Maraîchage Sol Vivant - Actions, mises en réseau et suivi des fermes

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Le réseau Maraîchage Sol Vivant (MSV), né en 2012, rassemble des maraîchers qui cherchent à réduire, voire arrêter, le travail du sol afin de préserver sa fertilité, limiter l’érosion et renforcer la viabilité économique et sociale des fermes. Dans cette présentation, Angélique Duchemin, Vincent Levasseur et Aurélien Ferco reviennent sur les actions du réseau : visites de fermes, formations, échanges techniques, chaîne YouTube et suivi collectif des exploitations. Les intervenants détaillent plusieurs pratiques testées sur le terrain : apports importants de compost et de matière organique, couverture permanente des sols, occultation par bâches ou géotextiles, plantation directe sur prairie, et itinéraires innovants en carotte, pomme de terre, salade ou tomate. La vidéo montre aussi comment MSV construit des références agronomiques, techniques, économiques et sociales pour accompagner l’essor de ces systèmes et favoriser les échanges entre maraîchage, grandes cultures et arboriculture.

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Résumé
Le réseau Maraîchage Sol Vivant (MSV), né en 2012, rassemble des maraîchers qui cherchent à réduire, voire arrêter, le travail du sol afin de préserver sa fertilité, limiter l’érosion et renforcer la viabilité économique et sociale des fermes. Dans cette présentation, Angélique Duchemin, Vincent Levasseur et Aurélien Ferco reviennent sur les actions du réseau : visites de fermes, formations, échanges techniques, chaîne YouTube et suivi collectif des exploitations. Les intervenants détaillent plusieurs pratiques testées sur le terrain : apports importants de compost et de matière organique, couverture permanente des sols, occultation par bâches ou géotextiles, plantation directe sur prairie, et itinéraires innovants en carotte, pomme de terre, salade ou tomate. La vidéo montre aussi comment MSV construit des références agronomiques, techniques, économiques et sociales pour accompagner l’essor de ces systèmes et favoriser les échanges entre maraîchage, grandes cultures et arboriculture.

Présentation du réseau des maraichers en semis direct lors des rencontres internationales de l'agriculture du vivant en 2019


https://normandie.maraichagesolvivant.fr


Présentation du réseau maraîchage sol vivant

Cette intervention présente le réseau Maraîchage sol vivant (MSV), à travers les témoignages d’Angélique Duchemin, de Vincent Levasseur et d’Aurélien Ferco. Le réseau existe depuis 2012 et s’inscrit dans un mouvement de fond : partout en France, des maraîchers ont fait le choix d’arrêter ou de réduire fortement le travail du sol et d’échanger leurs pratiques pour progresser ensemble.

L’idée de départ est celle de paysans-chercheurs : des praticiens qui expérimentent sur leurs fermes, observent, partagent leurs résultats et construisent collectivement de nouvelles références techniques.

Le réseau est aussi connu par sa chaîne YouTube, qui a contribué à diffuser largement les pratiques, les réflexions et les retours d’expérience en maraîchage sol vivant.

Les intervenants

Trois personnes interviennent dans cette présentation :

Une histoire initiée par des paysans-chercheurs

Angélique Duchemin rappelle que Maraîchage sol vivant, c’est « toute une histoire ». Le réseau naît d’une volonté de mettre en place, autour de la filière maraîchère, des techniques permettant de :

  • préserver le sol ;
  • arrêter le travail du sol, ou au minimum le réduire fortement ;
  • mettre en commun les expériences afin d’avancer plus vite collectivement.

Les premières rencontres du réseau ont eu lieu en 2012, dans le Sud, à Auch. La création de l’association intervient en 2015.

Les objectifs du réseau

Les objectifs présentés sont multiples et articulent des dimensions agronomiques, économiques, sociales et alimentaires.

Produire des légumes de qualité

Le premier objectif est de produire des légumes “vivants”. Cette expression renvoie à une recherche de :

  • qualité globale des légumes ;
  • qualité nutritionnelle, avec la volonté de pouvoir un jour la mesurer plus finement ;
  • cohérence entre santé du sol et qualité de la production.

La question de la qualité nutritionnelle est présentée comme un sujet important, devant être approfondi dans d’autres conférences.

