9% de MO aux Jardins du CEP, avec Bernard Lorber (MSV)
![]()
Aujourd'hui, on vous propose de suivre une visite de ferme en maraîchage sur sol vivant, avec Bernard Lorber !
SOMMAIRE :
0:00:30 : Introduction et présentation de la 1ère serre.
0:07:30 : Comparaison de différents types de sol.
0:38:10 : Le ravageur.
0:48:10 : 2nd terrain, 9% de MO, état des lieux.
0:54:10 : Choix d'apport de MO.
1:00:30 : Observations d'une motte.
1:03:50 : Occultation & bâchage.
1:10:05 : Planche de poireaux.
1:14:40 : ITK poireaux.
1:19:55 : ITK céléri.
1:23:10 : ITK chou.
1:27:30 : Machines et vente des produits.
Veuillez nous excuser pour les secousses de caméra pendant les 20 premières minutes de la vidéo, cela s’arrange juste après.
Présentation de la serre du Gac de la pépinière
Nous sommes ici au Gac de la pépinière, dans une serre de 1 000 m², de 20 m sur 50. Elle est automatisée pour les ouvrants, l’irrigation, et dispose d’un chauffage alimenté par la méthanisation. Ce type de serre est relativement fréquent dans le contexte des méthaniseurs, notamment parce qu’il peut donner des points supplémentaires dans certains dispositifs de subvention.
Bernard Lorber précise qu’il ne va pas parler ici de généralités sur la ferme, qui seront abordées plus tard sur le terrain principal, mais se concentrer sur cette serre en particulier. C’est la deuxième saison de culture dans cette serre, et il propose d’aborder directement :
- la question du sol ;
- les amendements ;
- les techniques de culture ;
- les itinéraires culturaux.
État initial du sol à l’arrivée
Quand l’équipe est arrivée en mars de l’année précédente, la serre était vide depuis deux ans. Le précédent cultural était un sorgho. Un maraîcher était venu auparavant semer du sorgho en vue de cultiver, puis n’est jamais revenu. Le sorgho est monté à graines, ce qui a laissé un stock très important de graines dans la serre.
Au moment de l’installation, cela n’était pas forcément visible, puisque ce n’est pas en mars qu’on repère immédiatement ce type de problème. Plus tard, le sorgho est ressorti massivement. Finalement, ce qui aurait pu être perçu comme un inconvénient s’est révélé être un avantage : cela a fourni un engrais vert spontané.
Le sol avait déjà été travaillé auparavant : le sorgho avait été couché, puis le sol retourné. Il s’agissait d’une terre relativement pauvre, apportée sur place à la suite de travaux de terrassement. Une partie du site avait été remaniée pour rééquilibrer le terrain, et la terre provenait de champs voisins, donc de terres agricoles déjà travaillées. En mars, on se retrouve donc avec une terre « caramélisée », pauvre en humus, sans grande activité biologique, pratiquement sans ver de terre.
Premier apport : 40 m³ de compost
Face à ce sol pauvre, la réaction a été immédiate et simple : faire venir une benne de 40 m³ de compost. Le compost a été épandu à l’épandeur en une demi-journée. Cet apport a représenté au moins 10 cm de compost sur le sol.
Il s’agissait d’un compost de déchets verts. Dans la foulée, les cultures ont été semées et plantées. La première saison s’est très bien passée. Bernard Lorber rappelle toutefois que le compost est une solution immédiate, efficace à court terme, mais que cela ne suffit pas à nourrir durablement le sol.
Intrants massifs à l’automne : BRF, tonte compostée et digestat
À partir d’octobre-novembre, un travail d’intrants massifs a été engagé. Une benne de BRF de déchets verts a été commandée et épandue sur trois planches, celles situées à gauche de la serre.
Pour éviter une éventuelle faim d’azote, cet apport de BRF a été complété par :
- de la tonte de gazon déjà compostée ;
- du digestat issu de la méthanisation.
Bernard Lorber explique que, une fois le processus de méthanisation terminé, les résidus sont séparés par pressage :
- la partie liquide est épandue dans les champs ;
- la partie solide, qui contient encore de l’azote, est utilisée telle quelle.
Ce digestat solide a donc été épandu sur le BRF, puis l’ensemble a été malaxé et intégré. Le résultat a été positif : il n’y a pas eu de faim d’azote, au contraire. Les poivrons ont très bien démarré. Repiqués au mois d’avril, ils avaient déjà un mètre de haut au mois de juin, avec des récoltes précoces.
Sur le plan des quantités, le BRF a été apporté à l’équivalent d’environ 300 t/ha, et la partie azotée presque autant. Bernard Lorber résume la logique en disant qu’il faut faire « moitié-moitié » et qu’ainsi on est à peu près sûr que cela se passera bien.
Utilisation du sorgho et des adventices comme engrais verts
Sur une autre partie de la serre, il n’y a pas eu d’apports massifs directs. L’équipe a continué à utiliser les engrais verts spontanés, en particulier :
- le sorgho ;
- les chénopodes.
