Arboriculture - Après-midi en extérieur ! - 3/4

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Dans cette troisième partie en extérieur consacrée à l’arboriculture, plusieurs intervenants présentent des approches complémentaires pour mieux comprendre et piloter les sols. D’abord, l’exemple de Bio Vitis montre comment des micro-organismes du sol, comme certains Bacillus ou Trichoderma, sont sélectionnés pour lutter contre des pathogènes par antagonisme, tout en soulignant la longueur du processus de développement et d’homologation. Ensuite, Francis Bucaille, consultant agronome, détaille la lecture d’un profil de sol en quatre volets : fertilité biologique, physique, chimique et hydrique. Il insiste sur le rôle central des racines, des vers de terre, de la structure et du pH dans la résilience des vergers. Enfin, les échanges portent sur les outils de mesure, l’eau, la qualité biologique des intrants organiques et l’intérêt des couverts végétaux pour restaurer porosité, activité biologique et équilibre global du sol.

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Résumé
Dans cette troisième partie en extérieur consacrée à l’arboriculture, plusieurs intervenants présentent des approches complémentaires pour mieux comprendre et piloter les sols. D’abord, l’exemple de Bio Vitis montre comment des micro-organismes du sol, comme certains Bacillus ou Trichoderma, sont sélectionnés pour lutter contre des pathogènes par antagonisme, tout en soulignant la longueur du processus de développement et d’homologation. Ensuite, Francis Bucaille, consultant agronome, détaille la lecture d’un profil de sol en quatre volets : fertilité biologique, physique, chimique et hydrique. Il insiste sur le rôle central des racines, des vers de terre, de la structure et du pH dans la résilience des vergers. Enfin, les échanges portent sur les outils de mesure, l’eau, la qualité biologique des intrants organiques et l’intérêt des couverts végétaux pour restaurer porosité, activité biologique et équilibre global du sol.

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Présentation de l’entreprise et de son activité

L’intervenant rappelle d’abord que BioVitis est une entreprise qui travaille sur les micro-organismes.

Elle ne se limite pas à l’agronomie :

  • une grande partie de son activité concerne l’agroalimentaire, par exemple les flores d’affinage pour les fromages ;
  • un autre volet concerne l’environnement, avec la recherche de souches utilisables dans les stations d’épuration, y compris en industrie laitière, minière ou papetière ;
  • l’entreprise travaille aussi sur les secteurs cosmétique et pharmaceutique, non pas pour appliquer directement des micro-organismes sur la peau, mais pour utiliser les composés qu’ils produisent ;
  • enfin, il existe tout un volet agronomie.

L’intervenant explique que, depuis les années 2000, BioVitis mène des recherches pour identifier des micro-organismes intéressants pour des usages agronomiques. Le travail consiste à partir de problématiques remontées du terrain et à vérifier si des solutions microbiennes peuvent y répondre.

Exemple de recherche : la fusariose du blé

Pour illustrer concrètement ce travail, l’intervenant prend l’exemple d’un projet sur la fusariose du blé.

Il rappelle que cette maladie est souvent associée à l’épi, puisque les agents pathogènes peuvent attaquer le grain, avec des conséquences sur :

  • le rendement ;
  • la qualité sanitaire, notamment via la production de mycotoxines.

Mais il précise aussi que ces agents pathogènes ont un cycle de vie dans le sol, et qu’il ne s’agit pas d’un seul champignon mais d’un complexe de champignons.

Dans le cadre de ce projet, deux questions se posent :

  • identifier précisément ce complexe fusarien ;
  • voir s’il est possible de le combattre avec d’autres micro-organismes par des relations d’antagonisme.

Les pathogènes cités sont notamment :

Ces organismes sont cultivés en laboratoire afin de pouvoir les observer et les confronter à d’autres micro-organismes.

Le principe du criblage de micro-organismes

BioVitis dispose d’une collection d’environ 600 micro-organismes. En y ajoutant des collaborations avec des partenaires publics, l’entreprise travaille avec une banque d’environ 2000 micro-organismes du sol, non pathogènes.

Le principe consiste à les mettre en confrontation directe avec les agents pathogènes ciblés afin de réaliser un screening :

  • observer les interactions ;
  • repérer les relations d’intérêt ;
  • sélectionner les meilleurs candidats.

L’intervenant présente plusieurs types d’interactions recherchées.

Exemple avec Bacillus

Sur une boîte de Petri, on observe au centre Fusarium graminearum et, sur les côtés, une bactérie du sol du genre Bacillus.

