biodiversité.

Ensuite, il calcule l’empreinte nette de carbone, c’est-à-dire la quantité de gaz à effet de serre émise dans l’air, mais en tenant compte de ce qui est stocké sur la ferme.

Enfin, il fournit un indice lié au stockage du carbone dans différents éléments du système agricole.

Konrad Schreiber cite aussi le travail engagé autour du projet « carbone », lancé vers 2014, avec notamment Catherine Gaudé comme experte impliquée sur ces questions.

Les bases du modèle utilisé

Le modèle présenté repose sur une approche construite par les organismes de recherche et de développement agricole. Il vise à mesurer plusieurs indicateurs :

  • le stockage de carbone ;
  • l’empreinte carbone ;
  • la consommation d’énergie ;
  • la qualité de l’eau ;
  • la biodiversité ;
  • la performance nourricière.

Konrad Schreiber rappelle qu’à l’époque, lui et d’autres proposaient déjà d’aller plus loin en intégrant d’autres dimensions :

Mais ces dimensions n’ont pas été retenues dans le cadre du modèle de base, jugé plus conventionnel, porté par l’INRA et l’Ademe.

Les émissions prises en compte

Le modèle comptabilise toutes les émissions de gaz à effet de serre de la ferme en équivalent CO2. Cela comprend notamment :

  • la rumination des vaches ;
  • les consommations liées aux vaches ;
  • le méthane ;
  • le protoxyde d’azote ;
  • les émissions liées aux achats d’aliments ;
  • les consommations de carburant ;
  • l’électricité ;
  • l’énergie utilisée sur la ferme.

Autrement dit, on ne regarde pas seulement ce qui se passe directement dans le troupeau, mais aussi toute la pollution incorporée dans les intrants achetés et dans le fonctionnement énergétique de l’exploitation.

Pour Konrad Schreiber, cette partie du calcul est relativement bien maîtrisée et « prenable » au niveau technique.

Les éléments de séquestration retenus

En face des émissions, le modèle place une séquestration de carbone dans quelques grands compartiments bien identifiés :

En revanche, les prairies temporaires sont nettement moins valorisées dans cette approche, car lorsqu’on retourne une prairie, on relargue du carbone dans l’air. Dans cette logique, la prairie permanente reste donc le grand support reconnu de stockage.

Konrad Schreiber rappelle aussi que les couverts végétaux peuvent stocker du carbone, avec des niveaux variables selon les situations.

Le résultat de la méthode sur les ateliers laitiers

L’outil permet de mesurer l’empreinte carbone nette des ateliers laitiers. On obtient alors les émissions nettes de gaz à effet de serre par litre de lait.

La moyenne annoncée est d’environ 1 kg de CO2 par litre de lait. Cette valeur varie fortement selon :

  • la région ;
  • le contexte de montagne ou de plaine ;
  • les systèmes très maïs-soja ;
  • les systèmes plus herbagers.

Des comparaisons régionales et par système ont donc été engagées.

Konrad Schreiber explique s’être procuré des résultats moyens sur des fermes françaises volontaires engagées dans ce projet carbone. Il souligne que les écarts entre systèmes sont très importants, notamment selon la part d’herbe.

Les limites des comparaisons entre systèmes

Une critique forte est formulée sur la façon de comparer les exploitations. Pour Konrad Schreiber, comparer un système de montagne tout herbe avec un système de plaine en maïs-soja n’a pas beaucoup de sens si l’on veut aider réellement les agriculteurs à progresser.

Selon lui, les comparaisons utiles devraient surtout porter sur des systèmes proches, dans un même secteur, avec des conditions comparables. Sinon, les écarts sont tellement liés au contexte qu’ils deviennent difficiles à interpréter en termes de leviers d’action.

Les ordres de grandeur donnés par l’outil

À l’échelle des fermes étudiées, le modèle permet d’obtenir des ordres de grandeur :

  • environ 1 611 000 kg de CO2 émis par an en moyenne ;
  • environ 660 000 kg de CO2 séquestrés ;
  • environ 90 hectares équivalents biodiversité entretenus.