À partir du moment où l’on fait un arrosage de plein air, comme c’est le cas au printemps, avec un peu de chaleur, le sorgho repart très fortement. Bernard Lorber rappelle que le sorgho est une plante qui consomme beaucoup d’eau. Il est d’ailleurs parfois utilisé dans des zones hydromorphes, car il peut contribuer à drainer tout en produisant de la biomasse. En le laissant pousser puis se coucher, on obtient une certaine production de matière organique, qui nourrit un peu le sol, même si cela reste insuffisant à ses yeux.
L’objectif est donc de continuer les apports massifs à partir de l’hiver suivant, en traitant les quatre planches suivantes, avec l’idée de revenir tous les trois ans sur chaque zone avec un nouvel apport de BRF.
Comparaison de la structuration du sol
Bernard Lorber propose ensuite une comparaison entre :
- une zone qui n’a reçu que le compost initial, plus un peu d’engrais verts broyés ;
- une zone ayant reçu les intrants massifs.
Zone avec compost initial
Dans cette partie, on retrouve encore la terre d’origine. Entre-temps, il y a quand même un peu de porosité biologique, le sol n’est pas complètement fermé. On arrive à sortir une motte avec une simple fourche à paille, ce qui montre qu’il y a de la structuration et que le sol n’est ni tassé ni bétonné.
En revanche, il y a encore très peu d’humus. La partie sombre visible dans le profil correspond surtout aux reliquats de compost.
Zone avec intrants massifs
Du côté des poivrons, là où il y a eu BRF + matière azotée, on retrouve encore des déchets relativement importants de l’apport massif : tout n’est pas encore décomposé. Le goutte-à-goutte n’ayant pas fourni une forte irrigation, la décomposition n’a pas été maximale. Bernard Lorber estime qu’il faudra beaucoup arroser à l’automne pour permettre au travail de décomposition de se poursuivre.
On observe déjà un peu plus d’humus, avec des traces noires plus visibles. La couleur est un peu plus foncée, la structuration semble meilleure, mais la différence n’est pas encore spectaculaire. Il souligne aussi que le BRF de déchets verts n’aura probablement pas le même effet qu’un BRF de vrai bois, forestier ou de haie.
Une analyse a montré que ce BRF de déchets verts avait un rapport C/N d’environ 15, donc relativement bas. L’avantage est qu’on limite le risque de faim d’azote. L’inconvénient est qu’on apporte moins de carbone stable.
Le cas des poivrons : réussite agronomique, échec de tuteurage
Les poivrons ont très bien poussé dans cette serre. Ils ont donné des fruits magnifiques, avec une forte croissance. Le problème rencontré n’a pas été agronomique mais technique : le tuteurage.
Les plants avaient été tuteurés avec un grillage à 30 cm, mais Bernard Lorber a oublié de mettre le second niveau de grillage à 60 cm. Les plants se sont donc couchés sous le poids des fruits. Une fois couchés, il est très difficile de récupérer la culture, d’autant plus quand il y a des dizaines de kilos de fruits.
Cela a eu pour conséquence une baisse de photosynthèse. À l’approche de la maturité, la plante n’avait plus assez d’énergie pour finir correctement les fruits. Les plants encore debout ont continué à produire jusqu’à récemment, mais ceux qui étaient couchés étaient quasiment perdus.
Il en tire une leçon simple : quand on commence un système de tuteurage, il faut aller jusqu’au bout.
Choix des plants : achat plutôt que production maison
Pour les poivrons comme pour les aubergines, Bernard Lorber a choisi d’acheter les plants plutôt que de les produire lui-même. Il considère que ce sont des plants toujours un peu délicats à réussir correctement, et que leurs essais de production maison n’ont pas donné entière satisfaction.
Limites des ressources locales en matière organique
Bernard Lorber insiste sur le fait qu’il faut faire avec ce qu’on a autour de soi. Ici, il y a une station de compostage à 6 ou 7 kilomètres, qui traite les déchets verts des déchetteries voisines. Cela permet d’avoir du compost et du BRF de déchets verts. En revanche, ce n’est pas le type de BRF forestier qu’il souhaiterait idéalement.
Acheter du BRF de bois directement à des entreprises de travaux forestiers coûterait environ 25 euros le mètre cube, car ce matériau peut être valorisé ailleurs, notamment dans l’industrie du poulet. C’est donc trop cher pour des volumes importants.
Il mentionne aussi la possibilité de récupérer ponctuellement du broyat chez un paysagiste équipé d’un broyeur, ce qui est une aubaine, mais les quantités restent modestes.
Intérêt économique de la serre louée
Même si cette serre se trouve à 15 km du site principal de la ferme, Bernard Lorber estime que cela reste rentable. Au départ, cette distance pouvait sembler problématique, mais dans l’usage quotidien, cela gêne moins que ce qu’on pourrait croire.
