Plans de fertilisation en grandes cultures - GIEE Magellan & Konrad SCHREIBER

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Dans cette intervention du Giee Magellan, Konrad Schreiber détaille des pistes concrètes pour construire des plans de fertilisation en grandes cultures en s’appuyant sur les couverts, la matière organique et la vie du sol. À travers plusieurs cultures – maïs, blé, colza, tournesol, soja, prairie – il insiste sur des couverts très riches en légumineuses avant maïs, semés tôt et roulés tard, afin de produire de la biomasse, limiter les adventices et soutenir la nutrition azotée. Il recommande de raisonner la fertilisation avec davantage d’organique, de soufre, de phosphore et d’oligo-éléments, tout en restant prudent sur l’azote réellement disponible, une part étant immobilisée par la fabrication d’humus. La vidéo aborde aussi la lutte biologique intégrée, les extraits fermentés, l’intérêt des plantes compagnes et l’importance d’intervenir dès la récolte pour réussir les couverts d’été et sécuriser les rotations.

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Résumé
Dans cette intervention du Giee Magellan, Konrad Schreiber détaille des pistes concrètes pour construire des plans de fertilisation en grandes cultures en s’appuyant sur les couverts, la matière organique et la vie du sol. À travers plusieurs cultures – maïs, blé, colza, tournesol, soja, prairie – il insiste sur des couverts très riches en légumineuses avant maïs, semés tôt et roulés tard, afin de produire de la biomasse, limiter les adventices et soutenir la nutrition azotée. Il recommande de raisonner la fertilisation avec davantage d’organique, de soufre, de phosphore et d’oligo-éléments, tout en restant prudent sur l’azote réellement disponible, une part étant immobilisée par la fabrication d’humus. La vidéo aborde aussi la lutte biologique intégrée, les extraits fermentés, l’intérêt des plantes compagnes et l’importance d’intervenir dès la récolte pour réussir les couverts d’été et sécuriser les rotations.

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Co-construction de plans de fertilisation en semis direct sous couvert, dans le but de minimiser la perturbation de l'environnement et de favoriser le rendement maximal.

Cette vidéo a été tournée suite à un atelier de réflexion avec le GIEE MAGELLAN, Konrad SCHREIBER en fait ici la synthèse tout en y apportant son avis




Maïs : conduite, fertilisation et couverts

Pour commencer, l’exemple pris est celui du maïs.

Dans les systèmes évoqués, il a été rappelé qu’avant le maïs on peut avoir soit pas de couvert, soit au contraire un couvert très riche en légumineuses. L’idée développée est d’aller vers des couverts fortement légumineux avant maïs.

Sur la fertilisation, plusieurs pratiques sont citées : - apport de fientes compactées, - compost de fientes, - compost, - lisier, - plus généralement de la matière organique.

L’exemple donné est celui d’un apport à l’automne, sur le couvert, de l’ordre de 20 tonnes de compost. Dans le cas évoqué, il est ensuite dit qu’il a été fait l’impasse sur l’azote à l’automne.

Avant le semis de maïs, en février-mars, il est question d’un apport d’environ 100 unités d’azote sous forme de solution azotée 39. Il est précisé que cette solution apporte à la fois de l’azote rapide et de l’azote plus lent, avec environ moitié nitrates et moitié urée. L’intérêt est donc d’avoir une partie rapidement disponible pour la culture et une autre plus tardive.

Il est aussi souligné qu’il manque souvent un vrai starter au maïs. La recommandation formulée est d’apporter un starter de type ammonitrate soufré ou une formule « ammo-soufre », à raison d’environ 20 unités, afin de stimuler le démarrage de la plante. Le raisonnement est le suivant : - on donne un peu d’azote rapidement assimilable, - on soutient le système au démarrage, - le phosphore est déjà présent si la fumure organique a été bien gérée, - la plante démarre plus vite.

L’idée générale est qu’avec la fumure organique d’automne, la solution azotée de fin d’hiver et un petit starter, on construit un itinéraire maïs cohérent.