Cette notion d’« équivalent hectare biodiversité » est présentée comme complexe : la biodiversité n’est pas évaluée directement comme une simple surface agricole, mais comme une surface développée intégrant par exemple les haies, les longueurs de bordures, et d’autres éléments semi-naturels.

Le panel évoqué regroupe plusieurs centaines de fermes volontaires.

La difficulté de réduire les émissions par les seuls postes d’émission

Une fois l’état des lieux posé, la question centrale devient : comment baisse-t-on réellement les émissions ?

Konrad Schreiber montre que cela devient vite compliqué :

  • sur la fertilisation, il y a peu de marges sans risquer de pénaliser le système ;
  • sur les effluents, les gains sont difficiles ;
  • sur l’électricité et l’énergie, il existe des possibilités, mais elles restent limitées ;
  • sur la fermentation entérique, les marges sont aussi réduites.

Quand on regarde les émissions du troupeau, on comprend que les leviers directement disponibles sur la pollution sont relativement faibles. On peut améliorer des choses, mais souvent « à la marge ».

Le constat qu’il tire est clair : le levier numéro un pour faire baisser fortement l’empreinte, c’est le stockage de carbone dans le sol.

La prairie permanente comme premier levier, mais avec une limite

Dans le modèle classique, un premier réflexe serait de dire : il faut mettre davantage de prairies permanentes.

Effectivement, la prairie permanente est reconnue pour son rôle de stockage du carbone. Mais cela pose immédiatement une question de conduite :

  • comment conserver des prairies très longtemps ;
  • comment les garder productives ;
  • comment les gérer durablement.

Konrad Schreiber cite l’exemple de la Nouvelle-Zélande, où il existe des prairies semées une fois pour toutes, productives pendant 30, 40 ou 50 ans. Il voit là un axe de travail important : mettre en place un véritable management de l’herbe pour tenir des prairies durablement productives.

Pour lui, ce sujet est encore insuffisamment travaillé en France.

L’absence de la santé du sol dans le modèle classique

L’un des grands reproches adressés au modèle est qu’il ne prend pas suffisamment en compte le sol lui-même.

Konrad Schreiber insiste : on sait mesurer des choses, on sait décrire les émissions, mais on manque encore de leviers d’action tant qu’on ne comprend pas mieux les échanges dans le sol et l’état biologique des fermes.

Autrement dit, il manque un pan entier du raisonnement agronomique :

  • la structure du sol ;
  • sa vie biologique ;
  • sa capacité à recevoir et transformer du carbone ;
  • les interactions entre plantes, animaux et sol.

C’est pour cela qu’il veut améliorer le modèle.

Vers un modèle plus complet d’agriculture durable

À partir de 2012, Konrad Schreiber explique avoir travaillé avec d’autres acteurs sur une amélioration du modèle existant. L’idée était de concevoir un système d’élevage capable de répondre à plusieurs attentes de société en même temps :

  • produire sans OGM ;
  • ne plus provoquer de pollution de l’eau ;
  • stocker du carbone ;
  • lutter contre le réchauffement climatique ;
  • prendre en charge le bien-être animal ;
  • améliorer la qualité nutritionnelle des produits ;
  • renforcer l’autonomie, notamment en protéines ;
  • préserver le revenu et la rentabilité de la ferme.

Il souligne que, dans beaucoup d’approches d’ingénieurs, la question du revenu des éleveurs est souvent oubliée, alors qu’elle est centrale.

Dans ce travail, le modèle de l’Institut de l’élevage a donc été repris, mais en y ajoutant :

  • le bien-être des vaches ;
  • la qualité nutritionnelle des produits ;
  • la santé du sol.

Le rôle central de la couverture des sols et du non-travail du sol

Konrad Schreiber explique ensuite qu’il faut raisonner à partir des cycles :

  • cycle de l’azote ;
  • cycle du carbone ;
  • cycle de l’eau.

Quand le sol est détruit ou mal géré, tout se dégrade. D’où l’introduction d’un principe majeur : la couverture permanente du sol et la suppression du travail du sol.

Il relie cela aux systèmes de semis direct sous couvert végétal. Pour lui, cette voie est essentielle parce qu’elle permet :

  • d’intensifier la photosynthèse ;
  • de récupérer davantage d’énergie renouvelable via les plantes ;
  • de réduire fortement les consommations de carburant et d’énergie fossile ;
  • de ramener plus de carbone dans le système.