Le principal intérêt vient du fait qu’une serre de ce type représente un investissement d’environ 60 000 euros. Comme il n’envisage pas un tel investissement, le fait de pouvoir la louer à un tarif plancher est très intéressant. L’équipe a donc choisi de s’engager dans cette aventure, en profitant de l’automatisation.
Intérêt de l’automatisation
L’automatisation des ouvrants et de l’irrigation est un très gros avantage. Cela évite de devoir venir quotidiennement ouvrir, fermer, irriguer. On ne vient que lorsqu’il y a un vrai travail à faire :
- semer ;
- repiquer ;
- récolter.
En dehors de cela, il n’y a parfois qu’un passage par semaine.
L’irrigation automatique est aussi bénéfique pour les plantes, car elle assure une grande régularité des apports. Bernard Lorber observe une différence nette avec une autre serre de la ferme, très belle elle aussi, mais non équipée en irrigation automatique : quand c’est lui qui ouvre et ferme les vannes, l’arrosage est forcément moins régulier, et cela se voit sur certaines cultures, notamment les légumes-feuilles.
Il ne sait pas donner de chiffre de consommation d’eau, d’autant qu’il y a un puits sur la ferme et qu’il n’y a pas de compteur. La question ne se pose donc pas ici en termes économiques.
Le chauffage de la serre
Le chauffage fonctionne en déclenchant des aérothermes lorsque la température descend sous un certain seuil. Ici, le seuil a été réglé volontairement haut, à 15 °C, en raison du manque d’inertie thermique et des pertes de chaleur.
Cependant, Bernard Lorber relativise fortement l’efficacité réelle de ce chauffage. Les aérothermes sont placés en hauteur. Or, comme la chaleur monte, l’air chaud reste en haut et redescend peu vers les cultures. De plus, la serre est en double paroi, mais avec visiblement un problème d’étanchéité quelque part. Selon lui, on chauffe plus la Normandie que la serre elle-même.
En pratique, le chauffage sert surtout à maintenir le hors-gel. Il a quand même un intérêt : ce printemps, dans leur autre serre, les plants ont dû être voilés tout le mois d’avril. Ici, rien n’a été voilé et cela s’est bien passé.
En revanche, en termes de précocité, Bernard Lorber ne voit pas de vrai gain. Par exemple, les premières tomates ont été récoltées dans leur autre serre non chauffée, avant celles de cette serre double paroi chauffée.
Il souligne aussi l’absurdité réglementaire : d’après un contrôleur, il n’y aurait pas de problème particulier à chauffer une serre en bio, même avec une énergie fossile. Cela l’interpelle clairement.
Conduite des cultures sur planches hautes
Pour les cultures sur planches hautes, l’itinéraire a été assez simple :
- là où il y avait eu intrants massifs, bâchage, repiquage, puis culture ;
- là où il n’y en avait pas eu, même logique : bâchage, repiquage, puis culture.
Le fait que la serre soit éloignée du site principal rend les apports de matière organique un peu moins simples. Sur la ferme principale, il y a beaucoup de fumier de cheval grâce à la proximité d’un haras, mais l’amener ici représente un coût. Tant que ce n’est pas indispensable, ils essaient donc d’économiser sur les charges opérationnelles.
Usage de la bâche plastique noire
Bernard Lorber utilise beaucoup la bâche plastique noire, en particulier une bâche à fraisiers, en début de saison, pour réchauffer le sol. Selon lui, c’est très efficace pour gagner de la précocité.
Cette bâche est peu coûteuse, de l’ordre de 10 centimes le mètre carré. Ce n’est pas une bâche très épaisse : plutôt 30 ou 40 microns. Elle est néanmoins suffisamment solide pour tenir une saison, et peut parfois être réutilisée.
Il envisage de passer à une bâche biodégradable, avec l’idée de l’utiliser aussi pour l’occultation. Si la bâche est bien intégrée à la matière organique ou à la terre, elle se dégrade totalement. Il cite un essai fait auparavant : bâche biodégradable posée sur prairie broyée, avec fumier de cheval par-dessus, puis plantation à travers. Six mois après, il n’y avait plus aucune trace de bâche.
La condition indispensable est qu’elle soit entièrement prise dans la matière organique ou le sol.
Importance de l’ordre des opérations
Un point très concret est souligné : avant de mettre une bâche, il faut penser à l’irrigation. Si l’on pose la bâche avant de réfléchir au goutte-à-goutte, on risque de devoir tout recommencer. Cela paraît évident, mais c’est typiquement le genre de détail qui peut faire perdre beaucoup de temps.
Dans cette serre, le goutte-à-goutte existant est un système à pipettes. Le tuyau passe donc sur la bâche. Avec un goutte-à-goutte à gaine perforée classique, on le mettrait plutôt dessous.
