DIRECT -2 - Productivité, rentabilité et carbone - Konrad SCHREIBER
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DIRECT #2 - Productivité, rentabilité et carbone en élevage sur Sol Vivant avec K. SCHREIBER
Vous avez aimé le 1er Live de Ver de Terre Production avec François MULET en maraîchage ? Aujourd'hui, on s'attaque à l'élevage en Sol Vivant !
Lieu et date de l'évènement ? Le 4 décembre 2018 à 19h30 sur notre page Facebook et sur notre chaîne YouTube !
Productivité, rentabilité et carbone
Intervention de Konrad Schreiber sur les liens entre productivité, rentabilité et carbone dans les systèmes agricoles, avec un angle centré sur le fonctionnement agronomique des sols, la biomasse, la photosynthèse et les conséquences économiques des choix techniques.
Le carbone comme base du raisonnement agronomique
L’idée principale développée est que le carbone est au cœur de la production agricole. Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu climatique ou réglementaire, mais d’un élément central de la fertilité, du fonctionnement biologique des sols et de la productivité.
Le carbone provient d’abord de la photosynthèse. Les plantes captent le dioxyde de carbone de l’air et, grâce à l’énergie solaire, fabriquent de la biomasse. Cette biomasse alimente à la fois :
- la production récoltable ;
- les racines ;
- les résidus de culture ;
- la matière organique du sol ;
- l’activité biologique.
L’intervention insiste sur le fait que la question n’est pas simplement de « stocker du carbone » de manière abstraite, mais de comprendre comment produire plus de biomasse utile, mieux la valoriser, et maintenir un sol vivant capable de recycler et stabiliser une partie de ce carbone.
La productivité dépend d’abord de la capture de l’énergie
La productivité agricole est présentée comme directement liée à la capacité d’un système à capter l’énergie solaire sur la durée. Un sol nu ou peu couvert perd des opportunités de production. À l’inverse, une couverture végétale longue et continue permet de maximiser la photosynthèse.
Cette logique conduit à plusieurs principes :
- garder des plantes en place le plus longtemps possible ;
- éviter les périodes sans végétation ;
- multiplier les racines vivantes ;
- favoriser la production de biomasse aérienne et racinaire ;
- raisonner les rotations pour allonger la durée de couverture.
L’idée défendue est qu’un hectare productif est d’abord un hectare qui intercepte de la lumière et transforme du carbone atmosphérique en matière organique et en rendement.
Le sol comme outil de transformation
Le sol n’est pas décrit comme un simple support physique, mais comme un milieu vivant où s’opèrent des transformations permanentes. Les racines y injectent du carbone sous forme d’exsudats, les résidus y sont décomposés, et la faune ainsi que les micro-organismes contribuent à la structuration et à la fertilité.
Dans cette vision, la qualité du sol dépend fortement de :
- l’alimentation régulière en carbone ;
- la diversité des apports végétaux ;
- la continuité de la vie biologique ;
- la limitation des perturbations mécaniques.
Le travail du sol intensif est présenté comme un facteur de déstockage du carbone et de perturbation du fonctionnement biologique. À l’inverse, des pratiques réduisant le dérangement du sol permettent de conserver davantage de matière organique et de maintenir une meilleure activité biologique.
Biomasse, racines et matière organique
L’intervention souligne qu’il faut distinguer plusieurs destins du carbone capté par les plantes. Une partie est exportée par la récolte, une autre retourne au sol. La contribution au sol ne se limite pas aux pailles ou aux résidus visibles : les racines et les composés libérés dans la rhizosphère jouent un rôle majeur.
Cette approche met en avant plusieurs points :
- les racines sont essentielles dans la construction de la fertilité ;
- le carbone le plus efficace pour nourrir la biologie du sol est souvent celui qui passe par une plante vivante ;
- les couverts végétaux ont une valeur agronomique au-delà de leur simple présence réglementaire ;
- la diversité végétale améliore la diversité des flux de carbone dans le sol.
L’idée est que plus un système produit de biomasse diversifiée, plus il augmente ses chances d’alimenter durablement la matière organique et le fonctionnement du sol.
Le lien entre carbone et rentabilité
Konrad Schreiber relie la question du carbone à la rentabilité de manière très directe. Un système plus performant dans la capture du carbone et la production de biomasse peut être :
- plus productif ;
- plus autonome ;
- plus économe en intrants ;
- plus résilient face aux aléas.
