Réduction du travail du sol en Bio - CNA

De Triple Performance
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Cette conférence, organisée dans le cadre des webinars « De la Terre à notre métier », explore les stratégies de réduction du travail du sol en agriculture biologique (ABC). Thomas Queuniet, animateur technique, présente les démarches de trois producteurs mayennais — Patrice Lefeuvre, Philippe Betton et Germain Gougeon — qui partagent leurs expériences et résultats concrets sur la réduction du labour. Samuel Oheix, animateur du GAB 85, complète ces témoignages en illustrant la dynamique de groupe en Vendée. Les intervenants soulignent que le passage au non-labour, s'il est techniquement exigeant et dépendant des conditions climatiques, est une démarche possible pour améliorer la vie du sol et limiter l'érosion. Les échanges mettent en avant l'importance de l'intensification végétale (associations, couverts permanents, méteils), la gestion des adventices par le désherbage mécanique et l'intérêt des outils animés (rotavator). La conférence conclut sur la nécessité de poursuivre les expérimentations collectives et le partage de connaissances.

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Résumé
Cette conférence, organisée dans le cadre des webinars « De la Terre à notre métier », explore les stratégies de réduction du travail du sol en agriculture biologique (ABC). Thomas Queuniet, animateur technique, présente les démarches de trois producteurs mayennais — Patrice Lefeuvre, Philippe Betton et Germain Gougeon — qui partagent leurs expériences et résultats concrets sur la réduction du labour. Samuel Oheix, animateur du GAB 85, complète ces témoignages en illustrant la dynamique de groupe en Vendée. Les intervenants soulignent que le passage au non-labour, s'il est techniquement exigeant et dépendant des conditions climatiques, est une démarche possible pour améliorer la vie du sol et limiter l'érosion. Les échanges mettent en avant l'importance de l'intensification végétale (associations, couverts permanents, méteils), la gestion des adventices par le désherbage mécanique et l'intérêt des outils animés (rotavator). La conférence conclut sur la nécessité de poursuivre les expérimentations collectives et le partage de connaissances.

Cette vidéo est une remise en ligne d'un contenu publié par le CIVAM MAYENNE, avec leur aimable autorisation

https://www.youtube.com/@civambiomayenne942/videos




Introduction

Cette conférence, organisée dans le cadre des webinars « La terre est notre métier » par la FNAB, le GAB 85 et la FRAB Bretagne, traite de la réduction du travail du sol en agriculture biologique. L'agriculture biologique a historiquement recours au travail du sol pour la gestion des adventices et le maintien de la porosité du sol. Toutefois, des problématiques de rendements stagnants, de structure des sols et des enjeux climatiques et sociétaux incitent à repenser ces pratiques.

Le groupe de travail, animé par Thomas Queuniet, réunit des producteurs de Mayenne et de Vendée (Patrice Lefeuvre, Philippe Betton, Germain Gougeon) ainsi que Samuel Oheix du GAB 85, pour partager des expériences sur l'agriculture biologique de conservation (ABC) ou les techniques culturales simplifiées (TCS).

Système de polyculture-élevage : témoignage de Patrice Lefeuvre

Patrice Lefeuvre, installé depuis 1994, pratique une démarche de réduction du labour depuis 20 ans sur une exploitation de 108 hectares. Son système est orienté lait (label lait de foin) avec une rotation basée sur 4 ans de prairie temporaire suivis de 4 ans de cultures (blé, cultures de printemps, féverole/triticale).

  • Matériel et techniques : Le travail du sol est effectué de manière superficielle (2 à 3 cm) avec des outils de type « scalpeur lourd » conçu à la ferme, rotavator et herse.
  • Gestion des adventices : La réduction du travail du sol en surface permet de limiter la levée des adventices. Le semis de trèfle blanc dans le blé au printemps sert d'interculture.
  • Limites observées :
    • Gestion de l'azote : le stockage de [[matière organique]] peut entraîner une moindre disponibilité en azote pour les céréales.
    • [[Gestion des ravageurs]] : les hannetons profitent de l'absence de travail profond, causant des dégâts importants sur les prairies.

Système polyculture-élevage : témoignage de Philippe Betton

Philippe Betton, éleveur de porcs sur paille et producteur de céréales, cherche à maintenir une cohérence entre son élevage et ses cultures sur 85 hectares. Sa rotation, très céréalière, intègre des légumineuses pour l'[[autonomie protéique]].

  • Évolution des pratiques : Après 15 ans de labour systématique, il a intégré le binage, puis les techniques de non-labour (TCS).
  • Matériel : Il utilise un semoir Ecodine pour le semis sous couvert et pratique le binage à 37,5 cm.
  • Constats : Les techniques de non-labour pour le maïs et le soja sont concluantes, avec une maîtrise des adventices vivaces comme le rumex grâce au binage. Il maintient toutefois un labour « agronomique » superficiel (15-18 cm) pour certaines cultures d'hiver afin de préparer le sol.

Système polyculture-élevage : témoignage de Germain Gougeon

Germain Gougeon gère une exploitation de 100 hectares dans le sud-est de la Mayenne avec un système bétail-viande.

  • Rotation : Elle intègre maïs, blé, colza, féverole, luzerne et orge.
  • Gestion des couverts : L'objectif est de maintenir une couverture végétale constante pour éviter les sols nus en été, période jugée critique pour la vie du sol.
  • Enjeux : Le colza est semé tôt en association pour compenser les risques de levée. Le semis sous couvert vivant est testé pour optimiser la fertilité et limiter les interventions mécaniques après la moisson.

Dynamique collective en Vendée : Samuel Oheix

Le GAB 85 anime un groupe d'agriculteurs autour des TCS en bio, soutenu par des échanges de pratiques et des expérimentations collectives.

  • Itinéraires techniques : Le groupe explore le semis de prairie dans les céréales (automne ou printemps), ainsi que le semis direct avec des semoirs à socs, plus performants en conditions humides que les disques.
  • Intensification végétale : Le groupe souligne que la réduction du travail du sol doit s'accompagner d'une intensification végétale spatio-temporelle (couverture permanente, diversité des espèces).
  • Le rotavator : Il revient en force dans les pratiques pour une destruction superficielle (2-3 cm) efficace des couverts, bien qu'il soit énergivore.

Synthèse et perspectives

La réduction du travail du sol en bio n'est pas une recette unique mais nécessite une adaptation à chaque type de sol (limon, sable, argile).

  • Principes clés :
    1. Intensification végétale préalable (couverts performants).
    2. Rotation diversifiée.
    3. Associations de cultures.
  • Enseignements : Le labour n'est pas systématiquement l'ennemi, mais son usage doit être raisonné. La réussite des TCS en bio repose sur la gestion du végétal plutôt que sur la puissance du matériel. Le développement de réseaux d'échanges entre agriculteurs et la recherche est essentiel pour faire évoluer les pratiques.