Limites de l’automatisme : l’exemple des microcoupures
L’automatisation a aussi ses inconvénients. Lors d’un orage, des microcoupures ont fait sauter l’horloge d’irrigation et l’ont déprogrammée. Deux jours plus tard, en entrant dans la serre, ils ont eu l’impression qu’il avait beaucoup « rosé », alors qu’en réalité c’était l’arrosage par aspersion qui avait tourné.
Sur tomate, cela n’a pas été très grave, au contraire même. Sur concombre, en revanche, les gouttes sur les feuilles ont produit un effet loupe, brûlant le feuillage. Une très belle production, qui atteignait environ 100 kg par semaine, s’est effondrée à environ 10 kg. Il a fallu relancer une autre production, mais c’était déjà tard.
La conclusion est simple : même quand c’est automatique, il faut surveiller l’automatisme.
Conduite de la tomate
Bernard Lorber a choisi de tailler les tomates. D’après ses observations, cela améliore le calibre et la production. Les bouquets se développent régulièrement et donnent de beaux fruits.
Cette année, il estime les rendements entre 13 et 15 kg/m² si la saison se termine comme prévu. Jusqu’à présent, la production moyenne a été d’environ 120 kg par semaine et par ligne, une ligne correspondant à deux rangs de 50 m. Ils ont encore l’équivalent sur leur autre site.
Le système retenu consiste à conduire les plants sur trois apex :
- un apex principal ;
- deux apex secondaires.
Les années précédentes, il en laissait monter cinq ou six, mais les rendements étaient moins bons. Plus il y a d’axes, plus la plante dépense d’énergie en végétation, et moins les fruits sont bien calibrés et charnus.
Tomates greffées : essai non concluant
Ils produisent généralement leurs plants eux-mêmes, sauf pour une série de variétés anciennes greffées, notamment de la Noire de Crimée greffée. Au final, ce sont ces plants greffés qui leur ont posé le plus de problèmes, avec notamment du sclérotinia.
Bernard Lorber souligne aussi que les plants greffés produits par les horticulteurs sont généralement issus de semences hybrides, ce qui donne des tomates moins intéressantes en goût. Pour leurs essais, ce n’a pas été concluant.
Cultures de légumes-feuilles et haricots
En dehors des cultures d’été, les autres planches de la serre servent en général :
- aux primeurs ;
- aux légumes-feuilles.
En été, ils utilisent beaucoup la serre pour les haricots, en rotation toutes les trois semaines. Cette organisation permet d’avoir des haricots depuis la mi-juin jusqu’au début octobre. Avec une rotation sur quatre planches, cela fait cinq cultures de haricots dans la saison.
Le haricot fait partie des légumes à forte valeur ajoutée. En revanche, il faut de très bons cueilleurs, car la récolte est exigeante. Bernard Lorber mentionne que sa compagne peut récolter jusqu’à 7 kg par heure, ce qui est une vraie performance.
Ils avaient essayé de repiquer des haricots en début de saison, en les semant d’abord en chambre de semis, dans l’idée d’avoir des haricots dès le mois de mai. Mais l’expérience a montré que c’est un légume qui supporte mal le repiquage, même en mottes. Les semis directs fonctionnent mieux. L’année suivante, ils comptent donc ne faire que du semis direct.
Les haricots sont semés sous bâche, avec des trous faits au chalumeau. Les rongeurs n’ont pas vraiment posé problème dans la serre ; lorsqu’il y a des dégâts, ils viennent plutôt d’un lapin quand un pignon reste ouvert.
Choux, blettes et aubergines
Les choux
Après les haricots, certaines planches reçoivent une série de choux, notamment pour en avoir plus rapidement. Bernard Lorber apporte toujours de l’azote au pied des choux, ici sous forme de vieux fumier de cheval bien décomposé, âgé de plus de deux ans. Il considère cela comme un excellent engrais starter.
Les blettes
Les blettes sous serre sont jugées très intéressantes, car elles permettent une récolte toute l’année. Une série semée l’année précédente a permis de récolter de début juillet jusqu’au mois de juin suivant, toutes les semaines.
C’est une culture simple :
- peu d’entretien ;
- récolte régulière ;
- bonne commercialisation sur les marchés.
Le seul point délicat est qu’il faut souvent expliquer aux clients comment les cuisiner, car c’est un légume encore peu connu.
Les aubergines
Le tuteurage des aubergines est présenté comme fonctionnant très bien, à condition de mettre les deux niveaux de filet. Les plants sont bien maintenus et se développent correctement. Il ne faut pas chercher à les densifier excessivement : il faut leur laisser la place nécessaire pour faire un maximum de photosynthèse.
Bernard Lorber constate aussi que les aubergines ont été très saines, sans araignées rouges, ce qu’il relie à la qualité du sol et au niveau de matière organique.
Sol vivant, santé des plantes et pression des ravageurs
Une analyse de sol réalisée dans la serre, à un endroit non amendé au compost, a montré plus de 4 % de matière organique, avec un taux même mesuré à 5,4 %. Bernard Lorber considère que cela explique en partie la bonne santé des cultures.