Des couverts très légumineux avant maïs

Le principe mis en avant est d’implanter avant maïs des mélanges comprenant environ : - 80 % de légumineuses, - 20 % de graminées.

Les espèces citées sont notamment : - féverole de printemps, - méteil avec seigle, - avoine éventuellement, - trèfles.

Le raisonnement est que trop de graminées peuvent « bloquer » le métabolisme de l’azote. C’est pourquoi on limite leur proportion. Le seigle est tout de même conservé en petite proportion car il joue un rôle important dans le dispositif, notamment comme outil « anti-graminées ».

Ces couverts doivent être laissés pousser le plus tard possible. Il est indiqué qu’on les roule au moment où le seigle est quasiment en fleur, c’est-à-dire à floraison établie. À ce stade, les plantes roulées « crèvent », ce qui permet de gérer le couvert sans broyage.

Cela conduit à décaler les semis de maïs : - pas avant début mai, - plutôt autour du 15 mai dans le cas présenté.

Il est néanmoins précisé que lorsqu’on sème très tôt le couvert, par exemple vers le 15 septembre, on prend de l’avance au printemps, ce qui peut permettre d’avancer un peu la date du semis de maïs.

Le rôle du seigle, de la féverole et des trèfles

Le seigle est présenté comme une graminée utile dans le mélange, mais qu’il ne faut pas mettre en trop forte proportion pour éviter de freiner la dynamique azotée.

La féverole est décrite comme une plante très opportuniste. Il est signalé qu’elle peut parfois mal tenir le rôle attendu au printemps, ou repartir du pied. C’est pour cela qu’il est proposé d’introduire davantage de trèfles dans les mélanges.

Le trèfle mis en avant est le trèfle de Micheli, jugé particulièrement intéressant dans les sols un peu hydromorphes : - floraison très précoce, - très favorable aux abeilles, - plante très dynamique.

Le mélange seigle + féverole + trèfle de Micheli pourrait ainsi constituer un très bon couvert avant maïs.

Il est aussi rappelé que, pour les systèmes biologiques, ce type de couvert en 80/20, combiné à une fumure organique et un peu de soufre, pourrait produire beaucoup d’azote dans la biomasse.

Comment raisonner l’azote de la biomasse

Un point important est apporté sur la manière de compter l’azote produit par le couvert.

Selon l’intervenant, dans ces systèmes en semis direct, il faut compter l’azote restitué par la biomasse à zéro dans le plan de fumure. La raison est que : - la paille de maïs va faire de l’humus, - le couvert va faire de l’humus, - le système stocke du carbone, - ce stockage immobilise de l’azote.

Autrement dit, l’azote produit par le couvert est en grande partie réutilisé pour construire de l’humus. Il ne doit donc pas être considéré comme un supplément directement disponible pour la culture suivante.

Le principe donné est clair : quand on part en semis direct avec des bilans humiques positifs, il faut mettre la restitution du couvert à zéro dans le raisonnement de fertilisation.

Lutte biologique intégrée sur maïs

Le dernier volet jugé manquant dans ces itinéraires est la lutte biologique intégrée, en particulier contre : - la pyrale, - les taupins.

L’idée exposée est que dans un système « de vivant sur vivant », il n’y a pratiquement pas de taupins si l’on maintient en permanence des plantes vivantes. Le raisonnement est basé sur le fait que le taupin a un tropisme pour le CO₂ : - lorsqu’on laboure et qu’on enfouit la matière organique, on crée des poches de CO₂, - cela attire les taupins, - si au contraire on sème dans un couvert vivant, les taupins sont nourris par les réseaux de décomposition et les racines du couvert, - ils ont moins d’intérêt à aller attaquer le maïs.

La règle posée est la suivante : - on détruit le couvert au moment du semis, - on ne détruit jamais par broyage, - on travaille sur du « vivant sur vivant ».

Le broyage est déconseillé car il provoque la transformation de l’ammonium de la sève en ammoniac, avec volatilisation.

À l’inverse, on roule les plantes. Elles mettent ensuite environ un mois à mourir. Ensuite, si nécessaire, on peut faire un passage complémentaire au glyphosate tant qu’il reste autorisé, ou avec d’autres solutions selon les contextes.