Le phénomène recherché est la présence d’une zone d’inhibition, un espace dans lequel le champignon ne se développe pas. L’explication proposée est que la bactérie relargue dans le milieu des composés antifongiques.

Quand ce type d’effet est visible en laboratoire, le micro-organisme devient un candidat potentiel à tester ensuite dans des conditions plus proches du terrain.

Exemple avec Trichoderma

Un autre exemple est donné avec un champignon du genre Trichoderma placé en confrontation avec Fusarium.

Dans ce cas, le mécanisme observé est différent :

  • d’abord une croissance très rapide de Trichoderma, qui prend l’espace et les ressources ;
  • ensuite, si on laisse évoluer la boîte, une capacité de mycoparasitisme, c’est-à-dire que Trichoderma finit par coloniser et dégrader le pathogène.

L’intervenant explique que ce type de champignon est intéressant car, lorsqu’il s’installe dans le sol, il peut occuper la niche écologique avant les pathogènes.

De la sélection en laboratoire à la formulation du produit

L’intervenant insiste sur le fait que le travail ne consiste pas seulement à trouver un organisme efficace en laboratoire.

Le processus se fait par étapes :

  • départ avec environ 2000 candidats ;
  • sélection d’une centaine sur la base de leur efficacité face à plusieurs pathogènes ;
  • poursuite du tri ;
  • arrivée à une dizaine de candidats réellement prometteurs.

Mais un bon candidat biologique ne suffit pas. Il faut aussi vérifier :

  • s’il est possible de le produire à grande échelle ;
  • s’il peut être conservé ;
  • s’il résiste aux procédés industriels ;
  • s’il reste viable pendant la durée de commercialisation du produit.

Des techniques comme la lyophilisation ou l’atomisation permettent de mettre les micro-organismes dans un état de stabilité compatible avec la fabrication de produits commerciaux.

L’entreprise doit ensuite garantir que, au bout de plusieurs mois, voire d’un an ou plus, la quantité de micro-organismes vivants présente dans le produit reste conforme à ce qui est annoncé.

La question du traitement de semences

L’intervenant prend aussi l’exemple du pelliculage de semences.

L’idée est qu’un traitement au plus près de la graine peut être très intéressant contre des maladies comme les fontes de semis. Mais il rappelle que les procédés de traitement de semences sont physiquement contraignants :

  • brassage ;
  • friction ;
  • mélange en bouillie ;
  • montée en température.

Ces conditions peuvent être problématiques pour des micro-organismes vivants. Certains y résistent bien, d’autres non. Cela fait donc partie du tri final.

Les essais au champ

Une fois les meilleurs candidats sélectionnés et formulés, BioVitis produit des lots pilotes et réalise des essais au champ.

L’objectif est de vérifier si les observations faites au laboratoire sont réellement confirmées en conditions agricoles.

L’intervenant souligne cependant une difficulté importante : pour tester une solution contre la fusariose, encore faut-il que la maladie s’exprime dans les essais. Or, ces dernières saisons ont parfois été peu favorables à son développement, notamment à cause des conditions climatiques au moment de l’épiaison.

Conséquences :

  • certaines campagnes d’essais sont perdues ;
  • sur un grand nombre d’essais, seuls quelques-uns expriment réellement la maladie ;
  • cela complique le choix des meilleures solutions.

Malgré cela, le travail avance progressivement vers des produits susceptibles de justifier le montage d’un dossier réglementaire.

Les contraintes réglementaires du biocontrôle

L’intervenant insiste longuement sur la lourdeur de la réglementation.

Même lorsqu’une solution de biocontrôle paraît très prometteuse, elle ne peut pas arriver rapidement sur le marché. Elle est aujourd’hui évaluée quasiment comme un produit phytosanitaire classique.

Il faut démontrer :

  • l’efficacité ;
  • l’absence de toxicité ;
  • l’absence d’écotoxicité sur différents organismes :
    • arthropodes ;
    • vers de terre ;
    • daphnies ;
    • algues ;
    • abeilles ;
    • autres communautés microbiennes.

Il faut aussi vérifier qu’un micro-organisme introduit dans le milieu ne va pas :

  • s’installer durablement de façon indésirable ;
  • perturber toute la communauté microbienne existante.

Cela suppose le développement de marqueurs spécifiques permettant de suivre la souche introduite au cours du temps.

L’intervenant estime qu’entre le début d’un projet et la commercialisation d’un produit, il faut raisonnablement compter dix ans de travail :

  • environ cinq ans de recherche ;
  • montage du dossier ;
  • environ deux ans et demi d’évaluation au niveau européen ;
  • puis l’évaluation des produits formulés dans chaque pays.