Il relie directement :
- richesse du sol ;
- bonne nutrition des plantes ;
- capacité de résistance aux ravageurs.
Il s’appuie ici sur les travaux de John Kempf, qui explique qu’une plante en bonne santé produit non seulement des sucres simples, mais aussi des composés plus complexes :
- protéines ;
- lipides ;
- huiles essentielles ;
- tanins ;
- métabolites secondaires.
Ces composés sont plus difficiles à digérer pour les ravageurs classiques comme les pucerons, les mouches ou les chenilles. Une plante capable de produire ces substances attire donc moins les ravageurs.
Dans cette logique, les ravageurs et les maladies ne sont pas vus comme des ennemis surgissant de nulle part, mais comme des organismes chargés d’éliminer ce qui est faible, malade ou en voie de décomposition. Si une plante est saine, ils ont beaucoup moins de raisons de s’y installer.
Exemples observés sur pucerons et mildiou
Ils ont tout de même eu :
- une grosse attaque de pucerons verts sur aubergines et un peu sur tomates en début de saison ;
- une forte attaque de pucerons noirs sur melon sur un autre site.
Bernard Lorber soupçonne que le digestat ait pu jouer un rôle dans la poussée de pucerons verts, sans en avoir la preuve. Des auxiliaires ont été introduits, notamment des chrysopes. Elles ont consommé une partie des pucerons, mais cela n’a pas suffi à stopper immédiatement l’attaque. Finalement, sans explication totalement claire, l’attaque s’est arrêtée et les plantes sont reparties.
Pour le melon, les plants greffés achetés ont été envahis de pucerons noirs, mais là aussi les plantes ont fini par reprendre le dessus. Le savon noir a été utilisé, mais Bernard Lorber estime que son effet arrive parfois trop tard lorsque la photosynthèse a déjà été fortement affectée.
Concernant le mildiou, un départ lié à plusieurs jours d’arrosage par aspersion a été observé. L’attaque est restée localisée sur quelques plants et ne s’est pas propagée. La plante a semblé se défendre seule. Cela a beaucoup étonné Bernard Lorber, car le départ de mildiou était pourtant bien marqué.
Parenthèse sur le melon en Normandie
Sur le melon, Bernard Lorber estime qu’il y a surtout un vrai travail de choix variétal à faire. Les plants achetés dans les Pays de la Loire ne sont pas forcément adaptés aux conditions normandes. Cette année, avec des nuits fraîches, les melons n’étaient pas suffisamment sucrés. Il considère donc que l’adaptation variétale au terroir est essentielle.
Départ vers le site principal
Après cette présentation détaillée de la serre, Bernard Lorber annonce que le groupe va se rendre sur le site principal, à Saint-Martin-de-Bienfaite, où il y a « de l’humus en veux-tu en voilà », afin d’analyser le phénomène sur un autre terrain, beaucoup plus riche.
Présentation générale de la ferme
Bernard Lorber explique que cela fait quatre saisons complètes qu’ils sont installés. Ils ont commencé sur un premier terrain situé à 700 m du site actuel, une parcelle de 5 000 m² un peu en pente. L’accès au foncier est compliqué dans le Pays d’Auge, où les terres plates sont rares et convoitées.
N’ayant pas eu la possibilité financière d’acheter une ferme, ils ont dû faire avec les opportunités locales. Le terrain initial s’est révélé insuffisant pour le système qu’il voulait mettre en place. Ils sont donc rapidement arrivés sur ce second terrain, plus vaste, avec l’avantage de la proximité d’une rivière.
Sans le savoir au départ, ils se sont installés sur une terre extrêmement riche, avec un taux de matière organique autour de 9,5 %. Malgré cela, cette surface s’est révélée insuffisante, et ils exploitent maintenant aussi trois autres terrains situés dans un rayon de 1 à 5 km.
L’objectif à terme est de recentrer l’activité sur une plus grande surface unique, qu’ils recherchent actuellement.
Objectif du système : optimiser surface, travail et rendement
Bernard Lorber explique que, dès le départ, son idée était de construire un système dans lequel la relation entre :
- surface ;
- temps de travail ;
- rendements
soit optimale.
Selon lui, tous les maraîchers cherchent cela, mais chacun finit par construire un système un peu différent. Il souligne d’ailleurs que, même dans le réseau maraîchage sur sol vivant, on peut avoir des fermes très différentes, avec la même base agronomique mais des concrétisations techniques variées.
Son choix a été de mécaniser de façon proportionnée à la surface visée. Pour lui, une surface « moyenne » en maraîchage, c’est environ 2 hectares. Il a donc organisé ses cultures en fonction du matériel qu’il voulait utiliser.
Organisation en planches permanentes billonnées
Les surfaces de culture sont organisées en planches permanentes de 1,20 m de large sur 50 m de long. Tout est pensé pour permettre le passage du tracteur :
- acheminement de la matière organique ;
- broyeur ;
- poinçonneuse ;
- autres outils.