Biomasse du couvert et contrôle du salissement

Pour obtenir un bon effet de désherbage, un seuil est donné : - 7 tonnes de matière sèche par hectare.

C’est présenté comme le seuil à partir duquel le couvert devient réellement désherbant.

Le couvert recherché avant maïs est donc un couvert fortement biomasse : - seigle, - féverole, - trèfle.

Ce niveau de biomasse permet d’obtenir quelque chose de propre dessous, avec une vraie mise en place de la lutte biologique.

Il est toutefois rappelé que certaines espèces comme la féverole peuvent mal se comporter selon les années, d’où l’intérêt de sécuriser avec des trèfles.

Oligo-éléments, extraits fermentés et antioxydants

Pour maintenir des couverts et des légumineuses en bon état, il est proposé de travailler avec : - des oligo-éléments, - des extraits fermentés, - des antioxydants.

L’idée est d’intervenir quand le couvert fait environ 10 cm, pour lui donner du « punch », améliorer sa résistance au gel et favoriser sa reprise.

La formule générale de lutte biologique donnée est : - pas d’oxygène, - pas de soleil sur le sol nu, - antioxydants + oligo-éléments.

Les extraits de plantes évoqués sont des macérations ou extraits fermentés. Le meilleur antioxydant cité est la vitamine C. Il est précisé que : - la vitamine C est sensible à la lumière, - elle doit être ajoutée au dernier moment, - les produits doivent être conservés au noir.

Il est également indiqué qu’il ne faut pas utiliser de buses anti-dérive, car elles réinjectent de l’air dans la bouillie, donc de l’oxygène, ce qui va à l’encontre du fonctionnement recherché.

Les extraits fermentés d’adventices

Un développement important est consacré aux extraits fermentés d’adventices.

Le principe est de récolter différentes adventices de préférence en floraison, moment où leurs principes actifs seraient les plus présents : - rumex, - chardon, - ambroisie, - renouée, etc.

Ces plantes sont ensuite fermentées pour obtenir ce qui est décrit comme un « vin d’adventices ».

Les caractéristiques recherchées de cet extrait sont : - un pH inférieur ou égal à 4, - idéalement autour de 3, - un potentiel redox (millivolts) proche de zéro, avec le moins d’électricité possible dans le dispositif.

Ces extraits sont intéressants car les adventices seraient très riches en oligo-éléments. La dose citée est de : - 2 à 3 litres par hectare.

Ils sont utilisés dans des programmes de pulvérisation à bas volume. Il est indiqué qu’on peut soit les fabriquer soi-même, soit les acheter, mais qu’il faut alors vérifier : - le pH, - les conditions de stockage au noir.

Le sucre comme répulsif

Il est expliqué qu’on peut ajouter du sucre dans les préparations, à faible dose. Le sucre est présenté comme ayant un effet répulsif vis-à-vis des insectes, via sa « signature électronique ».

Le programme proposé consiste en : - extraits fermentés, - vitamine C, - éventuellement sucre selon le risque insectes.

Ces applications sont conseillées : - à l’automne sur céréales, - une fois tôt au printemps, - sur maïs au stade 5 feuilles, - puis à 8 feuilles.

Dans le cas du maïs, cela vise notamment la pyrale.

Après maïs : implanter le blé et gérer la fusariose

Après le maïs, il est proposé de semer du blé directement dans les cannes de maïs.

Le choix du blé est justifié par la nécessité d’apprendre à gérer la fusariose, le maïs étant présenté comme une des plantes les plus contaminantes pour la fusariose dans les systèmes actuels. Il est même dit que beaucoup de maïs français ont été sélectionnés pour leur précocité et sont sensibles à la fusariose.

Le semis de blé peut se faire : - en direct dans les résidus si l’on sait faire, - sinon à la volée, puis broyage des cannes par-dessus, puis roulage.