Maximiser l’activité biologique des sols

Le réseau cherche à :

  • maximiser l’activité biologique des sols ;
  • favoriser le fonctionnement naturel du sol ;
  • s’appuyer sur les organismes vivants du sol plutôt que sur un pilotage essentiellement mécanique ou chimique.

Lutter contre l’érosion

La réduction du travail du sol et sa couverture permanente sont aussi pensées comme des moyens de :

  • lutter contre l’érosion ;
  • protéger la structure du sol ;
  • limiter sa dégradation.

Préserver des fermes viables

Le projet ne se limite pas à la technique. Il vise aussi à préserver des fermes :

  • viables économiquement ;
  • vivables socialement ;
  • durables sur le long terme.

Les grands principes agronomiques

Angélique Duchemin insiste sur quelques principes majeurs.

Réduire au maximum le travail du sol

L’objectif premier est d’arrêter le travail du sol, ou au moins de le réduire autant que possible.

Couvrir le sol en permanence

Le réseau met l’accent sur la couverture du sol, soit :

Cette couverture est un levier central pour protéger le sol et nourrir sa vie biologique.

Miser sur les apports carbonés

Angélique résume cela par une formule : le réseau n’avait pas compris le « 4 pour 1000 », mais plutôt le 4 %. Autrement dit, l’approche privilégie les apports carbonés plutôt qu’une fertilisation fondée principalement sur des engrais azotés.

Elle évoque un ordre de grandeur : sur un sol déjà construit, il s’agit d’apporter environ 20 tonnes de matière sèche par hectare et par an afin de maintenir la fertilité d’un sol proche d’un fonctionnement de prairie.

Les actions du réseau

Le réseau mène plusieurs types d’actions.

Visites de fermes et formations

Parmi les actions principales :

  • l’organisation de visites de fermes ;
  • des formations sur l’agronomie ;
  • des formations sur les itinéraires techniques mis en œuvre dans les fermes ;
  • l’exploration d’autres thématiques comme le redox, les mycorhizes et bien d’autres sujets.

Transmission et capitalisation des connaissances

Le réseau a aussi pour ambition de :

  • transmettre les connaissances produites ;
  • capitaliser les expériences accumulées ;
  • conserver une mémoire collective des essais, réussites et difficultés.

La chaîne YouTube

Dans cette logique de diffusion, la chaîne YouTube MSV a été créée dès 2012-2013. Elle rassemble, au moment de l’intervention :

  • environ 10 000 abonnés ;
  • au moins 250 vidéos.

La chaîne est présentée comme un outil important de mise en visibilité du réseau et de partage d’expériences.

Les listes de discussion et les groupes locaux

Le réseau s’appuie également sur des listes de discussion :

  • une liste nationale de près de 700 membres ;
  • une liste normande d’environ 200 membres.

Il existe aussi des groupes locaux dans différentes régions.

Un réseau présent dans plusieurs régions

Angélique Duchemin évoque la structuration territoriale du réseau.

Une implantation nationale et en Belgique

La carte présentée recense environ 150 fermes en France et en Belgique, avec la remarque qu’il en manque probablement encore.

La dynamique en Normandie

En Normandie, le réseau a identifié :

  • environ 30 maraîchers installés ;
  • une vingtaine de porteurs de projet ;
  • des personnes en phase de test ou de transition vers l’arrêt du travail du sol.

Le réseau cherche également à travailler avec les territoires voisins, notamment :

  • l’Eure-et-Loir ;
  • la Mayenne ;
  • l’Île-de-France.

La structuration de MSV Normandie

En Normandie, l’association s’est créée en 2016, après un cycle de formation organisé dans la région.

Elle a ensuite obtenu plusieurs reconnaissances :

  • la reconnaissance comme groupe Dephy ferme Ecophyto ;
  • la labellisation en GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental).

Angélique souligne que ces dispositifs, mis en place à l’époque de Stéphane Le Foll, ont beaucoup aidé le réseau à se structurer, à obtenir des moyens et à mettre en place un suivi des fermes.

Le témoignage d’Aurélien Ferco

Aurélien Ferco présente ensuite son système de production et quelques itinéraires techniques expérimentés sur sa ferme.