Le but est de faciliter le travail, de l’accélérer et surtout de réduire la pénibilité.
Une des premières décisions a été de passer en planches permanentes billonnées. Il a acheté une petite butteuse pour former ces billons.
Les intérêts du billon sont multiples :
- améliorer le drainage, particulièrement utile sur un terrain hydromorphe ;
- favoriser le réchauffement du sol au printemps ;
- améliorer le confort de travail du maraîcher ;
- mieux visualiser les planches de culture et les passages.
Le réchauffement printanier du sol est présenté comme un enjeu majeur en maraîchage sur sol vivant. Si on laisse simplement une couverture organique sur le sol, sans autre stratégie, les plants repiqués stagnent longtemps. Le billon permet d’accélérer ce réchauffement.
Matières organiques utilisées sur la ferme
Le choix des matières organiques dépend toujours des ressources locales.
Fumier de cheval
La ressource principale est le fumier de cheval, grâce à deux haras situés tout près. Ils sont très contents de pouvoir s’en débarrasser. Pour l’instant, Bernard Lorber n’a pas ressenti le besoin de recourir massivement aux engrais verts, car ce fumier suffit à couvrir une grande partie des besoins.
Compost de champignonnière
Ils récupèrent aussi du compost issu d’une champignonnière d’Orbec, qui produit dans des caves naturelles. Il s’agit d’un fumier de cheval semi-composté, utilisé pour la culture des champignons, puis évacué. Ils le récupèrent en août, le laissent composter jusqu’au printemps, puis s’en servent notamment comme engrais starter pour les légumes-feuilles ou les cultures gourmandes.
Pied de lin
Ils utilisent aussi du pied de lin, obtenu grâce à une linière voisine. C’est un matériau intéressant mais relativement coûteux. Il sert surtout à couvrir les semis, pour garder l’humidité et limiter la levée d’adventices.
Un sol déjà très structuré
Sur ce terrain principal, le défi n’est pas tant de créer de la structure que d’éviter de la détruire. Le sol est déjà très bien structuré. Bernard Lorber évoque le test du slip et surtout le test de la motte :
- dans le champ travaillé du voisin, la motte s’effondrait en 5 à 15 minutes ;
- ici, elle tenait plus de 6 heures sans bouger.
Cela montre, selon lui, la très forte teneur en humus, qui agit comme une colle et maintient la structure du sol.
Le revers de cette richesse est visible à la récolte des carottes : par temps humide, l’humus colle fortement aux racines. Cela améliore la conservation, mais complique le lavage.
Travail du sol : léger et superficiel
Sur ce terrain, le travail du sol reste léger. Par exemple, pour un semis, Bernard Lorber donne simplement un petit coup de herse rotative en surface, sur une dizaine de centimètres. Cela suffit notamment pour obtenir des carottes plutôt droites.
La moitié des planches a été billonnée une fois, l’autre moitié deux fois. Pour l’instant, il teste un billonnage environ tous les deux ans.
Occultation et gestion des vivaces
Bernard Lorber essaie d’occulter un maximum, surtout à partir de l’automne. Mais lorsqu’ils mettent de nouveaux terrains en route, ils n’ont pas toujours pu occulter suffisamment longtemps en amont. Souvent, cela n’a duré que trois mois, ce qui n’est pas suffisant pour éliminer correctement certaines vivaces.
Il doit donc parfois remettre de la bâche ensuite. Il considère ce travail de bâchage comme un des côtés pénibles du maraîchage sur sol vivant. Il cherche à réduire cette pénibilité grâce à une dérouleuse qui intégrerait la bâche directement.
Il remarque aussi que les grandes bâches d’ensilage peuvent poser un problème hydrique : elles concentrent l’eau de pluie vers les bords, laissant le dessous plus sec qu’on ne l’imagine. Il a ainsi connu un échec en pomme de terre sur une zone occultée longtemps : très belles fanes, mais quasiment pas de tubercules, faute d’humidité au moment décisif.
L’intérêt d’une pose de bâche plus étroite, sur la seule planche cultivée, serait donc double :
- réduire la pénibilité ;
- mieux laisser l’eau de pluie humidifier l’ensemble du profil.
L’irrigation en plein champ
Même sur ce terrain humide, l’irrigation reste indispensable. Une installation enterrée a été mise en place, avec des sorties de réseau alimentant des asperseurs couvrant environ 12 m de large.
La proximité de la rivière simplifie beaucoup les choses, mais Bernard Lorber insiste : lorsqu’on veut s’installer en maraîchage, la question de l’eau est une des toutes premières à se poser.
Exemples de cultures sur le site principal
Poireaux
Les poireaux sont plantés à la main, à l’aide d’une poinçonneuse qui fait les trous. Ensuite, les plants sont mis à la main dans ces trous, selon une technique ancienne, antérieure aux repiqueuses modernes.