Il est rappelé que la réglementation autorise un petit apport d’azote à l’automne, de l’ordre de 10 unités. Le conseil donné est d’ajouter en plus du soufre, avec une forme rapide, pour stimuler la dynamique biologique et accélérer la dégradation des résidus.

L’idée est la suivante : - la paille protège le sol de la lumière, - on apporte un peu d’azote et de soufre, - cela aide à dégrader rapidement les résidus, - cela limite les risques de fusariose.

Un levier supplémentaire cité est l’application à l’automne de 0,1 litre d’Orius, ou à défaut des essais avec du gluconate de cuivre. Le propos est qu’un tel passage d’automne fait « le ménage » sur la fusariose pour toute la campagne, en réduisant l’inoculum très tôt.

Importance de la précocité du maïs précédent

Il est fortement conseillé de récolter les maïs plus tôt, donc d’utiliser des indices plus précoces.

Le message est qu’un maïs trop tardif : - retarde la récolte, - augmente les risques de tassement, - augmente les risques de pluie, - favorise les fusarioses, - augmente le risque de mycotoxines.

Dans l’échange, il est suggéré que les indices cultivés sont souvent trop tardifs et qu’il faudrait descendre en précocité.

Fertilisation du blé après maïs

Sur le blé, la pratique décrite est la suivante : - pas d’apport important à l’automne, sauf petit starter autorisé, - sortie d’hiver : environ 70 unités d’azote et 70 unités de soufre, - au total, autour de 140 unités d’azote.

La forme utilisée est de la solution 39, avec à nouveau l’intérêt d’avoir une partie rapide et une partie tardive.

Il est conseillé, au lieu de faire tout en urée, de partager entre : - ammo-soufre, - urée.

L’argument est que l’urée a besoin de temps et d’eau, donc il faut l’apporter tôt, autour du 15 février, car les pluies de printemps deviennent de plus en plus aléatoires.

L’objectif est d’avoir : - de l’azote disponible pour le stade épi 1 cm, - de l’azote plus tardif pour accompagner la culture ensuite.

Pour les agriculteurs disposant de matières organiques, il est également proposé de les mettre directement sur le semis de blé : - fumier, - lisier de porc, etc.

Désherbage et plantes compagnes dans le blé

Le désherbage d’automne n’est pas remis en cause frontalement : il est dit de continuer « comme d’habitude » pour le moment.

En revanche, des pistes de plantes compagnes sont ouvertes : - lotier, - trèfle blanc.

L’idée serait de semer en même temps que le blé une plante compagne capable d’occuper le sol. Le trèfle blanc est cité comme une option intéressante, surtout après maïs où la parcelle est souvent relativement propre.

Il est observé de manière générale que les systèmes avec mélanges de plantes sont souvent beaucoup plus propres que les systèmes en culture pure.

En bio : même logique, avec adaptation

Il est précisé que les mêmes raisonnements peuvent être appliqués en agriculture biologique, avec quelques différences : - la fumure organique doit être mise à l’automne, - l’Orius n’est pas utilisable, - il faut alors tester davantage les antioxydants et les solutions à base de cuivre comme le gluconate.

Le pulvérisateur est présenté comme l’outil majeur de l’agriculture biologique à venir : - pour les oligo-éléments, - pour les extraits de plantes, - pour les vitamines, - pour d’autres préparations.

Réussir un couvert d’été

Après céréales, il est rappelé que la réussite d’un couvert d’été se joue le jour même de la moisson.

L’argument est simple : les repousses de céréales lèvent presque toujours si on ne déchaume pas. Cela montre que le bon semis d’été est celui fait au moment de la récolte.

Le problème principal identifié avec certains semoirs à disques est qu’ils font tomber la paille dans le sillon, ce qui noie le semis.

La solution proposée est alors : - semer à la volée, - broyer ensuite, - puis rouler.

Le roulage au Cambridge est jugé très important, éventuellement en deux passages, pour : - plier les chaumes, - casser l’effet mèche, - limiter le dessèchement du sol.

Pour sécuriser le couvert, il est aussi conseillé d’apporter environ 30 unités d’azote soluble en starter. La solution la plus évidente avancée est l’ammonitrate.