Il cite aussi les mélanges recherchés en agriculture biologique, associant graminées, légumineuses, trèfles et céréales, comme base agronomique intéressante.

La ration du sol

Un point central de l’exposé est la notion de ration du sol.

L’idée est simple : quand on produit de la biomasse végétale, il faut partager cette production entre :

  • l’animal ;
  • le sol.

Une partie des végétaux nourrit les vaches, mais une autre partie, souvent invisible, nourrit le sol à travers les racines, les résidus et les restitutions.

Konrad Schreiber insiste sur le fait qu’une grande partie de la production d’une plante est souterraine. Une prairie, par exemple, produit énormément de matière sous forme de racines. Cette biomasse nourrit le sol, entretient sa vie et ouvre la possibilité de stocker du carbone.

Cela change totalement la logique : pour relever le défi climatique, il ne faut pas chercher une agriculture qui produit peu, mais une agriculture qui produit beaucoup de végétaux avec de bonnes pratiques de gestion.

Produire plus de biomasse pour mieux partager entre vache et sol

Dans cette logique, la productivité fourragère à l’hectare devient stratégique.

Plus on produit de biomasse :

  • plus on peut nourrir les animaux ;
  • plus on peut nourrir le sol ;
  • plus on peut gagner en autonomie ;
  • plus on peut espérer stocker du carbone.

Konrad Schreiber donne plusieurs exemples :

  • une prairie productive peut fournir une très grande quantité de matière sèche au sol ;
  • un système combinant méteil et maïs grain permet de produire des protéines et de l’énergie tout en laissant une part importante de résidus et de racines.

Ainsi, nourrir le sol n’est pas une perte : c’est un investissement agronomique qui permet de construire un système plus autonome et plus résilient.

Les premiers résultats du modèle amélioré

Quand le modèle est enrichi, les résultats deviennent beaucoup plus intéressants.

Il apparaît alors que les agriculteurs peuvent :

  • baisser fortement les émissions de gaz à effet de serre en optimisant leur système de production ;
  • augmenter le stockage de carbone par une autre approche technique.

Le graphique évoqué montre que certains éleveurs descendent vers 0,6 kg de CO2 par litre de lait, contre une moyenne d’environ 1 kg. Cela représente déjà une forte réduction.

Dans le même temps, le stockage de carbone peut aussi progresser nettement.

Le message est important : il ne s’agit pas d’une mission impossible. On peut agir à la fois sur l’optimisation du système d’élevage et sur la séquestration de carbone.

Les leviers d’optimisation du troupeau

Du côté du troupeau, plusieurs leviers sont cités.

Augmenter la production par vache

La rumination produit à peu près toujours la même quantité de méthane par vache. Donc, si une vache produit plus de lait, la quantité de méthane rapportée au litre de lait diminue.

Cela pose la question de la productivité de l’élevage.

Améliorer l’efficacité alimentaire

Il faut renforcer l’autonomie énergétique et protéique :

  • colza ;
  • soja produit sur la ferme ;
  • autres ressources locales.

Moins on achète d’aliments, moins on importe d’émissions liées à leur production et à leur transport.

Travailler la santé du troupeau

La longévité des vaches est un levier essentiel. Si les vaches restent plus longtemps productives :

  • on a besoin de moins de génisses de renouvellement ;
  • on dilue mieux les émissions ;
  • on améliore l’efficacité globale du troupeau.

Konrad Schreiber insiste sur le fait qu’il faut allonger la durée de carrière des vaches et mieux gérer le troupeau.

Le semis direct comme levier majeur de stockage

En s’appuyant sur des références du CIRAD, il explique que le semis direct permet de stocker environ 1 tonne de carbone par hectare et par an dans l’humus.

Cela correspond à un effet très important sur le bilan carbone de l’élevage. Le sol devient alors un levier majeur pour compenser les émissions du troupeau.

Autrement dit :

  • l’optimisation du troupeau réduit les émissions ;
  • le semis direct augmente le stockage ;
  • les deux ensemble changent complètement l’ordre de grandeur du bilan.