Le rythme de plantation atteint environ 500 poireaux par heure et par personne. Cette année, 17 000 poireaux ont été plantés en deux jours à deux personnes.
L’épaisseur de matière organique joue beaucoup. Là où il n’y avait que du pied de lin, cela s’est révélé insuffisant et un désherbage manuel a été nécessaire. Là où il y avait fumier de cheval + paille broyée, les poireaux étaient plus trapus et plus vigoureux.
Pommes de terre
Les pommes de terre sont plantées sur les mêmes planches, à l’aide d’une petite planteuse. La butteuse repasse ensuite derrière. Les tubercules se retrouvent à 5 à 10 cm sous terre, ce qui n’est pas suffisant seul, mais devient correct avec une couverture de fumier de cheval qui évite le verdissement.
Cette année, malgré l’absence d’irrigation sur une parcelle, ils ont obtenu de jolis calibres, pas énormes mais corrects. Les plantations sont faites en première quinzaine d’avril.
Ils vont désormais passer à l’arrachage mécanisé, grâce à un collègue équipé d’une arracheuse-trieuse.
Bernard Lorber signale aussi que la culture sous paillage, avec tubercules plus proches de la surface, semble avoir évité les problèmes de gale superficielle observés auparavant. Il suppose que cela limite les chocs thermiques et les variations brusques de pH autour du tubercule.
Carottes
La carotte est une culture plus difficile sur ces terres argilo-limoneuses lourdes, alors qu’elle préfère les terres légères et sablonneuses. Après plusieurs semis ratés, ils ont trouvé une méthode qui fonctionne :
- épandre d’abord la paille de lin ;
- pré-germer la carotte ;
- semer directement dedans.
Céleri
Le céleri est présenté comme une culture très représentative de la richesse du sol. Ici, il pousse sans fertilisation spécifique, simplement grâce à la qualité du terrain.
Choux
Sur une partie de la ferme, des choux ont été implantés sur toile de chanvre, avec une préparation particulière : broyage, coup rapide de herse rotative, puis apport assez épais de vieux fumier de cheval. Bernard Lorber craignait un excès d’azote, mais les choux sont très bien partis.
Il note cependant qu’en fin de culture, si les choux sont trop serrés, le manque de photosynthèse peut provoquer des ratés. D’où l’idée d’élargir les planches pour mieux laisser de la place aux cultures volumineuses.
Essai de toile de chanvre
Cette année, Bernard Lorber teste la toile de chanvre sur certaines cultures longues, comme le céleri ou le chou. L’idée est de disposer d’un paillage biodégradable durable, qui se dégraderait lentement au fil de la culture puis pourrait être broyé en fin de cycle.
Mais il constate une limite importante : la toile de chanvre est isolante et empêche le réchauffement du sol au printemps. Même en version 400 g/m², cela reste un matériau très isolant. Pour cette raison, il ne juge pas son utilisation pertinente avant le mois de juin.
Il considère donc que ce produit est intéressant, mais pas encore totalement abouti pour un usage généralisé en maraîchage de plein champ.
Le système d’irrigation et les pompes
Bernard Lorber montre également la pompe à eau avec surpresseur qui alimente l’installation. Rien de très extraordinaire selon lui : une pompe, un surpresseur, des départs de circuit. Mais cet équipement donne la pression nécessaire et assure l’autonomie du système.
Travaux de terrassement et nouvelle zone cultivée
À proximité de la serre, un dénivelé de 60 cm entre deux points a nécessité des travaux de terrassement. Cela a créé une zone pentue, difficile à utiliser, sur laquelle passer avec le broyeur était presque dangereux.
Plutôt que de continuer à subir cette pente, ils ont choisi de la rendre productive :
- la couche supérieure a été décapée et mise de côté ;
- un plateau a été créé ;
- une palissade a consolidé le tout ;
- la couche limoneuse a été remise dessus.
Cela a permis de créer trois planches de plus, utilisées notamment pour l’oignon, puis pour des navets et des radis.
Le matériel utilisé
Bernard Lorber présente ensuite le matériel de la ferme, avec l’idée que l’objectif n’est pas d’accumuler des machines, mais de disposer de quelques outils qui permettent à une personne seule d’assurer l’essentiel du travail de production.
La planteuse à pommes de terre
C’est une petite machine, achetée neuve pour environ 500 euros, probablement en Pologne. Elle permet de planter rapidement, avec très peu de pénibilité. Une personne vérifie simplement à l’arrière que les pommes de terre sont bien prises par les petites cuillères.
La poinçonneuse à poireaux
C’est l’outil principal pour le repiquage des poireaux. Bernard Lorber l’a achetée d’occasion, environ 1 000 euros, chez un maraîcher breton. Elle comporte des poinçons réglables en écartement et permet de faire les trous très rapidement.
Le broyeur
Il sert notamment à raccourcir la paille, afin de pouvoir bien repérer les trous faits par la poinçonneuse et faciliter la plantation des poireaux.