Il est même suggéré, en cas de moisson imminente, de faire : - apport d’azote juste avant récolte, - semis à la volée, - broyage de la paille, - roulage.

Colza : implantation, phosphore et protection

Pour le colza, le point central est que la réussite se joue à la récolte précédente.

Si l’on veut un couvert ou un colza semé très tôt, il faut travailler dès la moisson : - semis à la volée la veille ou juste avant, - répartition impérative des menues pailles, - enlèvement rapide des andains si la paille est pressée, - roulage au Cambridge.

Il est aussi proposé, chez les éleveurs qui pressent la paille, d’implanter à la volée un mélange de crucifères fourragères, par exemple : - radis, - moutarde, - colza fourrager,

mélangé avec environ 100 kg d’ammonitrate soufré. Pour favoriser l’épandage, il est même indiqué qu’on peut utiliser un peu d’huile alimentaire pour faire coller les graines au fertilisant.

Sur la fertilisation du colza, un message est martelé : le colza doit prendre du phosphore à l’automne. Sans cela, il risque d’avoir des problèmes au printemps. Le phosphore organique est jugé particulièrement intéressant, car il se bloque moins en sols calcaires et transite via le cycle organo-biologique.

Un petit apport d’azote soluble à l’implantation est aussi considéré comme très utile, car il valorise l’humidité résiduelle après récolte.

Pour la protection, la même logique de lutte biologique est proposée : - macérations ou extraits fermentés, - vitamine C, - sucre, - passages précoces dès les premiers risques d’altises.

Le raisonnement est que les colzas en avance sont beaucoup moins attaqués que les colzas en retard.

Rotation proposée et logique d’ensemble

Au fil de la discussion, une rotation cohérente se dessine autour de : - maïs, - blé, - couverts riches en légumineuses, - colza associé, - éventuellement tournesol, - éventuellement soja, - prairies.

Le blé après maïs est vu comme un pivot important, car il permet ensuite de réinstaller un couvert avant maïs l’année suivante.

Il est aussi beaucoup insisté sur le fait que les cultures associées sont presque toujours plus propres que les cultures pures, avec une meilleure maîtrise biologique et un meilleur fonctionnement général.

Tournesol : une culture à associer

Le tournesol est présenté comme une culture difficile : - oiseaux, - limaces, - lièvres, - ravageurs en général.

Dans le système décrit, un couvert est semé juste après moisson, avec un mélange du type : - moutarde d’Abyssinie, - radis d’Abyssinie, - avoine, - niger, - vesce, - féverole selon les cas.

L’objectif est de produire un maximum de biomasse, avec des niveaux visés très élevés.

Le couvert est ensuite roulé ou broyé selon la stratégie, puis on sème le tournesol au printemps.

Une piste jugée très intéressante consiste à associer le tournesol avec de l’orge d’hiver semée en même temps. Cette orge, semée au printemps, ne monte pas vraiment et forme une sorte de petit tapis ou buisson protecteur sur la ligne. Cela aiderait à : - perturber les limaces, - sécuriser l’implantation, - garder quelque chose sur le rang.

Le lotier est aussi cité comme couvert permanent ou plante compagne.

L’idée générale est claire : le tournesol réussit beaucoup mieux lorsqu’il est associé que lorsqu’il est semé seul.

Sur la fertilisation, il est indiqué que le tournesol a un vrai besoin, souvent sous-estimé. En semis direct, avec stockage d’humus, il ne faut pas compter sur une minéralisation naturelle élevée comme après labour. La solution 39 est présentée comme une bonne option, appliquée avant semis dans le couvert vivant, à des doses bien plus élevées que ce qui se fait souvent habituellement.

Soja : starter, test de germination et propreté

Pour le soja, le message principal est qu’il faut lui donner du « punch » au départ : - avec 20 à 30 unités d’azote soufré au semis, - même si c’est une légumineuse, - car il a besoin d’un démarrage rapide avant que la symbiose soit pleinement en place.