Le rôle décisif des arbres et de l’agroforesterie

À cela s’ajoute un troisième levier : les arbres.

Konrad Schreiber évoque les travaux de Christian Dupraz à Montpellier sur l’agroforesterie. En intégrant des arbres dans les systèmes d’élevage, on ajoute un stockage supplémentaire de carbone.

Avec semis direct + ration du sol + arbres, il devient possible d’aller jusqu’à une situation où les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage sont compensées, voire dépassées par le stockage.

Il cite l’exemple de l’Amérique latine, où des programmes de très grande ampleur développent déjà l’élevage agroforestier. Selon lui, ces pays ont compris qu’ils pourraient produire une viande à très faible empreinte carbone, voire « zéro carbone », et devenir très compétitifs.

L’avertissement est clair : les concurrents internationaux travaillent déjà sérieusement ces questions.

Une nouvelle lecture du bilan carbone des élevages

Dans la représentation proposée par Konrad Schreiber, on part d’un système perturbé qui émet environ 1 kg de CO2 par litre de lait.

Puis on ajoute successivement :

  • l’optimisation technique de l’élevage ;
  • les prairies ;
  • le semis direct ;
  • les arbres.

À mesure que ces leviers sont combinés, le bilan baisse jusqu’à pouvoir devenir nul, voire négatif. Autrement dit, l’élevage peut potentiellement devenir un système qui capte plus de carbone qu’il n’en émet.

Cela change complètement le cadre du débat : au lieu de voir l’élevage uniquement comme un problème climatique, il faut le considérer comme un outil possible de solution, à condition de transformer profondément les pratiques.

Le rôle des légumineuses

Les légumineuses sont présentées comme un levier intéressant, mais plutôt secondaire par rapport au stockage de carbone.

Elles permettent notamment :

  • de réduire les achats d’azote et de protéines ;
  • d’améliorer l’autonomie ;
  • de diminuer certaines émissions.

Cependant, Konrad Schreiber précise que leur effet reste souvent limité à une amélioration « à la marge », de l’ordre d’environ 10 %.

Leur intérêt est donc réel, mais elles ne suffisent pas à elles seules à régler la question climatique. Elles doivent s’inscrire dans un système plus global.

Soja, colza et matière grasse dans les rations

Sur l’alimentation animale, il évoque aussi l’utilisation de soja ou de colza, notamment pour apporter de la matière grasse végétale et améliorer certains équilibres de ration.

Mais là encore, le message est prudent :

  • cela peut aider ;
  • cela peut baisser un peu les émissions ;
  • mais on reste dans des gains marginaux.

Il rappelle aussi les limites nutritionnelles de certaines légumineuses graines, qui contiennent des facteurs antinutritionnels et ne peuvent pas être distribuées sans précautions au-delà de certaines doses.

Des bénéfices environnementaux beaucoup plus larges

Enfin, Konrad Schreiber montre que ces systèmes ne se limitent pas à une amélioration du carbone.

Quand on couvre les sols, qu’on augmente la biodiversité végétale, qu’on réduit le travail du sol et qu’on nourrit mieux le sol, on obtient en même temps :

  • moins d’érosion ;
  • moins de nitrates ;
  • moins de dépendance énergétique ;
  • plus de biodiversité ;
  • de meilleures conditions pour les pollinisateurs ;
  • une meilleure autonomie de la ferme.

Il résume cela comme un véritable « super look environnemental » du système.

Conclusion

Le propos central de cette séquence est que les outils classiques de calcul du carbone en élevage sont utiles pour établir un état des lieux, mais qu’ils restent insuffisants s’ils n’intègrent pas réellement la santé du sol, la couverture permanente, la productivité végétale, le semis direct et l’agroforesterie.

Pour Konrad Schreiber, on ne fera pas baisser fortement les émissions des élevages en agissant seulement à la marge sur les postes d’émission. Le véritable levier se situe dans la capacité à :

  • produire plus de biomasse ;
  • nourrir le sol ;
  • stocker du carbone ;
  • associer animaux, végétaux et arbres dans un système cohérent.

C’est cette voie qu’il présente comme la plus prometteuse pour faire des élevages non plus un problème, mais une partie de la solution environnementale.