Une ferme de maraîchage et de pommes de terre en Bretagne

Aurélien Ferco est installé dans le Centre-Finistère depuis 2011, en agriculture biologique depuis le début.

Son exploitation comprend environ :

  • 30 hectares au total ;
  • dont 10 hectares de pommes de terre, principalement en plants ;
  • et environ 15 hectares de production légumière, pour Bio Breizh et en vente directe pour les Biocoop.

Pas de maraîchage sol vivant sans sol vivant

Aurélien commence par une phrase volontairement simple : « pas de maraîchage sol vivant sans sol vivant ». Il veut rappeler par là qu’on ne peut pas faire l’économie d’une remise en état initiale des sols.

Les légumes sont des cultures :

  • gourmandes ;
  • exigeantes.

Si le sol n’est pas déjà fonctionnel, il faut au départ des apports importants pour recréer de la fertilité et de la porosité. Selon lui, la valeur ajoutée du maraîchage permet justement de financer cette remise en vie du sol.

L’utilisation de compost et de broyat

Aurélien montre une remorque de compost et explique sa pratique.

Le matériau utilisé est du :

  • compost ;
  • issu notamment de broyat de plateforme.

Ce choix est lié à sa disponibilité et à son coût. Le but est de :

  • recréer une porosité artificielle au départ ;
  • ramener de l’énergie, donc du carbone, dans les sols ;
  • relancer les cultures dans une logique de remise en fonctionnement du sol.

Une méthode inspirée de Dominique Soltner

Aurélien explique s’être inspiré de la méthode du jardinage sur sol vivant de Dominique Soltner, avec des apports de compost permettant de travailler sans bouleverser tout le parc matériel.

L’intérêt de cette approche est qu’elle reste relativement simple à mettre en œuvre :

  • les semoirs classiques peuvent encore être utilisés ;
  • avec seulement quelques adaptations ;
  • sans transformations majeures du matériel.

L’itinéraire technique sur carotte

Aurélien prend l’exemple de la carotte, culture qu’il utilise ici comme support de présentation.

Il réalise des apports importants en deux temps :

  • un premier apport très conséquent pour recréer de la porosité ;
  • puis un second apport pour constituer un lit de semences.

L’objectif est double :

  • favoriser la levée ;
  • et surtout gérer l’enherbement sur une culture lente à germer et lente à pousser.

Cette stratégie lui permet de réduire fortement le temps de désherbage, à environ 50 heures par hectare, là où les références en bio sont plutôt de l’ordre de 100 à 150 heures par hectare.

Il annonce aussi des rendements moyens de 60 tonnes par hectare, qu’il considère comme de bons résultats.

Les limites : eau et vivaces

Aurélien souligne cependant deux points de vigilance majeurs.

La disponibilité en eau

Avec ce type d’itinéraire, il faut de l’eau au démarrage. Si l’humidité n’est pas suffisante pendant les semaines de germination, la culture peut être compromise.

Il cite son propre exemple : même en Bretagne, un défaut d’irrigation peut faire perdre une culture. Selon lui, s’il n’y a pas environ trois semaines d’eau régulière pendant la germination, on peut être amené à refaire les semis, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur le salissement de la parcelle.

La gestion des vivaces

L’utilisation du compost devient plus compliquée en présence de vivaces. Il faut donc être attentif à la gestion préalable de ces adventices.

Pour cela, il mentionne notamment :

  • le bâchage de prairie ;
  • le bâchage d’anciennes cultures ;
  • l’occultation comme méthode de contrôle.

Plantation sous abri et optimisation de l’espace

Aurélien présente aussi une méthode utilisée sous abri, notamment pour planter des salades derrière tomates ou derrière d’autres solanacées.

Le fait de cultiver les tomates sur bâche présente chez lui plusieurs intérêts :

  • accélérer le réchauffement dans la serre ;
  • compenser un manque de luminosité ;
  • réaliser en quelque sorte un faux-semis long pendant plusieurs mois.

Cela permet ensuite de planter largement dans la serre, y compris dans les passages ou anciennes zones de circulation, car les sols vivants retrouvent progressivement leur structure après piétinement ou passage d’engins.

