Les Plantes Poussent Toutes Seules - Konrad SCHREIBER
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Aujourd'hui, nous vous proposons l'intervention de Konrad SCHREIBER lors de nos Universités d'Eté Sol Vivant à Marciac en août dernier ! Il vous parlera fertilité des sols.
Les plantes poussent toutes seules
Dans cette intervention, Konrad Schreiber explique que, dans les écosystèmes naturels, les plantes se développent spontanément dès lors que les conditions du milieu leur permettent de capter l’énergie solaire, de disposer d’eau, de nutriments et d’un sol vivant. L’idée centrale est que la croissance végétale n’a pas besoin d’être « forcée » par des interventions lourdes : ce sont surtout les conditions écologiques qu’il faut mettre en place ou préserver.
Le rôle fondamental de la photosynthèse
Konrad Schreiber rappelle que la base de toute production végétale est la photosynthèse. Les plantes utilisent l’énergie du soleil pour fabriquer de la matière organique à partir du dioxyde de carbone de l’air et de l’eau. Cette matière organique sert ensuite à construire les tissus végétaux, mais aussi à alimenter la vie du sol.
L’enjeu principal n’est donc pas uniquement d’apporter des intrants, mais de permettre aux plantes de :
- capter un maximum de lumière ;
- maintenir une activité végétative la plus longue possible ;
- transformer cette énergie en biomasse ;
- restituer une partie de cette biomasse au sol.
Dans cette logique, plus un sol est couvert par des plantes vivantes, plus il est capable de produire de la matière organique et d’alimenter les cycles biologiques.
Les plantes n’ont pas besoin qu’on « tire dessus »
L’un des messages mis en avant est que les plantes poussent d’elles-mêmes si l’on cesse de dégrader leur environnement. Konrad Schreiber insiste sur le fait que ce ne sont pas les pratiques intensives qui créent la vie végétale, mais au contraire les plantes qui, lorsqu’on leur laisse les bonnes conditions, bâtissent progressivement la fertilité du système.
Cela conduit à renverser une idée fréquente : au lieu de considérer que l’agriculteur « fait pousser » la plante, il faut comprendre qu’il organise les conditions favorables à son développement. Son rôle consiste notamment à :
- protéger le sol ;
- favoriser l’infiltration et la conservation de l’eau ;
- maintenir une activité biologique ;
- éviter les perturbations qui cassent les équilibres naturels.
Le sol comme milieu vivant
La vidéo met en avant l’importance du sol vivant. Un sol n’est pas seulement un support physique ou un réservoir chimique : c’est un milieu biologique complexe, peuplé de micro-organismes, de champignons, de vers de terre et de nombreuses autres formes de vie.
Ces organismes remplissent plusieurs fonctions essentielles :
- ils transforment les résidus végétaux ;
- ils structurent le sol ;
- ils rendent des nutriments disponibles ;
- ils participent à la circulation de l’eau et de l’air ;
- ils soutiennent la croissance des plantes.
Selon cette approche, la fertilité n’est pas uniquement liée à la quantité d’engrais apportée, mais à la capacité du sol à faire fonctionner ses cycles biologiques.
Couvrir les sols pour laisser travailler les plantes
Konrad Schreiber souligne l’intérêt majeur de la couverture permanente des sols. Dans la nature, un sol nu est une anomalie temporaire. Lorsqu’un espace est libre, la végétation le recolonise rapidement. Ce phénomène montre que le fonctionnement normal d’un milieu terrestre est d’être couvert.
Maintenir des plantes en place permet de :
- protéger la surface du sol contre l’érosion ;
- limiter l’impact des pluies ;
- réduire l’évaporation ;
- nourrir les organismes du sol ;
- capter du carbone atmosphérique ;
- produire de la biomasse utile.
Les couverts végétaux deviennent ainsi non pas une simple technique complémentaire, mais une manière de remettre le système agricole en cohérence avec les dynamiques naturelles.
L’importance des racines
La vidéo insiste aussi sur le rôle des racines. Une grande partie du fonctionnement du sol dépend des échanges entre les racines et les organismes vivants présents dans la rhizosphère. Les plantes envoient dans le sol des exsudats carbonés qui nourrissent les micro-organismes, lesquels participent ensuite à la mise à disposition d’éléments nutritifs.
Ainsi, la fertilité se construit non seulement avec les parties aériennes des plantes, mais aussi avec tout ce qui se passe sous terre. Plus les racines sont présentes, diverses et actives, plus elles contribuent à :
- structurer le sol en profondeur ;
- ouvrir des porosités ;
- améliorer la circulation de l’eau ;
- soutenir l’activité microbienne ;
- augmenter la résilience du système.
Remettre en cause le travail du sol
Dans le prolongement de cette vision, Konrad Schreiber critique les pratiques qui détruisent régulièrement la structure et la vie biologique du sol, en particulier le travail mécanique intensif. Le labour ou les interventions répétées peuvent perturber fortement les équilibres biologiques, accélérer la minéralisation de la matière organique et laisser le sol exposé.
L’idée n’est pas seulement de supprimer une technique, mais de comprendre ses effets :
- rupture des habitats biologiques ;
- perturbation des champignons et des réseaux vivants ;
- exposition accrue du sol ;
- perte plus rapide de matière organique ;
- fragilisation de la structure.
Dans cette perspective, moins on perturbe le sol, plus on laisse les processus vivants reconstruire durablement sa fertilité.
Produire avec les mécanismes du vivant
Le propos de la vidéo s’inscrit dans une agronomie qui cherche à s’appuyer sur les processus naturels plutôt qu’à les remplacer. Les plantes deviennent alors les principales alliées de la production agricole. Elles assurent une partie du travail de construction du sol, de capture du carbone, de recyclage des éléments minéraux et de régulation du milieu.
Cela suppose de raisonner autrement :
- en termes de fonctionnement global du système ;
- en cherchant à allonger les périodes de végétation ;
- en diversifiant les espèces ;
- en gardant le sol couvert ;
- en favorisant les complémentarités entre plantes et vie du sol.
Une vision agronomique fondée sur l’observation du vivant
Au fond, Konrad Schreiber défend une lecture de l’agriculture inspirée du fonctionnement des écosystèmes. Le message principal est simple : les plantes poussent toutes seules si l’on comprend ce dont elles ont besoin et si l’on évite de casser les mécanismes qui les soutiennent.
Cette approche replace l’agriculteur dans un rôle d’observateur et de pilote des équilibres, plutôt que de simple apporteur d’intrants. Elle invite à :
- regarder le sol comme un organisme vivant ;
- considérer les plantes comme des productrices de fertilité ;
- utiliser la photosynthèse comme moteur principal du système ;
- concevoir l’agriculture comme une coopération avec le vivant.
Idée principale de la vidéo
La vidéo défend l’idée que la croissance végétale repose d’abord sur les mécanismes naturels du vivant. Pour Konrad Schreiber, il s’agit moins de « faire pousser » les plantes que de créer les conditions dans lesquelles elles peuvent exprimer pleinement leurs capacités : lumière, eau, sol protégé, activité biologique et couverture végétale continue.