Différence entre biocontrôle et biostimulants

L’intervenant distingue ensuite deux grands types de produits :

  • les produits de biocontrôle, qui visent à lutter contre un organisme vivant pathogène ;
  • les biostimulants, qui visent plutôt à aider la plante à mieux gérer des stress abiotiques.

Pour les biostimulants, les dossiers réglementaires sont différents et beaucoup moins harmonisés entre pays.

Il prend plusieurs exemples :

  • en France, c’est l’ANSES qui traite les dossiers ;
  • en Espagne ou en Belgique, le cadre est différent ;
  • en Allemagne, le fonctionnement est encore autre.

Cette hétérogénéité pose problème au sein du marché européen.

L’intervenant rappelle aussi qu’un « vrai » biostimulant est un produit qui a fait l’objet d’une évaluation réglementaire et dont l’efficacité a été prouvée.

Compatibilité entre micro-organismes et autres produits

Un autre aspect du travail de développement concerne les compatibilités.

L’intervenant explique que, pour être intéressant économiquement, un produit microbien ne doit pas forcément nécessiter un passage supplémentaire. Il faut donc vérifier s’il peut être associé à d’autres interventions techniques, par exemple :

  • un herbicide ;
  • un traitement de semences ;
  • certains autres intrants.

Il souligne qu’il ne faut pas généraliser :

  • un fongicide n’est pas forcément incompatible avec tous les champignons utiles ;
  • tout dépend de la cible du produit et du micro-organisme concerné.

Des tests sont donc réalisés pour vérifier si les micro-organismes supportent :

  • les spécialités phytosanitaires ;
  • les pelliculants ;
  • les formulations utilisées en semences.

Présentation de l’intervenant suivant

Après cette intervention sur les micro-organismes, un autre intervenant prend la parole : Francis Bucaille, présenté comme consultant agronome et créateur d’une société commerciale.

Il explique intervenir principalement comme expert agronome et avoir travaillé dans de nombreux pays :

  • Canada ;
  • États-Unis ;
  • Brésil ;
  • grande partie de l’Amérique du Sud ;
  • plusieurs pays d’Afrique ;
  • quasi-totalité de l’Europe.

Selon lui, cette expérience internationale permet de croiser différentes approches agronomiques.

L’intérêt du profil de sol

Francis Bucaille explique qu’un profil de sol est utile parce qu’il permet de voir le sol en trois dimensions. Or, en agriculture, et en particulier en arboriculture, on ne cultive pas seulement une surface, mais un volume.

En arboriculture, la profondeur d’exploration des racines est décisive :

  • pour la résilience face aux excès d’eau ;
  • pour la résistance au manque d’eau ;
  • pour la capacité du sol à tamponner les excès climatiques.

Il propose de décrire le profil à travers quatre compartiments :

  • la fertilité biologique ;
  • la fertilité physique ;
  • la fertilité chimique ;
  • la fertilité hydrique.

La fertilité biologique

Francis Bucaille commence par la fertilité biologique, qu’il considère comme fondamentale.

Selon lui, c’est le vivant qui a créé les sols fertiles :

  • l’humus est évidemment issu du vivant ;
  • mais les argiles aussi sont, dans leur organisation, liées à l’activité biologique.

Il explique que les bactéries prélèvent dans le milieu les éléments dont elles ont besoin et laissent en place notamment :

Ce processus contribue à la formation des argiles. Il insiste sur le fait que l’origine de la création des argiles est, selon lui, très largement liée au vivant.

Il rappelle aussi le rôle de certaines bactéries dans la fixation de l’azote atmosphérique.

Observation des racines et des vers de terre

Pour décrire la fertilité biologique d’un profil, il faut regarder :

  • la profondeur et la densité de l’enracinement ;
  • la présence de vers de terre.

Les racines sont un bon indicateur, car elles ne se développent bien que là où il y a suffisamment d’oxygène.

Autour des racines, l’activité microbienne est beaucoup plus intense que dans un sol nu, grâce aux exsudats racinaires.

Les vers de terre

Dans le profil observé, des vers de terre ont été trouvés, notamment des vers anéciques, c’est-à-dire les gros lombrics qui creusent des galeries verticales.

Ces vers sont jugés particulièrement importants parce qu’ils :

  • brassent les matériaux du sol ;
  • remontent des argiles en surface ;
  • descendent des débris organiques en profondeur ;
  • rejettent des turricules stables et riches.