Selon lui, après un ou deux mois, l’ornière ou la trace de passage peut déjà avoir disparu. Cela autorise une optimisation importante de l’espace cultivé.

Les perspectives de travail d’Aurélien Ferco

Aurélien indique travailler depuis le début avec l’Atelier paysan sur le développement d’outils pour le semis sous couvert.

Il rappelle que :

  • détruire un engrais vert, on sait globalement faire ;
  • mais réimplanter correctement derrière reste une difficulté majeure.

Le travail avec le géochanvre

Son principal axe de travail du moment est l’usage de matériaux de type géochanvre, constitué à base de chanvre français, sous forme de tissage.

Ce matériau permettrait :

  • l’occultation de couverts ou d’engrais verts ;
  • l’empêchement de la levée des adventices ;
  • le développement de nouveaux itinéraires techniques.

Il cite plusieurs cultures concernées :

L’idée est de semer sur le géochanvre, puis de remettre une petite couche de compost pour maintenir l’humidité, maîtriser l’enherbement et pouvoir aller vers des systèmes sur prairie ou sur couverts.

Le témoignage de Vincent Levasseur

Vincent Levasseur présente ensuite son expérience de maraîcher en Normandie, sur petite surface.

Une installation directe sur prairie sans travail du sol

Vincent est maraîcher en Normandie sur une surface de :

  • un peu moins d’un hectare ;
  • environ 6 000 m² en plein champ au moment de l’intervention ;
  • avec l’objectif d’atteindre bientôt un hectare.

Il explique avoir été l’une des premières fermes à s’installer directement sur prairie, sans aucun travail du sol entre le moment où la prairie était en place et celui où les légumes ont été implantés.

La bâche comme outil de transition

Pour réussir cette transition, il utilise un outil simple et adapté aux petites surfaces : la bâche, qu’il s’agisse de :

  • bâche tissée ;
  • ou de bâche d’ensilage.

Pour lui, ces deux matériaux fonctionnent de manière comparable.

L’un des enseignements tirés de cette pratique est qu’on peut produire dès la première année. Après seulement un ou deux mois d’occultation, il devient possible de planter :

  • des courges ;
  • des tomates ;
  • notamment en régions chaudes ou sous serre.

Des résultats rapides sur prairie

Vincent montre une photo de courges produites sur prairie occultée et annonce des résultats de l’ordre de 80 tonnes de courges par hectare, avec de très beaux niveaux de production.

L’intérêt de cet exemple est de montrer que la transition depuis une prairie vers une culture légumière sans travail du sol peut être très rapide et très productive.

Des itinéraires de recherche pour ouvrir d’autres possibilités

Vincent insiste sur l’importance des itinéraires de recherche, qui permettent d’ouvrir de nouvelles portes et d’envisager la culture légumière différemment.

La pomme de terre sur petite surface, avec simplification extrême

Il présente un itinéraire de pomme de terre sur petite surface visant à simplifier au maximum le travail.

Le principe est le suivant :

  • les pommes de terre récoltées à la main ;
  • celles qui sont abîmées ;
  • ou légèrement vertes ;
  • sont laissées sur place.

Elles servent alors de plant pour l’année suivante. On fait donc de la pomme de terre sur pomme de terre, au même endroit, en recouvrant ensuite de :

  • fumier de cheval ;
  • ou éventuellement de bâches.

Cet itinéraire permet de n’avoir que très peu d’interventions :

  • pailler ;
  • récolter à la main.

Vincent indique des rendements de l’ordre de 4 kg par m² en maraîchage biologique, ce qu’il juge intéressant.

La question des campagnols

Une difficulté commune à plusieurs cultures est celle des campagnols.

Vincent mentionne des dégâts sur :

Ces dégâts sont estimés à environ 10 %, ce qui reste, selon lui, gérable. Le problème peut être plus gênant sur certaines cultures comme la salade, lorsque les racines sont attaquées très tôt.

Le cas du taupin

Vincent revient aussi sur une crainte fréquemment évoquée lors de l’installation sur prairie : le taupin.

On lui avait dit qu’une installation sur prairie serait ravagée par ce ravageur. Pourtant, il affirme n’avoir eu aucun problème de taupins.