La rentabilité ne se résume donc pas au rendement brut. Elle dépend aussi des charges engagées, de la stabilité des résultats et de la capacité du système à s’auto-entretenir partiellement grâce à son fonctionnement biologique.
Dans cette logique, investir dans la couverture des sols, la diversification des cultures et la réduction du travail du sol peut améliorer la marge, non seulement par l’effet sur les rendements, mais aussi par :
- une meilleure efficience des nutriments ;
- une meilleure infiltration et conservation de l’eau ;
- une baisse de certains coûts de mécanisation ;
- une limitation de la dégradation du sol.
Produire plus avec moins de perturbations
Un des messages importants de l’intervention est qu’il ne faut pas confondre intensification et multiplication des interventions mécaniques ou chimiques. Une agriculture performante peut reposer sur des processus biologiques plus que sur des corrections répétées.
Cela suppose de raisonner différemment :
- produire de la fertilité par les plantes ;
- utiliser les couverts comme outils agronomiques ;
- faire travailler les racines ;
- restaurer la structure par l’activité biologique ;
- laisser le sol couvert et actif.
L’objectif n’est pas de ne rien faire, mais de faire autrement, en s’appuyant davantage sur les mécanismes écologiques et sur le rôle central du carbone dans ces mécanismes.
Le rôle des couverts végétaux
Les couverts végétaux occupent une place importante dans le raisonnement présenté. Ils ne sont pas considérés comme un simple complément entre deux cultures, mais comme un moyen central de capter du carbone, de protéger le sol et de nourrir la vie biologique.
Leur intérêt est multiple :
- prolonger la photosynthèse hors de la culture principale ;
- maintenir des racines vivantes ;
- limiter les pertes par lessivage ;
- améliorer la structure du sol ;
- apporter de la biomasse ;
- diversifier les flux de carbone.
L’intervention met en avant le fait que les couverts doivent être pensés en fonction de leurs fonctions agronomiques, et non seulement de leur facilité d’implantation ou d’obligation administrative.
Diversité végétale et robustesse du système
La diversité est présentée comme une condition de robustesse. Des espèces différentes captent l’énergie à différents moments, explorent des horizons variés, produisent des types de biomasse complémentaires et entretiennent une biologie plus riche.
Cette diversité peut concerner :
- les rotations ;
- les associations ;
- les mélanges de couverts ;
- les successions culturales.
L’enjeu est de sortir d’un système trop simplifié, plus fragile et moins efficace dans la mobilisation du carbone, de l’eau et des nutriments.
Le carbone ne se raisonne pas seulement en stock
L’intervention rappelle implicitement que le carbone doit être abordé en dynamique. Il y a des entrées, des sorties, des transformations rapides et des stabilisations plus longues. Chercher uniquement un stock mesuré à un instant donné peut être réducteur.
Le raisonnement mis en avant porte davantage sur :
- le flux de carbone capté chaque année ;
- la capacité à en faire circuler une grande quantité par les plantes ;
- la part restituée au sol ;
- la stabilité du système dans le temps.
Autrement dit, un système agricole performant est un système qui fait passer beaucoup de carbone par la photosynthèse et qui en valorise efficacement une partie pour la fertilité et la production.
Une approche systémique de la fertilité
La fertilité n’est pas réduite à un apport d’engrais. Elle est envisagée comme le résultat d’interactions entre :
- le climat ;
- le rayonnement ;
- les plantes ;
- le sol ;
- l’eau ;
- les organismes vivants ;
- les pratiques agricoles.
Dans ce cadre, le carbone sert de fil conducteur entre ces dimensions. Il relie l’énergie solaire à la biomasse, la biomasse au sol, le sol à la nutrition des plantes, et finalement la production à la rentabilité.
Conclusion
L’intervention de Konrad Schreiber défend l’idée que la performance agricole repose sur un principe simple : capter un maximum d’énergie solaire grâce à des plantes vivantes, transformer cette énergie en biomasse, et faire du sol un partenaire biologique capable de valoriser durablement le carbone.
Le triptyque « productivité, rentabilité et carbone » est ainsi présenté comme indissociable :
- la productivité dépend de la photosynthèse et de la biomasse produite ;
- la rentabilité dépend de l’efficience globale du système ;
- le carbone est le lien fonctionnel entre production, fertilité des sols et résilience agronomique.
Cette approche conduit à privilégier les sols couverts, les racines vivantes, la diversité végétale et la réduction des perturbations, afin de construire des systèmes à la fois plus performants économiquement et plus cohérents sur le plan agronomique.