Relay cropping en grandes cultures, Sylvain Delzon, retour d'experience de l'INRAE

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Sylvain Delzon, directeur de recherche à l'INRAE, présente un retour d'expérience précieux sur le *relay cropping* (culture en relais) en grandes cultures, une pratique testée depuis six ans. Cette technique consiste à implanter une culture de printemps, principalement du soja, dans une céréale d'hiver encore sur pied. L'objectif est double : limiter l'érosion des sols par une couverture permanente et diversifier les cultures pour mieux atténuer les aléas climatiques. Si la réussite agronomique impose une gestion technique rigoureuse — notamment le choix des variétés, la précision du semis RTK, l'irrigation au démarrage et l'adaptation du matériel pour ne pas endommager les cultures — les résultats sont prometteurs. En agriculture biologique comme conventionnelle, le *relay cropping* permet de maintenir une rentabilité économique intéressante tout en réduisant l'usage d'intrants. Sylvain Delzon souligne toutefois que le choix du semoir et l'espacement des rangs restent des défis majeurs pour le développement à grande échelle de cette pratique.

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Résumé
Dans cette vidéo, Sylvain Delzon, directeur de recherche à l'INRAE, présente un retour d'expérience précieux sur le *relay cropping* (culture en relais) en grandes cultures, une pratique testée depuis six ans. Cette technique consiste à implanter une culture de printemps, principalement du soja, dans une céréale d'hiver encore sur pied. L'objectif est double : limiter l'érosion des sols par une couverture permanente et diversifier les cultures pour mieux atténuer les aléas climatiques. Si la réussite agronomique impose une gestion technique rigoureuse — notamment le choix des variétés, la précision du semis RTK, l'irrigation au démarrage et l'adaptation du matériel pour ne pas endommager les cultures — les résultats sont prometteurs. En agriculture biologique comme conventionnelle, le *relay cropping* permet de maintenir une rentabilité économique intéressante tout en réduisant l'usage d'intrants. Sylvain Delzon souligne toutefois que le choix du semoir et l'espacement des rangs restent des défis majeurs pour le développement à grande échelle de cette pratique.

Merci à Sylvain Delzon pour cet entretien. Pour retrouver ses études et expérimentations, c'est ici : http://sylvain-delzon.com/relay-cropping/


00:00 : Présentation

10:05 : Protocole des essais

20:02 : Contraintes techniques du relay cropping

24:20 : Le desherbage

27:00 : Les perspectives du relay cropping

29:00 : Semis du soja, matériel et technique

37:10 : Levée du soja

44:14 : 1ere difficulté - la compétition hydrique

48:00 : 2eme difficulté - récolter la céréale

52:00 : Bilan du relay cropping - la culture d'hiver

59:02 : Irrigation

01:01:18 : Bilan du relay cropping - la culture de printemps

01:08:56 : Impact du relay cropping sur les reliquats azotées et la MO du sol



Relay cropping en grandes cultures : retour d’expérience de l’INRAE avec Sylvain Delzon

Le relay cropping, ou “culture en relais”, est une pratique agroécologique qui consiste à semer une deuxième culture dans une première culture encore présente avant sa récolte. Bien que cette technique soit connue depuis plusieurs années, elle a été jusqu’ici peu documentée d’un point de vue agronomique et environnemental. Sylvain Delzon, directeur de recherche à l’INRAE (unité Biogeco), partage six années de retours d’expérience sur cette pratique prometteuse.

Objectifs et contexte agronomique

L’objectif principal du relay cropping est de s’affranchir des limites des cultures en dérobée classiques, qui dépendent fortement des conditions climatiques post-récolte. En prolongeant la saison de croissance, cette technique permet : - De limiter l’érosion des sols grâce à une couverture permanente. - De réduire le recours aux intrants (fertilisants et pesticides). - De stocker du carbone dans les sols (en lien avec l’initiative internationale “4 pour 1000”). - D’atténuer les aléas climatiques en sécurisant deux récoltes par an.

Le défi technique de l’implantation

Le relay cropping est complexe techniquement. Il nécessite une planification rigoureuse : - Gestion des voies : Le semis de la céréale d’hiver doit être calculé en fonction des largeurs de voie du tracteur et de la moissonneuse pour permettre le passage au printemps sans endommager la culture en place. - Équipements adaptés : L’usage de semoirs modifiés (poutres surélevées, disques gaufrés, systèmes de précision comme le Delta Force) est indispensable pour semer le soja ou le sorgho entre les rangs de céréales. - Désherbage : La pratique privilégie le [[désherbage mécanique]]. En conventionnel, seul un désherbage de prélevée racinaire est effectué, évitant ainsi des interventions tardives qui pénaliseraient la culture de printemps.

Résultats sur les rendements et conduite des cultures

Les essais, menés principalement dans le Sud-Ouest, montrent que : - Impact sur la céréale : On observe une baisse de rendement de la céréale (blé ou orge) d’environ 13 à 15 % par rapport à un semis en plein. Cependant, cette baisse est compensée par la récolte de la culture de printemps. En agriculture biologique, cet impact est minimisé par la réduction des besoins en azote liée à la moindre densité de semis. - Réussite du soja et du sorgho : Le soja est la culture de printemps privilégiée car, en tant que légumineuse, il ne nécessite pas de fertilisation azotée. Le choix de la variété est crucial : les variétés trop précoces (types triple zéro) sont pénalisées par une durée trop longue sous le couvert. Il est recommandé de privilégier des variétés résistantes au stress hydrique, car une irrigation de démarrage (notamment au mois de mai) est indispensable pour garantir la levée. - Gestion de la récolte : La moisson de la céréale doit se faire avec précaution. L’utilisation de “patins” (type Flexy fingers) permet de coucher la culture de printemps sans la couper.

Perspectives économiques

Le relay cropping offre une marge brute intéressante. Bien que les charges puissent augmenter (semis supplémentaire, équipement), elles sont tempérées par la réduction des postes “pesticides” et “fongicides”. L’indice de performance, ou Land Equivalent Ratio (LER), se situe souvent entre 1.2 et 1.4, signifiant une productivité globale supérieure à celle d’une culture unique en plein.

Freins et développements futurs

Le principal frein au déploiement du relay cropping reste l’accès à du matériel adapté. Des constructeurs comme Sly ou le groupe Acco travaillent actuellement sur des semoirs de précision spécifiquement conçus pour ce type d’interrang. Les travaux de recherche se poursuivent également sur la possibilité de pratiquer un relay cropping continu en alternant les bandes d’une année sur l’autre, et sur l’utilisation d’outils de régulation mécanique des repousses pour une agriculture de conservation sans glyphosate.