Son explication est la suivante : le taupin apparaît surtout lorsqu’il y a un excès de matière organique en fermentation. Si l’on ne retourne pas la prairie, on n’engendre pas cette masse de matière organique en fermentation anaérobie, et l’on évite donc ce problème.

La conduite de tomates non taillées

Vincent présente ensuite une pratique plus originale : la non-taille des tomates.

Cette conduite demande de la technicité. L’idée est :

  • d’accompagner la croissance verticale de la plante ;
  • en la tuteurant ;
  • et en faisant des cercles autour du plant au fur et à mesure qu’il monte.

Il obtient ainsi des sortes de piliers de tomates. La photo montrée, prise vers la mi-septembre, témoigne selon lui de plantes relativement saines, avec peu de maladies.

Cette approche est présentée comme un exemple de la façon dont le sol vivant permet aussi d’imaginer de nouvelles pratiques culturales au quotidien.

Vincent fait ici le lien avec ce qui a été présenté plus tôt dans le colloque par Marceau Bourdarias.

Le suivi des fermes et la production de références

Dans la dernière partie de son intervention, Vincent revient sur un travail collectif mené par le réseau Maraîchage sol vivant.

Un inventaire global des fermes

Le réseau a engagé un travail de collecte de données :

  • agronomiques ;
  • techniques ;
  • mais aussi sociales.

Parmi les éléments suivis figurent par exemple :

  • le temps de travail ;
  • le nombre de journées que l’agriculteur peut dégager pour visiter d’autres fermes ou se former ;
  • des indicateurs économiques ;
  • l’évolution globale des fermes.

L’idée est de construire un inventaire global qui sera enrichi d’année en année.

Un travail évolutif, choisi par les membres du réseau

Vincent insiste sur le fait que ce suivi n’est pas figé : il a été choisi par les membres du réseau et il est en évolution permanente.

Le réseau cherche à identifier les meilleurs indicateurs possibles :

  • d’un point de vue agronomique ;
  • d’un point de vue technique ;
  • et à terme sur la qualité nutritive des productions.

Il souligne aussi les limites concrètes : certaines mesures, comme le comptage des vers de terre, prennent beaucoup de temps, alors que les moyens humains du réseau sont modestes.

Une réponse à une forte dynamique d’installation

Ce travail de suivi est aussi motivé par la forte demande de références. Vincent note qu’en Normandie, lorsqu’ils discutent avec la chambre d’agriculture, une très grande majorité des jeunes installés en maraîchage souhaitent désormais aller vers du maraîchage sol vivant.

Dans ce contexte, il devient essentiel de disposer de repères sur le temps long pour comprendre :

  • comment évoluent les fermes ;
  • quelles dynamiques économiques, techniques et sociales se mettent en place ;
  • quels résultats sont réellement obtenus.

Faire des liens avec les autres filières agricoles

Vincent conclut en insistant sur l’importance de créer des liens avec d’autres filières :

  • les grandes cultures ;
  • l’arboriculture ;
  • et plus largement les autres secteurs agricoles.

Selon lui, le maraîchage sol vivant a beaucoup appris de ce qui se faisait en grandes cultures. Il cite aussi les échanges avec les travaux de Marceau Bourdarias en arboriculture.

L’enjeu est de faire circuler les idées et les innovations entre systèmes de production afin de poursuivre le travail nécessaire d’élaboration de nouvelles pratiques agricoles.

Conclusion

Cette présentation montre que Maraîchage sol vivant est à la fois :

  • un réseau de producteurs ;
  • un espace d’expérimentation collective ;
  • un lieu de mise en commun des pratiques ;
  • et un cadre de production de références sur le long terme.

Les interventions d’Angélique Duchemin, d’Aurélien Ferco et de Vincent Levasseur mettent en évidence plusieurs idées fortes :

  • l’arrêt ou la réduction extrême du travail du sol ;
  • la couverture permanente ;
  • les apports carbonés ;
  • l’importance de la structuration collective ;
  • et la nécessité de documenter finement les systèmes pour accompagner leur diffusion.

Le réseau se présente ainsi comme un mouvement porté par des praticiens, attentif à la fois à la biologie des sols, à la qualité des légumes, à la viabilité des fermes et à la diffusion des connaissances.