Le point jugé impératif est le test de germination des semences. Il est expliqué que le taux de germination du soja varie fortement selon les variétés, parfois de 90 % à 50 %, et que cela est largement déterminé génétiquement. Il faut donc systématiquement : - tester le lot, - ajuster la densité de semis en conséquence, - faire cette vérification même avec de la semence achetée.

Il est aussi observé que le soja en système couvert peut rester très propre, avec peu de désherbage.

Une autre piste évoquée est l’association soja + orge, ou même l’utilisation d’un couvert de vulpin fertilisé comme un fourrage, roulé ensuite à floraison pour servir de paillage dans lequel le soja est semé.

Le raisonnement humique et azoté en semis direct

Un point théorique important est développé sur le lien entre bilan humique et besoin en azote.

Dans les rotations en semis direct évoquées, il est avancé qu’on peut stocker de l’ordre de 600 kg de carbone par hectare. Or, pour stocker ce carbone sous forme d’humus, il faut de l’azote.

La règle simplifiée proposée est : - pour 10 unités de carbone stockées, il faut environ 1 unité d’azote.

Cela signifie qu’une partie de l’azote disponible sert à fabriquer de l’humus. C’est pourquoi les systèmes en semis direct peuvent sembler « manger » de l’azote, surtout au début.

Les couverts, les résidus et les légumineuses peuvent compenser cela, mais il ne faut pas sous-estimer le besoin transitoire de fertilisation.

Prairie : relance de la flore et rôle du soufre

Sur prairie, il est indiqué qu’un apport de fumier à l’automne, de l’ordre de 25 tonnes, est cohérent.

Ensuite, une cinquantaine d’unités d’urée peuvent être mises tôt, mais il est rappelé qu’il faut respecter les températures suffisantes pour sa transformation. Si l’urée arrive trop tard, l’azote soluble restant dans la plante peut poser problème, notamment vis-à-vis du pâturage.

Une autre piste jugée très intéressante est l’utilisation de soufre élémentaire granulé à l’automne, à environ 40 à 50 kg/ha. Le soufre est présenté comme un levier fort pour faire revenir les légumineuses dans les prairies.

Il est aussi recommandé de donner un « coup de punch » avec : - oligo-éléments, - vitamine C, - éventuellement un support minéral pour donner du volume.

Un produit du commerce, Oligo Mag, est cité comme intéressant pour les prairies, avec des retours rapides sur la diversité floristique.

Acides aminés et fertilisation localisée

Enfin, il est question d’acides aminés appliqués dans le sillon, surtout sur : - maïs, - soja, - tournesol.

Le retour présenté est que ces produits ne semblent pas fonctionner correctement en pulvérisation foliaire, mais qu’ils donnent de meilleurs résultats lorsqu’ils sont localisés au plus près des racines au semis.

Les doses évoquées sont de l’ordre de 30 à 40 litres/ha de produit liquide, avec des formulations dosant autour de 30 % d’acides aminés.

L’idée est qu’il s’agit moins d’un starter classique que d’un produit de croissance, dont le fonctionnement n’est pas encore totalement compris, mais qui paraît intéressant lorsqu’il est incorporé au semis.

Observation des plantes et lecture du système

Pour conclure, il est expliqué qu’il n’existe pas encore de méthode parfaitement stabilisée pour piloter ces systèmes innovants en cours de végétation.

Des pistes sont citées comme : - l’observation visuelle de la plante, - le suivi du Brix au réfractomètre.

Mais l’intervenant insiste sur le fait qu’une plante en bonne santé se voit : - elle est verte foncée, - elle pousse bien, - elle est peu malade.

L’ensemble de l’exposé montre une logique agronomique globale : - couvrir les sols, - éviter l’oxygénation excessive, - protéger le sol du soleil, - travailler avec du vivant, - soutenir les plantes avec soufre, oligo-éléments, extraits fermentés et antioxydants, - raisonner la fertilisation en tenant compte du stockage d’humus.

Dans cette approche, les systèmes avec élevage et fertilisation organique apparaissent comme particulièrement bien placés pour réussir la transition vers des systèmes plus économes en phytosanitaires.