La sableuse transformée en épandeur
Un des outils les plus originaux présentés est une sableuse détournée pour l’épandage de matières fines :
- paille de lin ;
- compost ;
- autres matières organiques fines.
Le principe est celui d’un tambour qui distribue le matériau. À l’origine, cette machine est destinée au sablage, notamment dans les équipements sportifs. Elle a été modifiée :
- écartement du tambour par rapport à la cuve pour laisser passer des matériaux plus grossiers ;
- changement des roues pour qu’elle puisse enjamber les billons ;
- ajout d’un système de chargement adapté.
Le chargement se fait avec le godet du tracteur, puis l’outil est attelé rapidement grâce à un triangle d’attelage. Bernard Lorber estime qu’avec cet outil, il peut pailler trois planches en une demi-heure.
Le tracteur
Le tracteur est un Kubota d’environ 64 chevaux. Pour Bernard Lorber, c’est un bon compromis :
- assez puissant pour charger la matière organique ;
- assez compact pour rester adapté au système ;
- suffisant pour tirer un épandeur de 6 tonnes.
Il insiste sur l’importance d’adapter la mécanisation à la taille réelle de la ferme et de ne pas surinvestir inutilement.
Organisation du travail et perspectives
Aujourd’hui, la ferme fonctionne avec Bernard Lorber et son épouse. Elle s’occupe notamment de :
- la cueillette ;
- la vente ;
- les livraisons.
En été, cela représente largement plus qu’un plein temps, notamment avec les récoltes de haricots ou de tomates.
L’objectif serait de grandir encore un peu et d’intégrer une troisième personne. Bernard Lorber pense qu’il y a encore de la marge en légumes de plein champ, davantage qu’en tomate sous serre, où ils sont déjà sur des volumes importants, de l’ordre de 400 à 500 kg par semaine au pic.
Ils envisagent aussi éventuellement un atelier complémentaire, comme des poulets de chair, afin d’assurer une meilleure rentabilité d’un poste à temps plein supplémentaire.
Commercialisation
La commercialisation est assez diversifiée. Au départ, ils sont partis de rien. Ils ont commencé à vendre dans le bourg voisin, puis à faire des marchés.
Aujourd’hui, les débouchés sont notamment :
- deux marchés ;
- un restaurant semi-gastronomique local, gros consommateur de légumes ;
- une Biocoop ;
- un magasin de producteurs ;
- un autre magasin bio à Lisieux ;
- les écoles primaires, de manière plus anecdotique.
Bernard Lorber apprécie particulièrement le restaurant qui travaille réellement le légume, ce qu’il juge assez rare.
Il souligne néanmoins les limites des magasins : les prix y sont environ 30 % plus bas qu’en vente directe, ce qui correspond en gros au salaire du producteur. Il considère donc qu’on ne peut pas vivre uniquement avec ce type de débouché. Il faut garder de la vente directe.
L’intérêt d’avoir plusieurs circuits est aussi de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si un débouché fonctionne moins bien, un autre prend le relais. Cela leur a permis, par exemple, d’écouler cet été de gros volumes de tomates avec très peu de pertes.
Le lombricompost contre les champignons cryptogamiques
En fin d’intervention, Bernard Lorber évoque une préparation à base de lombricompost utilisée contre les champignons cryptogamiques :
Cette pratique s’inspire de pistes évoquées par Jean-Marie Lespinasse. L’idée est de démultiplier les champignons et bactéries bénéfiques présents dans le lombricompost.
Le procédé consiste à mélanger :
- du lombricompost ;
- de l’eau ;
- du sucre, pour favoriser les bactéries ;
- de la farine, pour favoriser les champignons.
Le mélange est aéré à l’aide d’un bulleur d’aquarium pendant 24 à 48 heures. Lorsqu’il sent fortement la levure, c’est le signe qu’il est bien chargé en champignons. Il est alors filtré puis pulvérisé.
Selon Bernard Lorber, cette préparation est presque infaillible. En trois jours, les zones touchées par les champignons cryptogamiques se nécrosent, se dessèchent et cessent de progresser. Il y voit un exemple très concret de lutte biologique fondée sur la compétition entre champignons.
Cette préparation leur a notamment permis de sauver une culture de tomates lors de leur première année, à un moment où le mildiou progressait à cause d’une mauvaise gestion de l’aération de la serre.
Conclusion
À travers cette visite, Bernard Lorber montre une approche très concrète du maraîchage sur sol vivant :
- adaptation aux ressources locales ;
- recherche d’efficacité ;
- mécanisation raisonnée ;
- importance de la matière organique ;
- attention à la structure du sol ;
- observation fine des cultures et des ravageurs.
Il insiste aussi sur le fait qu’il n’existe pas un seul modèle. À partir d’une même base agronomique, chaque ferme construit un système différent selon son contexte, ses objectifs, ses moyens et la personnalité du maraîcher.