Leur activité contribue fortement à la fertilité du sol.

Cependant, dans le profil étudié, les vers observés se trouvent surtout dans les horizons supérieurs. En dessous d’environ 40 cm, il y a des galeries anciennes mais peu ou pas de galeries encore occupées.

Cela signifie que ce volume du sol n’est plus pleinement exploré par les vers de terre.

Francis Bucaille précise toutefois que la situation n’est pas irréversible : selon lui, il ne faut pas parler de « sol mort ». Il suffit souvent d’arrêter certaines erreurs et de remettre en place des techniques adaptées pour que la vie revienne rapidement.

La fertilité physique

Le deuxième volet est la fertilité physique.

Il s’agit principalement de l’organisation du sol :

  • présence éventuelle de semelles ;
  • poches d’air ;
  • compactions ;
  • continuité ou non de la porosité.

Dans le profil observé, Francis Bucaille identifie une couche plus dure, vers une dizaine de centimètres de profondeur, sur environ 10 cm d’épaisseur.

Selon lui, cela peut justifier une intervention mécanique très superficielle, mais en prenant garde à ne pas travailler plus profond que nécessaire. Il insiste sur le fait qu’il ne faut pas détruire la porosité naturelle du sol située plus bas.

Il met aussi en garde contre l’usage systématique d’outils de fissuration ou de sous-solage. Ceux-ci ne doivent être utilisés qu’après diagnostic, puis contrôlés après passage pour vérifier qu’ils produisent bien l’effet recherché.

La fertilité chimique

Le troisième volet est la fertilité chimique.

Francis Bucaille rappelle que ces compartiments ne sont pas réellement séparés dans la réalité, mais que cette distinction aide à raisonner.

Dans le profil observé, il n’identifie pas de traces marquées d’hydromorphie, comme des taches liées à une réduction du fer ou du manganèse.

Le pH du sol

Il mesure aussi le pH et indique qu’il est relativement bas, autour de 5 à 5,5.

Il attire l’attention sur le fait qu’un pH de surface et un pH plus profond peuvent parfois être très différents, ce qui n’apparaît pas toujours dans une simple analyse de sol.

Il raconte à ce sujet un cas observé en Californie, dans un verger d’abricotiers arraché pour manque de productivité :

  • les analyses de sol paraissaient correctes ;
  • mais le profil montrait un pH de surface de 4 et un pH à 20 cm de 9.

Selon lui, dans une telle situation, l’arbre ne peut pas fonctionner correctement.

Il conclut donc qu’il faut interpréter les analyses de sol avec prudence et toujours les relier à l’observation du profil.

La fertilité hydrique

Le dernier volet est la fertilité hydrique :

  • capacité du sol à absorber rapidement l’eau ;
  • capacité à la stocker ;
  • capacité à la restituer aux plantes.

Dans le profil observé, l’absence de signes d’hydromorphie laisse penser que l’infiltration fonctionne plutôt bien.

Francis Bucaille insiste néanmoins sur plusieurs facteurs essentiels :

  • la profondeur d’enracinement ;
  • la finesse et la cohésion des matériaux du sol ;
  • la porosité ;
  • la qualité de la solution du sol.

Il rappelle que les plantes ont besoin d’énormes quantités d’eau pour fabriquer de la matière sèche, et que cette efficacité dépend aussi de l’équilibre minéral du milieu.

Selon lui, si la plante trouve facilement les éléments nutritifs dont elle a besoin, elle utilise mieux l’eau. Dans le cas contraire, elle en « gaspille » davantage pour continuer à chercher ce qui lui manque.

Il souligne alors l’importance de l’humus, qu’il juge essentiel non seulement pour le stockage d’eau, mais aussi pour l’équilibre global de la nutrition.

Premières conclusions sur le sol observé

Pour conclure son analyse du profil, Francis Bucaille estime que le sol observé reste exploitable et qu’il est encore possible d’y être rentable.

Il identifie néanmoins quelques axes d’amélioration :

  • regarder les rapports calcium / magnésium / potassium / sodium sur la CEC ;
  • corriger certains points de structure ;
  • implanter des racines pour occuper le terrain ;
  • éventuellement utiliser des espèces capables de restructurer le sol.

Il cite notamment la fétuque élevée comme plante très efficace pour décompacter biologiquement le sol.

Il insiste aussi sur un point de gestion : il ne faut pas raser trop court les couverts ou les prairies, car cela réduit l’enracinement profond. Selon lui, pour construire réellement de l’humus stable, il faut laisser les plantes aller loin dans leur cycle, jusqu’à produire des tissus plus lignifiés.

Mesures dans les plantes et dynamique du système

Un autre intervenant présente ensuite un travail davantage centré sur la mesure et l’interprétation de différents paramètres dans les plantes, l’eau et le sol.

Il explique que son équipe travaille à l’origine beaucoup sur les systèmes d’élevage, puis en arboriculture, avec une approche centrée sur :

  • l’eau ;
  • l’état des plantes ;
  • les minéraux ;
  • les oligo-éléments ;
  • les métaux lourds.

L’un des constats développés est que tout ramène à la qualité de l’eau, à la fois pour :

  • l’irrigation ;
  • l’hydratation des plantes ;
  • le transport d’éventuels biostimulants ;
  • l’hygiène des réseaux et des installations.

L’intervenant explique avoir développé des procédés basés notamment sur l’électrolyse de l’eau pour produire des solutions désinfectantes et améliorer certaines propriétés de l’eau utilisée sur les exploitations.

Observer les plantes autrement que par une seule valeur

L’intervenant insiste sur un point méthodologique : une valeur brute isolée ne suffit pas à comprendre le fonctionnement d’une plante ou d’un système.

Il cite plusieurs paramètres que l’on peut mesurer :

  • pH ;
  • Brix ;
  • conductivité ;
  • sodium ;
  • potassium ;
  • azote.

Mais, selon lui, ce qui compte n’est pas seulement la valeur absolue, c’est aussi la relation entre les valeurs.

Par exemple :

  • le Brix seul ne dit pas tout ;
  • l’azote seul ne dit pas tout ;
  • ce qui importe est le rapport entre Brix et azote, ou entre Brix et potassium, etc.

Il ajoute que le visuel et la texture d’un jus de plante peuvent aussi donner des indications importantes.

Minéraux, métaux lourds et qualité des productions

Une autre idée développée est que, lorsque les plantes sont bien nourries en minéraux et oligo-éléments, elles contiennent souvent moins de métaux lourds.

À l’inverse, l’apparition de quantités importantes de certains métaux lourds, notamment l’aluminium ou le fer, peut indiquer un dysfonctionnement du sol ou du système de nutrition.

L’intervenant insiste donc sur l’importance de faire analyser :

  • l’herbe ;
  • les jus de plantes ;
  • les fruits ou légumes ;

afin de suivre dans le temps les tendances du système.

Selon lui, cela est particulièrement important dans les systèmes qui cherchent à réduire fortement les intrants chimiques, car cela ne suffit pas à garantir automatiquement une bonne qualité nutritionnelle des produits.

Le lien entre animaux, digestion et vie du sol

L’intervenant revient aussi sur les systèmes d’élevage, en expliquant qu’il existe un lien très fort entre :

  • la digestion des animaux ;
  • la qualité des déjections ;
  • la microbiologie du sol.

Si les animaux digèrent bien, les effluents peuvent contribuer à réorganiser efficacement la vie du sol. En revanche, des déjections issues d’animaux mal alimentés ou en mauvaise santé peuvent au contraire perturber le fonctionnement biologique du sol.

Cela conduit l’intervenant à insister sur le fait que tout est lié :

  • l’eau ;
  • le sol ;
  • les plantes ;
  • les animaux ;
  • les micro-organismes.

Importance du diagnostic de départ

En conclusion de l’après-midi, l’idée centrale qui se dégage est l’importance du diagnostic.

Avant de choisir des leviers techniques, il faut être capable de savoir :

  • où en est le sol ;
  • quels sont ses freins ;
  • ce qui fonctionne déjà ;
  • quels leviers sont réellement pertinents.

Le diagnostic repose sur plusieurs outils complémentaires :

  • l’observation du profil de sol ;
  • l’analyse de sol ;
  • la lecture de la flore spontanée ;
  • l’observation des racines et des vers de terre ;
  • les mesures dans les plantes ;
  • les suivis dans le temps.

L’objectif est de raisonner le sol comme un système global, où les dimensions biologique, physique, chimique et hydrique sont toujours en interaction.

Message final

Le message général de la séquence est que l’amélioration d’un sol ou d’un système arboricole ne repose pas sur une recette unique.

Elle demande :

  • de l’observation ;
  • du temps ;
  • des mesures bien interprétées ;
  • une compréhension des interactions entre sol, eau, racines, micro-organismes et pratiques culturales.

L’ensemble des intervenants insiste sur le fait que les marges de progression existent, mais qu’elles supposent de partir d’une lecture fine du terrain et de construire les solutions en conséquence.